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RAISE Summit 2026 : Paris s'impose comme épicentre de l'IA mondiale
Le RAISE Summit 2026, qui s'est tenu au Carrousel du Louvre les 8 et 9 juillet, a attiré 9 000 participants venus du monde entier. L'événement a mis en lumière un message central : l'intelligence artificielle (IA) est désormais une réalité fonctionnelle, mais le véritable défi réside dans la transformation humaine qu'elle implique. Avec un tel rassemblement de dirigeants, Paris s'affirme comme la capitale européenne de l'IA, un lieu où la technologie et l'humain doivent coévoluer pour tirer le meilleur parti des avancées technologiques.
Un événement en pleine ascension
Le RAISE Summit connaît une croissance impressionnante depuis sa première édition en 2024, où il avait réuni 2 000 participants. Cette année, ce chiffre a quadruplé, atteignant 9 000, et l'événement est déjà prévu pour se déplacer au Palais des Congrès en 2027 pour accueillir encore plus de participants. Eric Schmidt, ancien PDG de Google, a décrit le RAISE comme la conférence sur l'IA à la croissance la plus rapide en Europe, voire dans l'histoire. Les 8 et 9 juillet, le Carrousel du Louvre a été le théâtre de rencontres entre 350 intervenants, 168 entreprises du Fortune 500, et des fonds d'investissement prestigieux tels que Sequoia, Founders Fund et Accel. Les fondateurs du RAISE, Hadrien de Cournon et Henri Delahaye, ont même eu l'honneur de sonner la cloche de clôture du NYSE le 30 avril dernier, soulignant l'importance internationale de l'événement.
Macron, Cuban, LeCun : le plateau de l'ambition
L'ouverture du sommet a été marquée par une allocution vidéo du président Emmanuel Macron, qui a réitéré l'engagement de la France à devenir un hub européen de l'IA. Il a mis en avant les champions nationaux comme Mistral AI, les 23 sites d'infrastructure validés, et a insisté sur l'importance de la souveraineté numérique face aux géants américains et chinois. Mark Cuban, investisseur emblématique, a ensuite pris la parole aux côtés d'Anton Osika, co-fondateur de Lovable. Cuban a souligné que le principal obstacle à l'innovation est le temps et l'imagination, tout en notant une augmentation significative du nombre de startups et une France de plus en plus entrepreneuriale. Parmi les autres intervenants de renom figuraient Yann LeCun (AMI Labs, ex-Meta), Mati Staniszewski (ElevenLabs), Amin Vahdat (Google), Marco Argenti (Goldman Sachs), Arthur Mensch (Mistral AI), et Clara Chappaz, Ministre déléguée à l'IA.
Sponsors et exposants : une présence résolument internationale, dominée par les Américains
Le RAISE Summit a également mis en avant une forte présence internationale, avec une prédominance des acteurs américains dans le domaine de l'infrastructure IA. Les sponsors incluaient des géants comme NVIDIA, Oracle, Broadcom, Google Cloud, Vultr et Crusoe (spécialisés dans le cloud GPU haute performance), ainsi que Backblaze, qui a récemment signé un contrat de 335 millions de dollars sur cinq ans avec CoreWeave. Cursor, un éditeur de code IA-natif, était également présent. Du côté des médias et de la finance, NYSE Wired, Bloomberg, CNBC, et Nasdaq étaient des partenaires officiels, tandis que les fonds Sequoia, Founders Fund, et Accel complétaient ce tableau dominé par les Anglo-Saxons. Une nouvelle génération d'acteurs, souvent qualifiés de néoclouds, émerge, offrant des solutions complètes allant au-delà de la simple mise à disposition de GPU, avec des services d'orchestration de données et des préoccupations de souveraineté.
Deux exposants ont particulièrement attiré l'attention :
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Alibaba Cloud a surpris par sa présence, mettant en avant ses modèles Qwen 3.7 et déployant en direct toute sa stack Agentic Cloud, des modèles de fondation aux outils d'orchestration d'agents. Cela souligne les ambitions mondiales d'Alibaba dans la course aux LLMs et offre un contrepoint à la domination américaine.
