Brief IA : OpenAI et Anthropic : l'illusion boursière de l'IA à 852 milliards

OpenAI et Anthropic : l'illusion boursière de l'IA à 852 milliards

Brief IA
Tom Levy·7 min·5 vues

L'IA génère des sentiments ambivalents, mêlant peur et intérêt, semblables à ceux ressentis lors de l'émergence du Bitcoin en 2010. Les entreprises, comme OpenAI et Anthropic, préparent leur entrée en bourse, attirant ainsi des investisseurs vers des opportunités économiques majeures, avec des centaines de millions d'utilisateurs et des valorisations élevées.

En bref
1OpenAI et Anthropic préparent leur entrée en bourse, suscitant des comparaisons avec le Bitcoin de 2010.
2Sam Altman d'OpenAI a récemment minimisé les craintes d'une apocalypse de l'emploi causée par l'IA.
3Malgré des pertes massives, OpenAI est valorisée à 852 milliards de dollars, une somme astronomique.
💡Pourquoi c'est importantCette valorisation reflète une bulle spéculative autour de l'IA, posant des questions sur la viabilité économique réelle.
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L'analyse en français

L'IA et la promesse boursière : un écho du Bitcoin de 2010

L'essor de l'intelligence artificielle rappelle étrangement la montée en puissance du Bitcoin en 2010. À cette époque, un investissement modeste dans le Bitcoin pouvait transformer un individu en millionnaire en quelques années. Aujourd'hui, avec l'annonce de l'entrée en bourse d'OpenAI et d'Anthropic, une nouvelle opportunité semble se profiler. Ces entreprises, qui ont radicalement transformé le paysage technologique, attirent l'attention avec leurs valorisations qui défient l'entendement. Cependant, en examinant de plus près les chiffres, on pourrait se demander si l'engouement actuel ne repose pas sur une manipulation subtile des perceptions.

Quand OpenAI et Anthropic ont annoncé leur intention d'entrer en bourse, cela a suscité une réaction instinctive chez beaucoup, rappelant l'époque où le Bitcoin était perçu comme une opportunité unique. À l'époque, il suffisait d'investir quelques centaines d'euros pour espérer devenir millionnaire des années plus tard. Ceux qui ont manqué cette chance en parlent encore avec un mélange de regret et d'incrédulité. Aujourd'hui, l'histoire semble se répéter avec ces deux entreprises qui ont redéfini le monde de l'informatique.

Un changement de discours opportun

Le 26 mai 2026, un tournant s'opère. Sam Altman, le PDG d'OpenAI, reconnaît publiquement s'être trompé sur l'impact de l'IA sur l'emploi, affirmant que l'apocalypse de l'emploi n'aura pas lieu. Jensen Huang de Nvidia critique également les entreprises qui utilisent l'IA comme prétexte pour licencier. Peu après, OpenAI dépose son dossier S-1 auprès de la SEC, avec une valorisation de 852 milliards de dollars. Ce changement de discours semble parfaitement synchronisé avec les préparatifs de l'entrée en bourse, visant à rassurer les régulateurs, le public et les investisseurs.

Lors d'une conférence à Sydney, Sam Altman a déclaré qu'il était "ravi" de s'être trompé sur les prévisions apocalyptiques concernant l'emploi. Ce même jour, Jensen Huang, le patron de Nvidia, a qualifié de "paresseux" le discours des dirigeants qui licencient en invoquant l'IA. Deux semaines plus tard, OpenAI a déposé son S-1 à la SEC, révélant une valorisation de 852 milliards de dollars.

La peur comme moteur économique

Depuis l'apparition de ChatGPT, les dirigeants ont entretenu la peur d'une destruction massive d'emplois, affirmant que l'IA pourrait transformer 90 % des métiers. Cette peur a poussé des millions de travailleurs à investir dans des formations en IA, tandis que les entreprises se précipitaient pour adopter des solutions IA coûteuses. Les budgets de formation ont explosé, alimentant un marché florissant pour les prestataires IA. En réalité, cette peur était un produit soigneusement orchestré, et le public en était la cible.

Dario Amodei, rival de Sam Altman chez Anthropic, a évoqué une IA capable de transformer 90 % des emplois, alimentant ainsi une peur soigneusement entretenue. Cette peur a conduit des millions de salariés à investir dans des formations IA, tandis que les entreprises souscrivaient à des licences coûteuses pour ne pas prendre de retard.

Le revirement stratégique avant l'IPO

Avec l'approche de l'introduction en bourse, le discours change radicalement. Sam Altman se félicite de s'être trompé sur l'impact de l'IA sur l'emploi, un revirement qui semble calculé pour apaiser les craintes et séduire les investisseurs. Pendant ce temps, les chiffres révèlent une réalité différente : en mai 2026, 115 000 emplois ont été supprimés dans le secteur technologique, avec des entreprises comme Meta et Microsoft citant l'IA comme raison principale. Le contraste entre le discours apaisant et les suppressions d'emplois réelles soulève des questions sur les motivations derrière ces déclarations.

