Brief IA : Panthalassa et Thiel : data centers marins révolutionnaires

Panthalassa et Thiel : data centers marins révolutionnaires

Brief IA
Tom Levy·4 min·1 vues

Panthalassa a levé 140 millions de dollars pour développer des data centers en mer alimentés par l'énergie des vagues. L'investissement a été réalisé par Peter Thiel, accompagné d'autres investisseurs tels que John Doerr et Marc Benioff, portant le total des fonds levés par la société à 210 millions de dollars.

En bref
1Panthalassa a levé 140 millions de dollars pour développer des data centers marins alimentés par les vagues.
2Le prototype Ocean-2 utilise l'énergie des vagues et le refroidissement par l'océan pour optimiser les performances.
3Des défis techniques, comme la corrosion et la connectivité, restent à surmonter pour garantir la fiabilité à long terme.
💡Pourquoi c'est importantCette innovation pourrait transformer la gestion énergétique des data centers, un secteur en pleine expansion.
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Panthalassa et l'énergie des vagues : une nouvelle ère pour les data centers

Face à la demande croissante en électricité pour les data centers terrestres, Panthalassa propose une solution audacieuse : déplacer ces infrastructures en mer. L'entreprise ambitionne de tirer parti de l'énergie des vagues pour alimenter ces centres de données tout en utilisant l'océan pour leur refroidissement. Ce projet novateur a attiré l'attention de Peter Thiel, qui a investi 140 millions de dollars pour soutenir cette vision.

La startup basée à Portland, fondée en 2016, a récemment réussi à lever 140 millions de dollars lors d'un tour de financement de Série B. Ce tour a été mené par Peter Thiel et a vu la participation de figures influentes telles que John Doerr, Marc Benioff via TIME Ventures, Max Levchin de SciFi Ventures, ainsi que des entreprises comme Hanwha, Fortescue Ventures et Super Micro Computer. Avec cette levée de fonds, Panthalassa a désormais accumulé un total de 210 millions de dollars pour concrétiser son projet ambitieux.

Le concept des centrales houlomotrices

Panthalassa mise sur un concept innovant : un nœud autonome en acier de 85 mètres, conçu pour flotter en haute mer. Ce dispositif capte l'énergie des vagues pour produire l'électricité nécessaire au fonctionnement des puces d'intelligence artificielle qu'il abrite. Les résultats des calculs effectués par ces puces sont ensuite transmis à la terre ferme grâce à des satellites en orbite basse. L'eau de mer joue un rôle crucial en assurant le refroidissement des installations, éliminant ainsi le besoin de câbles, d'ancrages ou de carburants.

Cette approche permet de surmonter deux des principaux obstacles rencontrés par les data centers terrestres : l'accès limité au réseau électrique et la gestion de la chaleur générée par les serveurs. Garth Sheldon-Coulson, cofondateur et PDG de Panthalassa, souligne que trois sources d'énergie sur Terre ont le potentiel de fournir des dizaines de térawatts : le solaire, le nucléaire et l'océan. Entre 2021 et 2024, Panthalassa a testé plusieurs générations de prototypes, notamment Ocean-1, Ocean-2 et Wavehopper, dans des conditions réelles. Les nœuds Ocean-3 devraient être déployés dans le Pacifique Nord en 2026 pour valider l'inférence IA en mer, avec des déploiements commerciaux prévus pour 2027.

Un projet parmi d'autres tentatives

Panthalassa n'est pas la première à explorer l'idée de data centers marins. En 2018, Microsoft avait déjà immergé un conteneur contenant 864 serveurs au large de l'Écosse dans le cadre du Project Natick. Après deux ans, les résultats étaient prometteurs, avec un taux de panne huit fois inférieur à celui des data centers terrestres. Cependant, Microsoft n'a pas poursuivi l'industrialisation de ce concept.

En parallèle, la Chine déploie actuellement un data center sous-marin composé de 100 modules près de l'île de Hainan. Au Japon, l'armateur MOL et Hitachi travaillent ensemble pour transformer des cargos en data centers flottants, avec un lancement prévu pour 2027. Aux États-Unis, la startup Starcloud a levé 170 millions de dollars en mars pour développer des data centers en orbite.

Panthalassa se distingue par sa capacité à concevoir des nœuds Ocean-3 capables de naviguer de manière autonome dans des zones à forte densité énergétique, sans dépendance à un port d'attache ou à un réseau terrestre.

Les défis à surmonter

Malgré l'enthousiasme suscité par ces innovations, plusieurs défis techniques restent à relever pour garantir la viabilité de ces installations sur le long terme. Parmi les obstacles figurent la corrosion due au sel marin, la connectivité satellite en cas de conditions météorologiques défavorables, et la maintenance des installations sans intervention humaine pendant de longues périodes.

En France, la pression sur le réseau électrique est déjà perceptible. Lors d'une réunion à Bercy en janvier 2025, 35 projets de data centers ont été identifiés, représentant une puissance totale de 28,6 GW. Les solutions alternatives, qu'elles soient marines ou orbitales, ne sont plus de simples concepts futuristes, mais des options concrètes qui nécessitent encore des validations techniques.

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