Brief IA : Singularité : un cofondateur d’Anthropic avance des preuves

Singularité : un cofondateur d’Anthropic avance des preuves

Brief IA
Tom Levy·5 min

Lors d'une intervention au FMI à Bangkok, un cofondateur d'Anthropic a affirmé que la singularité a déjà commencé, soutenue par des progrès significatifs dans les tests d'évaluation scientifique. Par exemple, Claude Opus 5.5 a atteint un score de 67,7% sur Humanity’s Last Exam, lancé en janvier 2025, alors qu'il était à 8% au lancement. Il a également souligné l'importance de partager les bénéfices de l'IA et de se préparer à des transformations rapides.

En bref
1Des bonds de scores aux tests Humanity’s Last Exam et FrontierMath illustrent les progrès rapides de l’IA
2Des systèmes d’IA résolvent des problèmes en mathématiques, biologie et robotique
3La productivité logicielle et les enjeux de cybersécurité évoluent fortement
4Un cofondateur d’Anthropic appelle à partager les bénéfices et à anticiper des changements majeurs
Pourquoi c'est important : La thèse d’une singularité déjà entamée s’appuie sur des résultats chiffrés et vise à alerter les décideurs sur l’ampleur des transformations à venir.

Lors d’une intervention au FMI à Bangkok, un cofondateur d’Anthropic affirme que la singularité a déjà débuté. Il s’appuie sur des bonds de performances à des évaluations scientifiques, des cas concrets en mathématiques, biologie et robotique, et appelle à organiser le partage des bénéfices de l’IA tout en se préparant à des changements rapides.

Des bonds de scores aux évaluations scientifiques et TheoPhysEval

Des systèmes d’IA ont été testés sur des problèmes inédits de physique théorique. Les 50 questions ont été élaborées par des physiciens répartis dans le monde et les systèmes d’IA y ont obtenu des scores élevés. Le physicien indien Suvrat Raju estime qu’aucun individu ne peut, sans l’aide de l’IA, résoudre une fraction significative de cette série de problèmes. Au-delà de ce cas, plusieurs évaluations quantitatives enregistrent des hausses rapides. Humanity’s Last Exam, lancé en janvier 2025 pour mesurer des compétences sur des défis variés allant de la chimie avancée à l’écologie, voyait ses meilleurs systèmes à 8% au lancement. Cette semaine, Claude Opus 5.5 atteint 67,7%. FrontierMath, déployé en novembre 2024 pour des centaines de problèmes choisis et notés par des mathématiciens professionnels, affichait 2% pour les meilleurs au départ, contre 94% aujourd’hui. De tels sauts, soudains et abrupts, sont décrits sur de nombreux tests dans différents domaines scientifiques.

Des exemples concrets en mathématiques, biologie et robotique

Des systèmes d’IA ont été mobilisés pour proposer des solutions à des problèmes mathématiques de longue date tels que le Prix Millénium de Navier-Stokes, la Conjecture de Jacobian et des problèmes ouverts d’Erdős. Dans plusieurs cas, les idées décisives ont été fournies par l’IA. En biologie, l’IA a servi à concevoir des virus depuis une page blanche et à sélectionner de nouveaux candidats médicaments, avec des molécules largement conçues par l’IA déjà en essais. En robotique, des systèmes opèrent de manière autonome des équipements de laboratoire à distance, renforçant l’automatisation d’expériences en biologie et en science des matériaux et accélérant des secteurs comme les batteries et les piles à hydrogène. Des modèles de frontière comme Claude, ChatGPT ou Gemini sont présentés comme capables d’œuvrer à la limite de plusieurs disciplines.

Productivité logicielle et effets ambivalents en cybersécurité

Des systèmes d’IA existent aujourd’hui pour augmenter et automatiser des pans du travail humain. Dans le développement logiciel, ils sont décrits comme plus capables et efficaces que la grande majorité des ingénieurs, au point qu’une seule personne peut désormais bâtir des applications qu’il fallait autrefois à des équipes. Chez Anthropic, la production de code par les chercheurs est presque dix fois supérieure à celle observée lors des quatre premières années de l’entreprise. Ces avancées ont aussi accru les performances en cybersécurité et en cyberattaques : des acteurs s’empressent d’employer ces capacités pour fortifier les défenses, tandis que des groupes malveillants tentent de les détourner pour pirater, avec des effets à la fois positifs et négatifs.

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Innovation et économie mondiale : une inflexion annoncée

Sur un demi-siècle, la plupart des pays ont vu la productivité de la recherche s’éroder malgré la hausse du nombre de chercheurs. L’orateur estime que les capacités de l’IA s’étendent déjà à la science et à la robotique et qu’elles vont se diffuser davantage. Il en déduit des changements possibles dans des paramètres macroéconomiques comme le rythme de l’innovation et la fréquence d’émergence de technologies à usage général. En 2026, des premiers indices ont été relevés sur la capacité des systèmes d’IA à produire des résultats à la frontière scientifique.

Au FMI, un appel à se préparer et à partager les bénéfices

Face à un public d’économistes, de banquiers et de décideurs, l’intervenant soutient que la singularité a débuté et demande d’anticiper des changements plus amples que prévu. Son message met l’accent sur les bénéfices potentiels d’un progrès rapide de l’IA et sur la nécessité de les répartir avec prévoyance et retenue. Il avance que l’invention scientifique guidée par l’IA peut infléchir l’économie mondiale, transformer la planification et la construction d’infrastructures et améliorer la santé et le temps personnel. Cet appel a été formulé lors de la conférence Per Jacobsson organisée à Bangkok, un samedi 17 octobre, dans le cadre d’une réunion du FMI.

La thèse de la singularité et le parcours de l’orateur

La singularité est présentée comme une phase où les progrès accélèrent au-delà des capacités de suivi humain. L’intervenant affirme qu’elle a commencé cette année et cite la prédiction de 1993 de Vernor Vinge sur l’accélération du progrès sous l’effet d’intelligences supérieures. Il entrevoit richesse et dangers et annonce qu’il détaillera ultérieurement les risques. Il rappelle qu’une partie de son intervention était improvisée, se décrit comme narrateur, acteur des événements et traducteur entre communautés, et insiste sur sa responsabilité et sa volonté d’être honnête sur sa propre part. Il souligne l’appui de sa newsletter et remercie ses lecteurs. Il dit être un humain unique, ayant mis près de 40 ans à acquérir l’expérience de cet exposé, et retrace son parcours : journaliste sur les centres de données, passage chez OpenAI en 2016, puis cofondation d’Anthropic. Il soutient que le moment anticipé est advenu : l’IA affecte déjà la sécurité nationale, la trajectoire économique et contribue à son propre développement.

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