Ro Khanna veut un traité IA USA–Chine et presse des groupes

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Ro Khanna multiplie les initiatives pour encadrer les systèmes d’IA les plus avancés. Il sollicite l’ODNI, interpelle DeepSeek, Alibaba et Moonshot AI, et plaide pour un traité États-Unis–Chine interdisant la RSI. Les positions de Donald Trump, de Mike Johnson et de certains républicains laissent toutefois entrevoir un chemin politique étroit.
Trump, Johnson et des républicains freinent l’idée d’un accord
Donald Trump et ses alliés se sont montrés réticents à la plupart des réglementations ou accords sur l’IA. Le matin de sa rencontre avec Xi Jinping, Trump a écrit sur Truth Social vouloir laisser la Super Intelligence exactement là où elle est, affirmant que c’est aussi la position de la Chine. Mike Johnson a expliqué sur Fox Business attendre une discussion visant un équilibre de la surveillance sans étouffer l’innovation, tout en avertissant du risque de perdre la course à l’IA face à la Chine. John Moolenaar, républicain et président du comité de la Chambre sur la Chine, a déjà exprimé des doutes quant à la capacité du gouvernement chinois à tenir ses engagements. Le sénateur Bernie Sanders a également appelé à un traité sur l’IA entre les deux pays. Parallèlement, de grandes entreprises américaines d’IA ont demandé une coordination avec la Chine pour ralentir le rythme du développement.
Khanna vise un traité interdisant la RSI et un suivi des labos
Ro Khanna réclame un traité entre les États-Unis et la Chine afin d’éviter des dérives de l’IA, avec une interdiction explicite de la RSI et une surveillance des laboratoires d’IA de pointe. Il juge toutefois un tel accord peu probable à court terme et propose, dans l’intervalle, de mettre sur pied un groupe de travail réunissant des experts des deux pays pour formuler des recommandations de sécurité et des méthodes de conformité. Selon lui, les évaluations demandées aux autorités américaines serviraient de base au Congrès et éventuellement à la Maison Blanche pour négocier avec des homologues chinois.
Des demandes à l’ODNI et à des groupes chinois sur sécurité et RSI
Khanna a adressé des lettres à l’ODNI et à plusieurs entreprises chinoises d’IA, dont DeepSeek, Alibaba et Moonshot AI, qui travaillent sur des systèmes avancés. Il y sollicite une évaluation de la réponse américaine si un laboratoire d’IA perdait le contrôle de ses bots et un examen de l’approche du gouvernement chinois face aux risques catastrophiques. Les groupes chinois sont priés de transmettre des documents sur leurs efforts vers la superintelligence et la RSI, définie comme la capacité des systèmes à s’améliorer eux-mêmes. Les courriers demandent aussi le détail des mesures de sécurité, l’existence de kill switches, et si des inspections par une entité non gouvernementale seraient acceptées en cas de traité. Ces requêtes s’inscrivent dans un contexte où la perte de contrôle de bots est présentée comme plus fréquente ces derniers mois. Les entreprises et l’ODNI n’ont pas immédiatement commenté.
Face aux entreprises, Khanna assume la pression publique
Dans ses courriers aux entreprises chinoises d’IA, Khanna dit s’attendre à des réponses incomplètes et rappelle qu’une demande antérieure d’engagement à ralentir le développement aux côtés d’OpenAI et d’Anthropic était restée lettre morte. Il assume une stratégie de pression visant à les faire honte et à ouvrir un débat sur la sécurité, tout en restant critique envers des entreprises américaines qu’il juge néanmoins disposées à discuter de sécurité. Au sujet d’une réunion annoncée entre la Maison Blanche, Mike Johnson et des dirigeants technologiques, Khanna parle d’un exercice de communication destiné à rassurer le public et affirme qu’il n’appartient pas à des entreprises tournées vers le profit d’écrire seules les règles de sécurité.
Après Trump–Xi, Khanna alerte sur une urgence sous-estimée
L’initiative de Khanna intervient après une rencontre à la Maison Blanche entre Xi Jinping et Donald Trump. Khanna juge que les deux dirigeants ne mesurent ni le risque ni l’urgence liés à l’IA, même s’il salue le principe d’un dialogue continu qu’il considère très insuffisant. Il affirme que, malgré des intérêts souvent divergents, les États-Unis et la Chine ont intérêt à éviter une perte de contrôle. Khanna se dit convaincu que les États-Unis fixeront des normes de sécurité, en partie parce qu’il estime que de nombreux modèles chinois dérivent de modèles américains. Il considère que des responsables politiques sont déconnectés des scientifiques et technologues et appelle à confier la conduite du débat à des ingénieurs et technologues, plutôt qu’à des PDG intéressés par le profit ou à des élus sans expertise technique.
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