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Tom Brown : un acteur clé dans les négociations d'Anthropic
Tom Brown, l'un des cofondateurs d'Anthropic, a récemment joué un rôle déterminant dans les discussions avec le gouvernement américain concernant les modèles d'intelligence artificielle Fable 5 et Mythos 5. Bien que son nom ne soit pas aussi connu que celui de certains de ses collègues, Brown a été crucial pour convaincre le département du Commerce de lever les restrictions à l'exportation qui pesaient sur ces technologies. Cet événement a mis en lumière l'importance de son rôle non seulement dans le développement technologique de l'entreprise, mais aussi dans sa diplomatie d'entreprise.
Lorsque les tensions entre Anthropic et la Maison Blanche ont atteint un point critique, ce n'est pas le PDG Dario Amodei qui a pris les rênes des négociations, mais bien Tom Brown. En tant que directeur des opérations informatiques, Brown a su convaincre les autorités américaines de la levée des restrictions, démontrant ainsi son aptitude à naviguer dans des eaux politiques complexes. Cet épisode a révélé la polyvalence de Brown, qui, en plus de gérer la puissance de calcul de l'entreprise, s'est imposé comme un diplomate influent.
Michael Waxman, qui a cofondé une startup avec Brown, a exprimé sa confiance en lui, affirmant que sa présence dans les décisions critiques concernant l'IA est rassurante. Sarah Heck, responsable des politiques publiques chez Anthropic, a également collaboré avec Brown lors des discussions à Washington. Une lettre adressée à Brown par Lutnik, concernant les contrôles à l'exportation, souligne encore son rôle central dans ces négociations.
Un parcours entrepreneurial avant l'IA
Avant de se consacrer à l'intelligence artificielle, Tom Brown a fait ses armes dans l'univers des startups de la Silicon Valley. Diplômé du MIT, il a d'abord travaillé pour Lingt, une startup spécialisée dans l'enseignement des langues, avant de rejoindre MoPub, une entreprise de publicité mobile. En 2012, il a cofondé Grouper, une plateforme de rencontres en groupe, avec Michael Waxman, dans le cadre du programme d'accélération Y Combinator.
Selon Waxman, Brown possédait déjà à l'époque toutes les qualités d'un leader : intégrité, honnêteté et capacité à unir différentes disciplines au sein de l'entreprise. Après avoir quitté Grouper, qui peinait à rivaliser avec des géants comme Tinder, Brown a décidé de se réorienter vers l'IA. Il a alors entrepris un intense programme d'auto-apprentissage, suivant des cours sur Coursera, participant à des projets sur Kaggle et étudiant des ouvrages de référence en mathématiques.
En 2015, Brown a invité Waxman à rejoindre un groupe d'étude sur l'apprentissage automatique, une invitation que Waxman a déclinée, ignorant à l'époque l'impact que Brown aurait sur le domaine de l'IA.
De Grouper à OpenAI grâce à Greg Brockman
Malgré l'échec de Grouper face à des applications de rencontres plus populaires, l'entreprise a attiré l'attention de Greg Brockman, ancien CTO de Stripe. Brockman, impressionné par Brown, a souvent organisé des réunions pour Grouper, ce qui a permis aux deux hommes de se rapprocher.
En 2015, lorsque Brockman a cofondé OpenAI, Brown a immédiatement manifesté son intérêt à rejoindre l'équipe. Il a contacté Brockman, exprimant sa volonté de contribuer, même modestement, à cette nouvelle aventure. Brockman a finalement offert à Brown un poste sur un projet lié au jeu StarCraft, bien que Brown n'ait pas immédiatement travaillé sur l'apprentissage automatique.
Lors d'une discussion avec les cofondateurs d'Anthropic, Brown a expliqué que l'idée de contribuer à la sécurité de l'IA l'avait attiré chez OpenAI, un domaine qu'il considérait auparavant comme réservé aux chercheurs.
Contributions majeures à l'ère de l'IA
Bien que Tom Brown n'ait pas initialement été un chercheur, il est aujourd'hui reconnu pour ses contributions significatives à l'intelligence artificielle. Sa page Google Scholar recense plus de 140 000 citations, témoignant de son impact dans le domaine. En 2017, il a coécrit un article fondamental avec OpenAI et DeepMind sur l'apprentissage par renforcement à partir de retours humains, une technique centrale dans l'entraînement moderne des IA.
Après un passage chez Google, Brown est retourné chez OpenAI en 2018, où il a joué un rôle clé dans le développement de modèles de langage avancés. En 2020, il a participé à la publication de "Scaling Laws for Neural Language Models", qui a établi des principes de développement pour des modèles de plus en plus grands. Plus tard la même année, il a contribué à "Language Models are Few-Shot Learners", introduisant le modèle GPT-3, une avancée majeure dans l'industrie.
Brown a souligné que les équipes de mise à l'échelle et de sécurité d'OpenAI, dirigées par Daniela et Dario Amodei, ont pris très au sérieux l'idée de "loi d'échelle". Ces réflexions ont conduit à la création d'Anthropic en 2021, avec l'ambition de s'assurer que les IA transformatrices soient développées de manière responsable.
Un leader dans la quête de puissance de calcul
Contrairement à d'autres dirigeants d'IA qui se concentrent sur la recherche ou le développement de produits, Tom Brown doit négocier avec les plus grands acteurs du secteur pour garantir la puissance de calcul nécessaire à Anthropic. Sous sa direction, l'équipe de calcul d'Anthropic a conclu des accords stratégiques avec des géants comme Amazon, Nvidia et Google, diversifiant ainsi les sources de puissance de calcul.
Au printemps, face à une demande croissante pour le produit Claude Code, Brown a orchestré un accord de plusieurs milliards de dollars avec SpaceX pour utiliser leur centre de données Colossus. Il a également représenté Anthropic lors de la conférence re: Invent d'Amazon Web Services et a été cité par Google Cloud pour promouvoir une collaboration en matière d'infrastructure d'IA.
Lors d'une discussion avec ses cofondateurs, Brown a évoqué les défis de convaincre certains partenaires de la rapidité avec laquelle l'IA pourrait transformer le monde. Il a admis avoir lui-même changé d'avis au fil du temps, passant d'un scepticisme initial à une conviction croissante.
Un engagement philanthropique
Comme ses collègues cofondateurs d'Anthropic, Tom Brown s'est engagé à donner la majorité de sa fortune. Bloomberg estime sa valeur nette à près de 8 milliards de dollars, grâce à sa participation dans Anthropic, valorisée à 965 milliards de dollars. Brown a promis de donner 80 % de sa richesse, un engagement partagé par plusieurs de ses cofondateurs.
La levée des restrictions par la Maison Blanche intervient à un moment crucial pour Anthropic, qui envisage une introduction en bourse. Cette opération pourrait offrir une liquidité bienvenue aux employés et renforcer les capacités d'expansion de l'entreprise.
Le fait que Brown ait pu remplacer Amodei lors des négociations avec le gouvernement américain témoigne de la profondeur du leadership au sein d'Anthropic. Bien que Brown ait pu adopter une approche différente de celle de son PDG, il a su défendre efficacement les intérêts de l'entreprise. Interrogé par Business Insider sur ses conseils de carrière, Brown a recommandé de s'entourer de personnes inspirantes, soulignant l'importance de l'influence positive dans le développement personnel et professionnel.


