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Dans les premiers épisodes de la mini-série de Platformer consacrée à l'impact de l'IA sur l'emploi, des figures du secteur technologique ont partagé leurs points de vue. Aaron Levie, PDG de Box, a affirmé que le "dernier kilomètre" du travail humain résistera à l'automatisation. James Manyika de Google a expliqué que l'automatisation d'une tâche est bien plus simple que celle d'un emploi complet. Boris Cherny, créateur de Claude Code, a prédit la fin de l'ingénierie logicielle telle que nous la connaissons, mais a envisagé l'émergence d'une nouvelle profession de "constructeur", créant plus d'emplois qu'elle n'en détruirait.
Alors que la série aborde sa seconde moitié, l'accent est mis sur des perspectives extérieures au secteur technologique, notamment celles d'économistes. Kathryn Anne Edwards, économiste du travail et consultante en politique, a été sollicitée pour partager son analyse. Edwards, qui écrit pour Bloomberg Opinion et co-anime le podcast Optimist Economy, critique la vision alarmiste selon laquelle l'IA entraînerait une "classe oisive" de chômeurs permanents. Elle considère cette idée comme classiste, sous-estimant l'ingéniosité et la résilience des travailleurs américains.
Edwards exprime sa conviction en la capacité des travailleurs américains à s'adapter et à ne pas être écartés par leurs employeurs. Elle affirme : "Je crois fermement que le travailleur américain est un être incroyable, et il ne mérite pas d'être écarté par son ancien employeur comme s'il ne pouvait plus jamais travailler." Elle refuse que l'on parle des travailleurs de cette manière en sa présence.
Cependant, Edwards souligne que les États-Unis sont mal préparés à un éventuel chômage de masse. Elle estime que cela devrait inciter à planifier des scénarios pour les pertes d'emplois liées à l'IA. Elle rappelle que de nombreuses personnes sont déjà sans emploi et que nous choisissons de ne pas les aider. Selon elle, des réformes des systèmes d'assurance chômage et de santé, ainsi que des subventions gouvernementales, seraient efficaces. Elle mentionne également l'augmentation de l'impôt sur les successions comme une mesure potentielle. La mise en œuvre de ces solutions dépendra de la volonté politique.
Malgré ses préoccupations, Edwards se décrit comme une optimiste, bien que cynique. Elle explique : "La barre la plus basse est la plus grande source d'optimisme, car je me sentirais très différemment si nous avions essayé quoi que ce soit."
Edwards met en avant un optimisme pratique fondé sur des preuves économiques solides. Elle affirme que l'IA pourrait transformer les emplois sans nécessairement entraîner une perte nette. Elle critique la tendance à considérer certains travailleurs comme plus précieux que d'autres, ce qui dévalorise la contribution de nombreux employés.
Elle reconnaît que l'IA cause déjà des pertes d'emplois, mais aussi des créations d'emplois. Les économistes, selon elle, doivent se concentrer sur les implications de ces changements plutôt que de chercher des chiffres précis. Edwards met en garde contre la réduction des licenciements à une seule cause, comme l'IA, car d'autres facteurs, tels que les choix d'embauche pendant la pandémie, peuvent également jouer un rôle.
En conclusion, Edwards insiste sur le fait que la conversation sur l'IA et les emplois doit aller au-delà des statistiques et se concentrer sur les systèmes de soutien nécessaires pour ceux qui pourraient être affectés par ces changements.
