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Le groupe français met sur le marché HexaForce, un système de commandement assisté par IA, déjà évalué lors d’un exercice de l’OTAN. L’architecture se veut ouverte et souveraine, avec des garde-fous de sécurité et d’interopérabilité, et l’ambition annoncée d’accélérer fortement la cadence de traitement des objectifs.
Interopérabilité et sécurité alignées sur les standards OTAN
HexaForce s’appuie sur une architecture ouverte construite à partir de composants technologiques open-source, ce qui permet à chaque État d’y relier ses propres outils ou ceux de partenaires extérieurs. Chaque nation garde le contrôle sur les informations qu’elle transmet et reçoit, sans être contrainte de les partager entièrement avec ses alliés. Le système respecte les référentiels Data Centric Security et Federated Mission Network, pour garantir la protection des données et l’interopérabilité entre systèmes lors d’opérations en coalition, notamment au sein de l’OTAN. Pour la sécurité, HexaForce applique le principe Zero Trust, qui considère qu’aucun utilisateur ou appareil n’est fiable par défaut, et met en œuvre un contrôle d’accès basé sur les attributs, vérifiant identité, habilitation et contexte à chaque demande. Thales s’appuie ici sur plus de vingt ans d’expérience opérationnelle auprès des forces françaises et de l’OTAN.
Mise à disposition immédiate et test lors de CWIX 2026
HexaForce est disponible dès maintenant, après une présentation officielle le jeudi 17 septembre. Le système a déjà été testé lors de l’exercice OTAN CWIX 2026, aux côtés d’unités militaires, ce qui confirme qu’il ne s’agit pas d’un simple concept. Ces essais s’inscrivent dans une démarche de mise à disposition opérationnelle.
Accélération visée du traitement des objectifs et de la boucle OODA
L’objectif affiché est de faire passer le nombre d’objectifs militaires identifiés et traités de 100 à 1 000 par jour, et d’accélérer la boucle OODA (observer, orienter, décider, agir). HexaForce doit transformer de grands volumes d’informations en décisions, grâce à un fonctionnement en réseau où les données sont réparties entre plusieurs points. Lorsque certaines parties du réseau subissent une dégradation des communications, le reste du système maintient son activité. La conception du système cible des conflits d’ampleur majeure, avec la capacité de gérer plus de 100 000 combattants, et s’étend aux domaines terrestre, aérien, maritime, cyber, électromagnétique, spatial ainsi qu’à la bataille de l’information.
Cœur IA : cortAIx, LLMs et agents, adossés à Artemis.IA
L’intelligence centrale d’HexaForce est fondée sur cortAIx, l’accélérateur d’intelligence artificielle de Thales qui rassemble près de 800 ingénieurs et data scientists. Le système intègre des modèles de langage capables d’examiner et de résumer des textes, ainsi que des modules d’IA agentique, en mesure d’opérer presque de manière autonome pour organiser et croiser des informations provenant de sources militaires et civiles. La progression d’HexaForce s’effectue en s’appuyant sur Artemis.IA, une plateforme de traitement de données installée depuis 2023 au sein du ministère français des Armées, qui constitue une base d’expérience.
Souveraineté des données et outils de conduite des opérations
Thales présente HexaForce comme une solution souveraine, permettant à chaque pays de garder le contrôle total de ses données, avec la possibilité de partager ces informations de façon sécurisée avec ses alliés si nécessaire. Les forces armées ont été impliquées à chaque phase de la conception, avec une prise en compte continue de leurs retours pour s’adapter aux exigences du terrain. Le système propose des outils pour organiser l’ordre de bataille, analyser le terrain, élaborer des ordres de façon collaborative entre plusieurs sites et choisir la meilleure option d’engagement. HexaForce a pour objectif d’assurer l’interopérabilité de tous les équipements d’une coalition, depuis le quartier général jusqu’à la tablette d’un soldat, sans perte d’information entre les différents niveaux. Selon Christophe Salomon, directeur général adjoint chez Thales, les armées expriment des besoins variés : autonomie dans la gestion des données, meilleure communication avec les alliés, ou commandement accéléré grâce à l’IA. HexaForce entend répondre à ces trois attentes. Le système, conçu pour l’OTAN et ses alliés, a pour ambition d’accélérer la prise de décision sur le champ de bataille.




