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Judith Dada prend un nouveau rôle chez Langdock
Judith Dada, qui occupe un poste de partenaire générale chez Visionaries, a récemment pris la décision de rejoindre la startup berlinoise Langdock en tant que co-directrice générale. Malgré ce nouveau rôle, elle continuera à exercer ses fonctions chez Visionaries, où elle est impliquée dans une prochaine levée de fonds prévue pour cette année.
Langdock se distingue par sa capacité à intégrer divers modèles d'intelligence artificielle au sein d'une plateforme unique. Cette intégration permet aux entreprises de naviguer entre différents modèles, tels que Gemini, Anthropic, OpenAI ou Mistral, pour répondre à divers besoins, y compris le déploiement d'agents d'IA. Bien que Langdock ait maintenu un profil relativement bas, elle a réussi à lever 3 millions de dollars en 2024, avec un financement dirigé par General Catalyst et l'ancienne équipe de La Famiglia, où Dada avait déjà investi. Le soutien de Y Combinator et d'investisseurs individuels, comme le cofondateur de GetYourGuide, Johannes Reck, a également été crucial.
Visionaries a récemment annoncé avoir atteint 40 millions de dollars de revenus annuels récurrents, tout en étant rentable. Dada a expliqué à Sifted que son engagement envers Langdock découle de sa conviction que l'impact de cette technologie est si significatif qu'elle doit s'y investir pleinement. Elle a ajouté que l'investissement restera une partie intégrante de son activité, mais que le moment actuel exige une concentration accrue de sa part.
Une nouvelle orientation stratégique
Rob Lacher, cofondateur de Visionaries, a mentionné que la société "s'associe" à Langdock, bien qu'il ait refusé de divulguer plus de détails publiquement, confirmant néanmoins que Visionaries est un investisseur dans Langdock. Dans son nouveau rôle, Dada se concentrera sur des aspects externes, en dialoguant avec les décideurs politiques, les clients et les entreprises pour promouvoir une adoption réussie de l'IA, ainsi que sur des questions de communication et de marketing.
Ce changement de cap pour Dada intervient alors que les discussions sur le renforcement des capacités souveraines en IA en Europe s'intensifient. Cependant, Langdock a récemment fait l'objet de critiques pour son enregistrement dans le Delaware, alors que la tendance actuelle favorise un ancrage des entreprises d'IA sur le sol européen. Dada a précisé que l'enregistrement aux États-Unis est une exigence pour les entreprises soutenues par Y Combinator, mais elle a souligné que la majorité du capital est désormais détenue par des Européens.
Langdock compte plus de 10 000 clients, allant de petites à grandes entreprises, selon Dada.
Vers une souveraineté européenne en IA
La question de la souveraineté européenne en matière d'IA est un sujet central pour Dada, qui a récemment contribué à un document intitulé Europe 2031. Ce document met en lumière le fait que l'Europe a sous-estimé la vitesse des avancées en IA et propose des actions pour combler ce retard. Cette question a été mise en exergue récemment lorsque Anthropic, un fabricant américain de modèles d'IA, a restreint l'accès à deux de ses modèles les plus puissants en raison de directives américaines sur le contrôle des exportations.
Dada a déclaré que les Européens réalisent désormais que l'accès aux modèles d'IA n'est pas garanti. À mesure que l'IA devient plus puissante et transformative, redéfinissant la compétitivité des entreprises, l'accès à une intelligence indépendante et souveraine devient crucial.
Cependant, Langdock, comme d'autres startups européennes, utilise des infrastructures américaines pour ses données, notamment Microsoft Azure. Dada considère que la création d'une "véritable IA souveraine", avec des centres de données sous juridiction européenne, représente une opportunité majeure. Elle a noté que des entreprises comme Langdock sont conscientes des implications du Cloud Act américain, qui pourrait permettre aux autorités américaines d'accéder aux données stockées par des entreprises américaines, même si elles sont hébergées dans l'UE. Toutefois, elle n'a pas encore pu partager plus de détails sur les mesures prises par Langdock à cet égard.
Une tendance émergente d'investisseurs-opérateurs
Dada n'est pas la seule investisseuse européenne à ajouter le titre de PDG à son CV. L'année dernière, Uwe Horstmann, cofondateur de la société de capital-risque berlinoise Project A, a rejoint la startup allemande de drones Stark en tant que PDG, tout en conservant son rôle d'investisseur. Lacher a mentionné certaines entreprises américaines, comme Founders Fund, dont les partenaires naviguent entre les rôles d'investisseurs et d'opérateurs. "En Europe, nous espérons voir davantage de ces opérateurs dans le capital-risque, ou même occupant des rôles des deux côtés."
Dada espère que cette initiative lancera une tendance, bien que cela puisse soulever des préoccupations concernant les conflits d'intérêts. Elle a souligné que ces préoccupations sont toujours prioritaires, notant qu'il n'est "pas inhabituel" que des fondateurs investissent en tant qu'anges. Lacher estime que le nouveau rôle de Dada donnera à Visionaries "une ligne directe dans le tissu opérationnel de l'IA". "Nous pensons que c'est un pas audacieux et excellent que Judith prenne ce rôle. Cela ne change pas grand-chose, pour être honnête, dans le travail quotidien."

