La jeune pousse Electric Plant veut traduire les signaux électriques des végétaux en besoins agronomiques actionnables. Après trois ans de collecte de données, son modèle Bombadil couvre environ 125 espèces et s'appuie sur des capteurs annoncés à quelques dizaines de dollars. La société vient de réunir 11,2 millions de dollars pour passer à la commercialisation.
Jusqu'à 20 % d'eau en moins et environ 125 espèces couvertes
Justin Mast affirme que leur système peut accroître les rendements tout en réduisant l'usage d'eau de 20 % ou plus. Il indique qu'il suffit de placer quelques capteurs par acre pour obtenir des données utilisables. Bombadil est présenté comme étant en mesure d'analyser les signaux électriques provenant d'environ 125 espèces, incluant des fougères, des séquoias, des tomates et des dahlias. Mast affirme qu'il s'agit du modèle le plus varié jamais développé pour les signaux électriques biologiques et précise qu'il n'existe pas de modèle équivalent dans le règne animal.
Capteurs à « dizaines de dollars » et traitement cloud des signaux
La startup met en avant des capteurs nettement moins chers que des instruments courants affichés à des milliers de dollars. Justin Mast indique un prix de l'ordre de quelques dizaines de dollars. De la taille d'un iPhone replié dans la longueur, ces capteurs se fixent sur la plante via des vis en acier inoxydable qui doivent pénétrer le cambium pour capter des variations de microvolts. Les données sont transmises à une station de base via un réseau sans fil basse consommation, interprétées par Bombadil dans le cloud puis renvoyées aux clients, qui peuvent par exemple ajuster l'arrosage ou la fertilisation.
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11,2 M$ pour industrialiser Bombadil et ses capteurs
Electric Plant a récemment levé 11,2 millions de dollars en amorçage pour commercialiser ses capteurs et Bombadil, un tour mené par Onto Ventures et Climactic, avec la participation de Ponderosa, Endeavor Catalyst, Ludlow, Michigan Rise, The Fund, Schox VC et Dug Song. La société fondée par Justin Mast et le neuroscientifique Lee von Kraus dit avoir consacré trois ans à la collecte de données pour bâtir Bombadil, un modèle qui interprète les signaux électriques des tiges et relaie des informations utiles aux cultivateurs. Les fondateurs envisagent qu'un outil permette un jour de « parler » aux plantes ; Mast souligne à ce stade privilégier l'écoute, « première étape ».
Face aux outils actuels, une approche présentée comme plus intime
Selon Justin Mast, même les serres très contrôlées ne donnent pas une visibilité complète sur les besoins des plantes. Les professionnels s'appuient sur des sondes de sol, des spectroscopes portables ou des images satellites, qui remplissent leur rôle mais restent limités pour saisir l'intérieur de la plante et répondre aux besoins en temps réel, d'après lui. Electric Plant a utilisé ces instruments pour entraîner Bombadil, et Mast affirme que leur modèle surpassera beaucoup de ces équipements. Il n'a toutefois pas révélé l'identité des premiers clients. L'intérêt de Mast pour le sujet est né à la lecture de recherches où une plante d'intérieur, via des signaux électriques détectés par une carte de contrôle, se voyait rapprochée d'une source lumineuse, une découverte qui l'a surpris.





