Brief IA : Tilly Norwood : l'IA qui chante la pire chanson de l'histoire

Tilly Norwood : l'IA qui chante la pire chanson de l'histoire

Brief IA
Tom Levy·5 min·3 vues

La chanson de l'IA Tilly Norwood, intitulée 'Take the Lead', a été largement critiquée pour son incapacité à toucher les auditeurs, soulevant des questions sur l'acceptation des créations IA dans la culture populaire. Emily Blunt, gagnante d'un Golden Globe, a exprimé son inquiétude face à cette initiative de la société Particle6, qui a présenté Tilly Norwood comme un acteur généré par IA. Ce phénomène met en lumière les défis d'acceptation des œuvres générées par l'IA dans un monde dominé par l'humain.

En bref
1Tilly Norwood, une IA créée par Particle6, a sorti une chanson jugée désastreuse par la critique.
2La chanson "Take the Lead" aborde les défis d'une IA dans un monde sceptique, mais manque de connexion humaine.
3Le syndicat SAG-AFTRA critique l'utilisation de l'IA pour remplacer les acteurs, menaçant l'art et les emplois.
💡Pourquoi c'est importantL'essor de l'IA dans le divertissement soulève des questions sur l'authenticité artistique et l'avenir des artistes humains.
Le brief IA que lisent les pros

L’IA créative te passionne ?

Image, vidéo, son, design génératif : le meilleur chaque soir en 5 min. Gratuit.

Inclus dès l'inscription : notre sélection des meilleurs guides & comparatifs IA.

Choisis ton rythme

Gratuit · Pas de spam · Désabonnement en 1 clic

📄
L'analyse en français

Un lancement controversé pour Tilly Norwood

À l'automne dernier, la société de production Particle6 a fait sensation en introduisant Tilly Norwood, un acteur entièrement généré par intelligence artificielle. Cette initiative a immédiatement suscité une vague de critiques à Hollywood, où l'idée d'un acteur numérique a été perçue comme une menace pour l'industrie traditionnelle. Emily Blunt, actrice primée d'un Golden Globe, a exprimé son inquiétude dans une interview avec le magazine Variety, déclarant : « Bon Dieu, nous sommes foutus. Allez, agences, ne faites pas ça. S'il vous plaît, arrêtez. »

Malgré ces avertissements, Particle6 a décidé de continuer sur sa lancée et a récemment publié un clip vidéo mettant en vedette Tilly Norwood dans une chanson intitulée "Take the Lead". Cette sortie a été accueillie avec scepticisme et a rapidement été qualifiée de pire chanson jamais entendue par certains critiques.

Une comparaison peu flatteuse avec Xania Monet

En découvrant "Take the Lead", certains s'attendaient à une performance similaire à celle de Xania Monet, une autre personnalité numérique qui avait réussi à atteindre les charts R&B de Billboard avec une chanson générée par IA intitulée "How Was I Supposed to Know?". Cependant, la création de Norwood a été perçue comme un échec, atteignant un niveau de malaise rarement vu dans la musique IA. La chanson de Xania Monet, bien que générée par IA, avait au moins l'avantage d'avoir des paroles écrites par une personne réelle, ce qui n'est pas le cas pour Norwood.

La chanson de Norwood, bien qu'elle ait mobilisé une équipe de dix-huit personnes, dont des designers, des prompteurs et des monteurs, n'a pas réussi à convaincre. Elle aborde les défis d'être une IA sous-estimée par les critiques, mais manque cruellement d'humanité et de profondeur émotionnelle. Les paroles tentent de défendre la légitimité de Norwood en tant qu'acteur IA, mais elles sonnent creux.

Des paroles déconnectées de la réalité

Les paroles de "Take the Lead" tentent de défendre la légitimité de Norwood en tant qu'acteur IA. Elle affirme devant la caméra : "Ils disent que ce n'est pas réel, que c'est faux, mais je suis toujours humaine, ne vous y trompez pas." Pourtant, cette déclaration sonne creux, car aucune IA ne peut véritablement revendiquer une expérience humaine.

La chanson, qui rappelle le style de Sara Bareilles, commence par évoquer une créativité et une étincelle humaine que Norwood prétend posséder. Le refrain appelle les acteurs IA à prendre les devants et à créer leur propre avenir, un message qui semble déconnecté de toute réalité vécue par les humains. Les paroles incluent des lignes telles que "Acteurs, il est temps de prendre les devants" et "L'IA n'est pas l'ennemi, c'est la clé", ce qui souligne l'irréalisme du message.

Un clip vidéo peu convaincant

Dans la vidéo, Norwood se promène dans un centre de données, une image qui pourrait être la seule partie ancrée dans la réalité. Le changement de décor vers une scène où elle est acclamée par un public virtuel accentue le décalage entre la prétendue victoire et la réalité de son existence numérique. Lorsque le deuxième refrain arrive avec un changement de tonalité prévisible, elle marche sur une scène, regardant un stade de faux spectateurs qui lui offrent un moment de "triomphe" immérité.

Certains pourraient penser que Norwood s'adresse à tous les acteurs, mais les paroles finales confirment qu'elle parle spécifiquement à ses pairs IA, les incitant à embrasser leur pouvoir et à façonner leur destin. Les paroles finales, telles que "Prenez votre pouvoir, prenez la scène" et "Acteurs IA, nous créons notre destin", renforcent cette idée.

Une critique acerbe de l'industrie musicale

Il y a vingt ans, Pitchfork, un média influent dans le domaine musical, avait sévèrement critiqué l'album "Shine On" de Jet. Cette critique, bien que sévère, trouve aujourd'hui un écho dans les critiques adressées aux œuvres générées par IA. Pitchfork avait attribué un 0.0 sur 10 à l'album et, au lieu d'une critique écrite, avait intégré une vidéo YouTube d'un singe urinant dans sa propre bouche. Ces créations sont souvent perçues comme vides et dérivées du travail d'artistes réels.

Le syndicat SAG-AFTRA a exprimé son opposition à l'utilisation de l'IA pour remplacer les acteurs, soulignant que Tilly Norwood n'est qu'un produit d'un programme informatique formé sur le travail d'artistes sans leur consentement. Cette pratique menace de mettre en péril les moyens de subsistance des artistes et de dévaluer l'art humain. Selon SAG-AFTRA, "Tilly Norwood" n'est pas un acteur ; c'est un personnage généré par un programme informatique qui a été formé sur le travail de nombreux artistes professionnels — sans autorisation ni compensation.

Une menace pour l'art authentique

Contrairement à Jet, qui s'inspirait de groupes de rock pour créer sa musique, Tilly Norwood est littéralement le produit de modèles IA basés sur des données d'entraînement non autorisées. Cette approche soulève des questions sur l'avenir de l'art et la place des artistes humains dans un monde de plus en plus dominé par l'intelligence artificielle. Les artistes se plaignent que ces productions sonnent creux et reproduisent simplement le travail d'artistes passés, ce qui dévalue l'art humain et menace les moyens de subsistance des artistes.

Suivez Brief IA

L'actu IA du jour, aussi dans votre fil.

Commentaires