Brief IA : Europe : l'US Army accélère l'intégration de l'IA face aux menaces

Europe : l'US Army accélère l'intégration de l'IA face aux menaces

Brief IA
Tom Levy·4 min

L'US Army teste un système d'IA développé en interne lors d'exercices OTAN pour trier des données de combat et suggérer des réponses, tout en maintenant la décision finale humaine. Le nouveau système NGC2 doit traiter jusqu'à 1 500 cibles et 1 200 missiles ou drones par jour lors de scénarios extrêmes, renforçant ainsi la capacité de l'Armée à gérer le flux de données sur le champ de bataille.

En bref
1Un exercice OTAN a permis de tester un système d’IA développé en interne pour trier les données de combat
2L’Armée américaine intègre l’IA à son nouveau système NGC2 pour fournir des informations en temps réel
3L’IA doit recommander des réponses, mais la décision finale reste humaine conformément à la Loi de la guerre
4Les responsables évoquent jusqu’à 1 500 cibles et 1 200 missiles ou drones à traiter lors d’un scénario extrême
Pourquoi c'est important : L’ampleur des menaces et du flux de données sur le champ de bataille pousse l’Armée américaine à accélérer l’intégration de l’IA, tout en maintenant un contrôle humain sur les décisions critiques.

Des unités américaines en Europe testent des outils d'IA pour trier des données de combat et suggérer des ripostes, tout en maintenant l'humain au centre. Un nouvel ensemble de commandement, NGC2, doit agréger en temps réel ciblage, munitions et renseignement. Les responsables évoquent jusqu'à plus de 1 500 cibles par jour et 1 200 missiles et drones à contrer lors d'un scénario extrême inspiré de l'Ukraine.

NGC2 et tests OTAN : des briques d’IA déjà à l’essai

Plus tôt cette année en Europe, un exercice conjoint avec l’OTAN a permis à des troupes d'utiliser un système d’IA développé en interne pour ingérer et trier des données. Lors de cet entraînement, l’IA était en phase de test bêta, et des responsables de l’Armée ont indiqué viser un essai à plus grande échelle lors d’un exercice futur. Parallèlement, l’Armée américaine intègre l’IA à son Next Generation Command and Control, le nouveau système de combat du service. Ce NGC2 s’appuie sur l’IA et l’apprentissage automatique pour fournir aux commandants et aux soldats des informations en temps réel sur le ciblage, les capacités, les niveaux de munitions, la maintenance, les flux de renseignement et des attaques ennemies simulées. Cette évolution s’inscrit dans une dynamique d’intégration rapide, des fonctions autonomes jusqu’aux processus agentiques, et concerne aussi des processus institutionnels et des flux de travail au-delà du champ de bataille.

Des outils pensés pour décider vite, pas pour évincer l’humain

Les responsables mettent en avant des systèmes conçus pour accélérer la prise de décision, sans en faire l’unique avantage. L’IA est présentée comme capable de reconnaître des schémas que les humains pourraient ne pas remarquer et d’offrir davantage d’options aux commandants. Elle est aussi envisagée pour accélérer l’analyse des cibles, tout en se limitant à la recommandation, la décision finale restant humaine. Cette approche accompagne l’intégration rapide de capacités autonomes dans des systèmes sans pilote et dans les chaînes de commandement et de contrôle.

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Conduite des opérations : ciblage assisté et éventail de ripostes

En situation de combat, des soldats pourraient recourir à l’IA pour analyser des données et des cibles en fonction des objectifs fixés par le commandement et de paramètres associés. Les systèmes envisagés évalueraient les capacités militaires disponibles et proposeraient des options allant des frappes conventionnelles à la guerre électronique, jusqu’aux opérations cyber. Cette approche repose sur la capacité de l’IA à traiter de grands volumes de données issus de capteurs et de réseaux afin de formuler des réponses potentielles.

Garde-fous : la décision reste soumise à la Loi de la guerre

Steven Carpenter précise que l’humain conserve le dernier mot pour poursuivre une cible valide dans le respect de la Loi de la guerre. Il insiste sur le fait que l’objectif n’est pas de remplacer les analystes, mais de les décharger pour qu’ils se concentrent sur les cas les plus complexes. Le même officier souligne que l’emploi d’une « super intelligence » vise la vitesse et l’échelle, tout en rappelant qu’il ne s’agit pas d’écarter les humains du processus.

Échelle des menaces : un scénario calqué sur le pire jour ukrainien

Les forces américaines en Europe ont été appelées à se préparer à traiter plus de 1 500 cibles potentielles par jour et à défendre contre jusqu’à 1 200 missiles et drones. Selon Steven Carpenter, un tel volume pourrait submerger les analystes humains, que l’IA aiderait à suivre. Il indique que ces chiffres correspondent à ce qu’ils désignent comme « le pire jour de l’Ukraine ». La guerre menée par la Russie s’est distinguée par des frappes répétées et massives associant des missiles balistiques, des missiles de croisière et des drones d’attaque à usage unique, ces derniers étant de plus en plus équipés de moteurs à réaction, ce qui augmente leur vitesse et complique leur interception. Dans ce contexte, certains responsables jugent que les champs de bataille à venir pourraient générer des volumes de données susceptibles d’engloutir les opérateurs, avec des milliers de cibles et de menaces, ce qui conduit l’Armée américaine en Europe à se préparer à des affrontements de grande ampleur où l’intervention humaine seule ne suffit plus sans appui.

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