Satlyt lève 8 M$ et embarque son IA sur un satellite

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Satlyt, cofondée par l'ingénieur Rama Afullo, veut exécuter des modèles d'IA directement à bord des satellites et répartir des calculs entre engins. La startup a réuni 8 millions de dollars et prépare un vol avec trois clients, dont la NASA, après avoir déjà démontré une réduction de transmission supérieure à 60% lors d'un test en orbite.
Une mission avec trois clients et un test à plus de 60% de gain
Lors d'une démonstration en orbite, le modèle Gemma déployé par Satlyt a permis de réduire de plus de 60% la taille d'une transmission liée à des erreurs logicielles à bord. Selon Rama Afullo, une telle efficacité peut représenter des économies de centaines de milliers de dollars par satellite et par an. Le transfert de données vers la Terre restant coûteux et souvent lent, l'exécution locale et la prise de décision à bord sont présentées comme un levier d'économies, que ce soit pour traiter des anomalies ou des données capteurs sans renvoi systématique au sol. La prochaine mise en œuvre est prévue à bord d'un vaisseau construit par la startup indienne TakeMe2Space et associe trois clients : la NASA, qui finance des tests de protocoles de cloud computing en orbite, Stellerian pour des charges de traitement d'images, et TakeMe2Space pour démontrer l'hébergement logiciel tiers. Le logiciel doit s'envoler jeudi sur une fusée SpaceX, aux côtés du premier prototype du Project Suncatcher de Google.
Le produit : de l'IA embarquée sans construire de vaisseaux
Satlyt développe un logiciel permettant d'exécuter des modèles d'IA directement sur des satellites. L'objectif est de répartir de grandes tâches informatiques entre plusieurs engins sans s'occuper de l'infrastructure sous-jacente, à la manière de plateformes comme VMWare ou Snowflake. La société ne prévoit pas de bâtir ses propres vaisseaux spatiaux et veut faire tourner son logiciel sur des satellites appartenant à différentes entreprises. Deux missions de démonstration ont déjà servi à valider des briques de cette approche.
Prochaine étape : un calcul partagé sur deux satellites
Peu de GPU puissants se trouvent aujourd'hui en orbite, ce qui oriente pour l'heure les cas d'usage vers les charges traitées par Satlyt. L'entreprise prévoit de réaliser l'an prochain un test visant à prouver le fonctionnement d'un système de calcul partagé entre deux satellites différents. Si cette expérimentation aboutit, elle compte offrir un cloud de calcul en orbite, agissant comme prestataire externe pour les fabricants de vaisseaux.
8 M$ levés, Non Sibi en chef de file et un pari mesuré
Satlyt a réuni 8 millions de dollars lors d'un tour dirigé par Non Sibi Ventures, basée à Houston. Bernard Harris, partenaire du fonds et ancien astronaute de la NASA pendant plus de 20 ans, a contribué à forger la conviction de la firme dans ce modèle d'activité. Selon le partenaire Kent Lucas, l'investissement tient notamment au fait que Satlyt n'est pas tributaire de la vision la plus ambitieuse des centres de données spatiaux, aux économies incertaines et ralenties par les lancements. Il estime que la réussite peut être portée simplement par le nombre de satellites mis en orbite, sans nécessiter de centres de données dans l'espace.
Origines, ambition de 20% des satellites et calendrier
Avant Satlyt, Rama Afullo a dirigé des produits cloud chez Google et travaillé brièvement en 2024 pour Starlink, après quoi il a cofondé l'entreprise entre Sunnyvale et Nairobi. Il affirme vouloir bâtir l'équivalent d'un Android ouvert pour les centres de données orbitaux et vise une présence sur 20% des satellites d'ici la fin de la décennie. Il s'attend à ce que presque tous les constructeurs intègrent des GPU et processeurs avancés dans leurs engins à cet horizon et considère qu'envoyer un satellite sans GPU revient à se pénaliser. SpaceX s'est déjà engagé dans les centres de données en orbite, et Satlyt doit apparaître à Disrupt dans la compétition Battlefield, du 13 au 15 octobre, à San Francisco.
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