Le 26 mai 2026, Altman a déclaré qu'il était "ravi" de s'être trompé sur l'impact de l'IA sur l'emploi. Cependant, en mai 2026, 115 000 postes ont été supprimés dans la tech, avec Meta licenciant 8 000 personnes, Microsoft 8 750, et Cisco 4 000. Standard Chartered a également annoncé plusieurs milliers de licenciements en raison de l'IA.

Des valorisations stratosphériques malgré des pertes colossales

OpenAI affiche une valorisation de 852 milliards de dollars, malgré des pertes annuelles projetées de 14 milliards. La rentabilité n'est pas attendue avant 2029, voire 2030. En comparaison, lors de leur introduction en bourse, Meta et Uber avaient des valorisations bien inférieures et étaient proches de la rentabilité. Anthropic, avec une valorisation de 965 milliards, dépasse même OpenAI, soulignant une course effrénée vers des valorisations toujours plus élevées, sans garantie de rentabilité à court terme.

OpenAI est valorisée à 852 milliards de dollars, malgré des pertes projetées de 14 milliards en 2026. La rentabilité est attendue pour 2029 au mieux, voire 2030 selon les analystes les plus prudents. Le ratio cours sur ventes est de 65 fois les revenus 2025.

Un écosystème fermé et auto-entretenu

Les investissements massifs dans l'IA, estimés à 500 milliards de dollars en 2026, alimentent un écosystème où l'IA finance sa propre infrastructure. Les fonds investis servent à acheter des GPU chez Nvidia et de la puissance de calcul chez Microsoft, Amazon et Google. Cet écosystème fermé s'auto-alimente, chaque dollar investi renforçant la capacité de calcul qui justifie la valorisation, attirant ainsi de nouveaux investissements. La question cruciale est de savoir qui profite réellement de cette dynamique.

Les 500 milliards de dollars investis dans l'IA en 2026 vont principalement chez Nvidia pour les GPU, et chez Microsoft, Amazon et Google pour la puissance de calcul. Cet écosystème fermé valorise lui-même chaque dollar investi, justifiant ainsi la valorisation et attirant de nouveaux investissements.

Les promesses exagérées des nouveaux modèles IA

Les derniers modèles d'IA, bien qu'améliorés, continuent de faire ce qu'ils faisaient déjà, mais de manière plus efficace. Les progrès sont indéniables, mais ils ne représentent pas la révolution anthropologique souvent vantée. Le discours autour de l'IA, qui promet une transformation civilisationnelle, sert principalement à justifier des valorisations élevées qui ne reposent pas sur des fondamentaux financiers solides.

Les évolutions des modèles IA sont réelles, avec des améliorations notables dans le raisonnement et le codage. Cependant, ce n'est pas la révolution anthropologique annoncée, mais plutôt une optimisation industrielle. Le discours autour de l'IA sert à justifier des valorisations qui ne tiennent pas face à l'analyse des fondamentaux financiers.

Une bulle spéculative à la manière de 2000

La valorisation d'OpenAI repose sur une narration séduisante de superintelligence imminente et de croissance exponentielle. Cette situation rappelle la bulle internet de 2000, où des entreprises comme Pets.com atteignaient des valorisations astronomiques sans modèle économique viable. La différence avec OpenAI réside dans la réalité de la technologie, mais la valorisation elle-même reste discutable, surtout face à des géants comme Google et Microsoft qui peuvent rivaliser avec leurs propres ressources.

Comment une entreprise qui perd 14 milliards de dollars par an peut-elle valoir 852 milliards ? En vendant une histoire de superintelligence imminente et de croissance exponentielle. C'est le même mécanisme que la bulle internet de 2000, avec des valorisations basées sur des promesses plutôt que sur des fondamentaux solides.

Leçons d'un conte de colibri

L'histoire du colibri, qui tente d'éteindre un incendie avec des gouttes d'eau, illustre l'importance de la pensée critique face aux discours dominants. En acceptant sans questionner les narrations des entreprises technologiques, nous risquons de céder le pouvoir à l'IA. Chaque individu qui choisit de regarder les chiffres réels et de poser des questions critiques contribue à préserver une part essentielle de discernement. La technologie est puissante et utile, mais elle ne doit pas être acceptée aveuglément au détriment de l'analyse rationnelle.

Ma fille de 8 ans m'a raconté l'histoire du colibri qui tente d'éteindre un incendie avec des gouttes d'eau. Cette histoire illustre l'importance de ne pas abdiquer notre pensée critique face aux discours des entreprises technologiques. Chaque individu qui questionne les chiffres et refuse de céder au discours dominant contribue à préserver notre discernement face à l'IA.

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