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ElevenLabs, une pépite européenne de la voice AI valorisée à plusieurs milliards, a impressionné avec des démonstrations en direct de ses agents vocaux, capables de conversations multilingues en temps réel d'un réalisme saisissant. Le stand d'ElevenLabs était l'un des plus fréquentés, permettant des sessions 1:1 avec les équipes techniques. Mati Staniszewski, co-fondateur, a également pris la parole lors d'une keynote, incarnant cette nouvelle vague d'IA qui s'étend au-delà du texte pour conquérir la voix et les interfaces multimodales.
Souveraineté des données : le vrai débat de fond
Au-delà de l'effervescence des stands, un débat crucial a traversé toutes les sessions : comment gérer ses données à l'ère des grands modèles ? Les entreprises cherchent à éviter le model lock-in, se tournant vers l'open-source et envisageant des déploiements on-premise pour protéger leurs données propriétaires. Barak Kaufman, CSO de Wonderful, a résumé l'état d'esprit des grandes entreprises face à l'IA générative : "Dans les discussions à huis clos avec les CxO des grandes entreprises, il est clair qu'elles cherchent à concevoir des architectures indépendantes des modèles." Cette approche vise à éviter le verrouillage technologique et à maintenir la maîtrise des coûts et des données. Le tokenmaxxing — l'envoi de toutes les données à un seul grand modèle généraliste — est désormais perçu comme naïf et risqué. Les stratégies les plus avancées misent sur des architectures model-agnostic, capables d'orchestrer plusieurs modèles spécialisés.
Le CxO Summit : des retours d'expérience sans filtre entre pairs
En marge du grand public, le RAISE a accueilli un CxO Summit — un format privé sur invitation réservé aux dirigeants. Avec 822 CEOs, 1 345 CxOs de tous secteurs, et 168 entreprises du Fortune 500, l'événement a permis des échanges stratégiques sans langue de bois. Les participants incluaient des figures de proue comme le CIO de Mercedes-Benz, le CDIO de Michelin, le Chief AI Officer de Schneider Electric, le CTO de BNP Paribas, et la Global Head of Data & AI de Sanofi. Le knowledge partner de l'édition était QuantumBlack, AI by McKinsey, garantissant des débats de haut niveau sur des thèmes tels que la création de valeur, le passage à l'échelle des données, l'IA agentique, et la régulation mondiale.
Cinq enseignements pour les entreprises françaises
Les tables rondes auxquelles j'ai assisté ont fait émerger des convictions fortes, portées par Michelin, Sanofi, Schneider Electric, et Kantar. Ces grandes entreprises ont partagé des retours d'expérience concrets, parfois contre-intuitifs, toujours utiles.
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L'IA agentique fonctionne, mais l'efficacité n'est pas encore au rendez-vous. Les agents IA sont opérationnels, mais leur précision et fiabilité dans des contextes complexes restent à améliorer. La vraie erreur serait de rester dans une logique de POC perpétuels. L'impact nécessite une approche industrielle, des fondations solides — données, gouvernance, architecture — et surtout un plan à long terme.
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Le modèle des trois cercles redéfinit le Make or Buy. Michelin propose un cadre en trois cercles concentriques pour le dilemme "construire ou acheter" :
- Cercle 1 — Core Data & Secret Sauce : les données sensibles et différenciantes. Règle : Build, ou Buy dans un cadre sécurisé.
- Cercle 2 — Efficacité opérationnelle : approche mixte possible.
- Cercle 3 — Fonctions support : solutions clés en main sans risque stratégique.
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Recruter des talents IA ou upskiller ses équipes ? Les deux — mais pas n'importe comment. L'approche mixte s'impose, mais elle exige une vraie stratégie. Recruter des profils IA pointus est nécessaire, mais l'upskilling des collaborateurs existants est tout aussi stratégique. La vraie valeur émerge là où l'expertise IA rencontre la connaissance du business. Sanofi a ajouté qu'il est essentiel de calibrer les capacités selon les usages et les profils.


