Brief IA

Sondage : la pause IA séduit des deux côtés de l’Atlantique

🤖 Models & LLM·Tom Levy·

Sondage : la pause IA séduit des deux côtés de l’Atlantique

Sondage : la pause IA séduit des deux côtés de l’Atlantique
Key Takeaways
1Royaume-Uni : 51 % des adultes soutiennent une pause du développement de l’IA
2Électeurs Trump 2024 : 44 % pour la pause, 40 % pour continuer
3Californie : décret de Gavin Newsom accélérant les normes et étude d’un kill switch
💡Why it mattersLe sondage montre un appui significatif à une pause et une crainte majoritaire d’un risque existentiel, tandis que des mesures réglementaires commencent à être prises.
Le brief IA que lisent les pros

Le brief IA que les pros lisent chaque soir

Les 7 actus IA du jour, décryptées en 5 min. Gratuit.

Inclus dès l'inscription : notre sélection des meilleurs guides & comparatifs IA.

Choisis ton rythme

Gratuit · Pas de spam · Désabonnement en 1 clic

📄
Full Analysis

Un sondage conduit par Public First dans six pays montre qu’une pluralité d’adultes préfère suspendre les avancées de l’IA. Dans chaque pays, plus de la moitié redoutent au moins un risque modéré que la technologie puisse détruire l’humanité. Les écarts partisans restent limités hors des États-Unis, où les clivages apparaissent plus nets, alors que pouvoirs publics et acteurs politiques ajustent déjà leurs réponses.

Aux États-Unis, l’électorat se partage et au Royaume-Uni et au Canada, 53 % privilégient la sécurité

Parmi les électeurs américains ayant voté pour Donald Trump en 2024, 44 % soutiennent une pause du développement avancé de l’IA et 40 % préfèrent aller de l’avant. Ils se montrent aussi plus enclins que les électeurs de Kamala Harris en 2024 à considérer les discours alarmistes d’employés de laboratoires d’IA comme du marketing. Près de la moitié des électeurs de Trump estiment par ailleurs que les États-Unis ne doivent pas se laisser dépasser, même au prix de prendre des risques. À l’inverse, des majorités au Canada et au Royaume-Uni, à 53 %, choisissent de prendre du retard pour prioriser la sécurité. Dans l’ensemble de l’Amérique du Nord et de l’Europe, les répondants jugent plutôt authentiques les avertissements émanant de chercheurs de l’industrie de l’IA, une tendance confirmée lorsque l’on propose l’hypothèse d’un « coup marketing ».

États américains : contrôles renforcés et étude d’un « kill switch »

Plusieurs dirigeants d’États, républicains comme démocrates, plaident pour un encadrement plus strict de l’IA. En Californie, où les responsables politiques durcissent aussi les règles dans un climat de méfiance croissante des électeurs, le gouverneur Gavin Newsom a signé un décret visant à accélérer l’application de nouvelles normes de surveillance. Les agences de l’État sont chargées d’examiner la nécessité d’un dispositif d’arrêt obligatoire pour les modèles d’IA les plus avancés.

Europe : appel à une pause, efforts d’investissement et mobilisation citoyenne

L’Union européenne s’est dotée en 2024 d’un cadre réglementaire consacré à l’IA. Ursula von der Leyen a exprimé son soutien à une pause et déclaré, dans son discours annuel, que si les développeurs de la technologie sont clairs, les responsables politiques doivent l’être aussi. Elle a invité des laboratoires d’IA à discuter de la manière dont l’UE pourrait soutenir les efforts de l’industrie pour encadrer le développement. Dans le même temps, Bruxelles prépare des investissements de plusieurs milliards dans la capacité de calcul et tente de relever des taux d’adoption jugés faibles, alors que le continent compte très peu de fournisseurs de modèles de pointe, avec Mistral cité comme principal concurrent. La société civile se mobilise également : le mouvement Pause AI a manifesté devant le Parlement européen à Bruxelles. Son coordinateur belge, Didier Coeurnelle, a évoqué une estimation interne à Anthropic supérieure à 10 % de probabilité d’anéantissement de l’humanité pour illustrer sa demande de prudence. Des dirigeants, du président américain Donald Trump au Premier ministre britannique Andy Burnham, cherchent aussi à répondre aux préoccupations liées à l’IA.

Industrie et think tanks : appels au ralentissement, scepticisme et accusations de marketing

Des dirigeants tels que Dario Amodei, Sam Altman et Elon Musk ont récemment mis sur la table l’idée d’un ralentissement du développement. Le débat s’est durci aux États-Unis après que Donald Trump a qualifié les alertes sur l’IA de « HOAX », réduisant la perspective d’un accord bipartisan immédiat. D’autres figures, dont Jensen Huang et David Sacks, ont minimisé les dangers et rejeté l’idée de nouvelles réglementations publiques, accusant les alarmistes d’exagérer les risques. Pour Neil Chilson, de l’Abundance Institute, le tableau correspond à une panique technologique, avec peu de dommages observés et beaucoup de craintes projetées, d’autant que, dans chaque pays sauf l’Espagne, au moins un tiers des répondants utilisent peu ou pas l’IA. Il avance que la peur dépasse pour l’instant l’expérience, mais que celle-ci finira par rattraper. À l’inverse, certains observateurs voient dans certaines alertes un ressort promotionnel : Max Junestrand, dirigeant de Legora, valorisée à plus de 5 milliards de dollars, estime qu’une grande partie relève du marketing amplifiant des capacités proposées.

Résultats globaux : une pluralité pour la pause et une crainte majoritaire d’un risque existentiel

Dans les six pays étudiés, environ la moitié des adultes jugent qu’il faut suspendre les développements de l’IA pour réduire les risques, avec un pic à 51 % au Royaume-Uni et un plancher à 45 % en Allemagne. À l’opposé, entre 30 % et 40 % indiquent souhaiter continuer les efforts afin d’obtenir des avantages importants. Le niveau d’inquiétude est élevé : plus d’une personne sur deux, et jusqu’à près de deux sur trois aux États-Unis, en France, au Royaume-Uni et au Canada, estiment qu’il existe au moins un risque modéré que l’IA puisse entraîner la disparition de l’humanité. Dans l’ensemble, de chaque côté de l’Atlantique, une pluralité d’adultes opte pour la suspension, tandis qu’une majorité juge qu’un risque existentiel est plausible.

Méthode : six pays, plus de 2 000 répondants et ±2,2 points d’erreur

L’enquête a été menée du 13 au 15 septembre par Public First. Plus de 2 000 participants ont été consultés aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni, en France, en Espagne et en Allemagne. La marge d’erreur totale s’élève à ±2,2 points de pourcentage et elle est supérieure pour les sous-groupes de taille réduite.

Brief IA — L'actualité IA en français

L'essentiel de l'actualité de l'intelligence artificielle, décrypté et expliqué chaque jour.