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OpenAI a récemment introduit une nouvelle fonctionnalité appelée Chronicle dans son outil de développement Codex, mais uniquement pour les utilisateurs Pro sur macOS. Cette innovation permet à Codex de capturer régulièrement le contenu de l'écran des utilisateurs afin d'enrichir sa mémoire. Les données ainsi collectées sont ensuite transformées en résumés textuels et stockées localement sous forme de fichiers Markdown. Selon la documentation fournie par OpenAI, les captures d'écran brutes sont supprimées après un délai de six heures.
Transformation des captures en mémoire textuelle
Le fonctionnement de Chronicle rappelle celui de Microsoft Recall, qui prend des captures d'écran toutes les cinq secondes. Cependant, Chronicle se distingue en ne conservant pas les images elles-mêmes, mais en extrayant des résumés textuels qui alimentent le contexte de Codex. Grâce à cette approche, l'outil est capable de suivre les projets ouverts, les outils utilisés et les tâches en cours sans nécessiter de descriptions explicites de la part de l'utilisateur.
Pour activer Chronicle, l'utilisateur doit d'abord activer les mémoires dans les paramètres de Codex, puis sélectionner Chronicle et donner son consentement. macOS demandera ensuite les autorisations nécessaires pour l'enregistrement d'écran et l'accessibilité. L'utilisateur peut mettre en pause ou désactiver Chronicle à tout moment via la barre de menus.
Au-delà du développement logiciel
OpenAI envisage Codex comme une application polyvalente, capable de soutenir divers métiers et pas seulement les développeurs. Chronicle s'inscrit dans cette vision en permettant à Codex de comprendre le flux de travail d'un utilisateur en observant son écran, et pas seulement en analysant ce qui est saisi dans un terminal.
Risques de sécurité et transparence
OpenAI a choisi de ne pas cacher les faiblesses potentielles de Chronicle. La documentation officielle met en avant trois risques principaux :
- Les fichiers de mémoire sont stockés en clair sur le disque dur, sans chiffrement.
- D'autres applications présentes sur l'ordinateur peuvent accéder à ces fichiers.
- Le système est susceptible aux attaques par injection de prompt, où un site web malveillant pourrait insérer des instructions dans les captures d'écran, que Codex interpréterait comme des données légitimes.
Cette transparence contraste avec l'approche de Microsoft lors du lancement de Recall, qui avait suscité des préoccupations majeures en matière de vie privée. Microsoft avait dû retarder le lancement d'un an et chiffrer sa base de données après un tollé. OpenAI espère que sa franchise dès le départ évitera un rejet similaire. Greg Brockman, cofondateur d'OpenAI, a décrit Chronicle comme "étonnamment magique à utiliser", bien que les experts en sécurité n'aient pas encore eu l'occasion de l'examiner en détail.
Limites géographiques
Chronicle n'est pas disponible pour les utilisateurs en Union européenne, au Royaume-Uni ou en Suisse. OpenAI n'a pas précisé si cette restriction est due à des raisons réglementaires ou techniques, mais la législation européenne, notamment l'AI Act et le RGPD, suggère fortement une contrainte réglementaire.
Un autre défi pratique se pose : Chronicle consomme rapidement les quotas d'API, ce qui pourrait dissuader les abonnés Pro avant même que les préoccupations de confidentialité ne deviennent un obstacle majeur.