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Le Bureau of Labor Statistics classe 206 professions comme très exposées à l’IA, sans en conclure à des suppressions massives. Ses projections annoncent au contraire des hausses d’effectifs dans nombre de métiers, dont les développeurs de logiciels, tandis que les RH voient leur rôle se redéfinir et que certains métiers de santé progressent avec une faible exposition.
RH très exposées : tâches automatisables et choix de cap
Les spécialistes des ressources humaines figurent parmi les professions non techniques classées à exposition très élevée à l’IA. Ils reçoivent déjà des candidatures rédigées avec l’aide d’outils génératifs et recourent eux-mêmes à l’IA pour accélérer le recrutement, par exemple en présélectionnant des profils. Brian Elliott, PDG d’un groupe de réflexion et de conseil, estime que les directions RH sont à un moment charnière. Selon lui, un scénario affaiblit la fonction, avec davantage d’automatisation de l’intégration et de la formation, voire un transfert de certaines tâches vers d’autres dirigeants dotés de nouveaux outils comme le filtrage des compétences. L’autre scénario rehausse le rôle des RH, qui piloteraient la transformation organisationnelle et l’engagement, tout en prenant la responsabilité des interactions des salariés avec l’IA.
Santé : croissance attendue avec une exposition faible
Des professions comme les assistants médicaux et les optométristes sont signalées comme bien rémunérées et projetées en croissance sur la décennie, tout en restant peu exposées à l’IA. Pour le BLS, une exposition faible signifie que les exigences du métier s’accordent mal avec les capacités actuelles des modèles d’IA et que les modèles de langage n’ont pas été observés en train d’exécuter de nombreuses tâches de ces professions.
Développeurs : +175 000 postes projetés, 6e boom d’emploi
L’emploi des développeurs de logiciels est projeté en hausse d’environ 175 000 postes entre 2025 et 2035, pour atteindre près de 2 millions de professionnels en 2035. Parmi toutes les professions, ce métier se situe au 6e rang des croissances d’effectifs prévues sur la période. Sur le terrain, Dan Krzyzanowski décrit une pratique transformée : l’IA retire une part de monotonie et lui permet de se concentrer sur la création. Il souligne cependant que les fondamentaux du codage, dont le débogage, restent indispensables et que le code généré par l’IA nécessite souvent une relecture.
Les moteurs de la demande dans le logiciel selon le BLS
Le BLS anticipe une demande soutenue pour les développeurs, les analystes en assurance qualité et les testeurs. Il relie cette dynamique à l’expansion continue des logiciels pour l’IA, l’Internet des objets, la robotique et d’autres applications d’automatisation. Le bureau évoque aussi une possible hausse des besoins en sécurité logicielle et l’effet de l’augmentation des produits pilotés par logiciel. Dans les faits, des systèmes sont continûment développés pour l’électronique grand public, les objets connectés et les véhicules électriques.
Cadre BLS : 831 métiers étudiés, 206 très exposés
Le BLS a évalué l’exposition de centaines de professions à partir d’études récentes et, sur 831 professions, en a classé 206 à exposition très élevée à l’IA. Plus de 100 de ces métiers affichaient l’an dernier un salaire médian d’au moins 75 000 $, et la plupart sont projetés en croissance. Les développeurs de logiciels et les analystes en gestion figurent dans cette catégorie. Pour le BLS, une exposition très élevée signifie qu’une fraction plus importante des tâches peut être réalisée ou assistée par l’IA, des modèles de langage ayant déjà été observés sur certaines tâches. Le bureau précise toutefois que cette exposition n’implique pas nécessairement des pertes d’emplois et note que de nombreux métiers très exposés sont bien payés et devraient croître.


