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Prudence recommandée par Apollo face à l'engouement pour l'IA
Jim Zelter, président d'Apollo Global Management, a récemment exprimé ses réserves quant à l'optimisme ambiant autour des investissements en intelligence artificielle (IA). Selon lui, bien que l'IA soit en passe de transformer l'économie, les bénéfices pour les investisseurs ne sont pas garantis. Zelter a fait ces déclarations lors du podcast "Exchanges" de Goldman Sachs, publié jeudi.
Le secteur technologique connaît actuellement un boom des dépenses en IA, ce qui rend les entreprises plus gourmandes en capital. Cependant, Zelter prévient que cet enthousiasme pourrait se transformer en engouement irrationnel. Les entreprises investissent des trillions de dollars dans l'IA, mais les investisseurs devraient rester prudents quant aux retours attendus.
Des investissements massifs mais incertains
Lors de son intervention, Zelter a souligné que, bien que l'IA promette une utilité massive, les retours économiques pour les investisseurs restent flous. Il a comparé cette situation à d'autres révolutions technologiques passées, comme celle des téléphones portables.
Zelter a également évoqué le besoin croissant en infrastructures, estimant que les centres de données américains pourraient nécessiter entre 5 000 et 6 000 milliards de dollars dans les cinq prochaines années. Il a précisé que cette transformation des entreprises, de légères en actifs à lourdes, soulève des questions sur les bénéfices réels pour les actionnaires.
Risques et opportunités pour les investisseurs
Pour Apollo, ce cycle de dépenses représente une opportunité de financement, mais qui doit être abordée avec discipline. Zelter a insisté sur le fait que les investissements à risque plus élevé doivent être compensés de manière adéquate, et que les prêteurs doivent s'assurer de solides protections contre les baisses. Il a également mentionné que les investisseurs ne devraient pas traiter le risque équivalent à celui des actions comme s'il s'agissait d'une exposition sûre à revenu fixe.
D'autres voix influentes partagent ces préoccupations. En décembre, Howard Marks d'Oaktree Capital Management a critiqué la "mentalité de ticket de loterie" des investisseurs en IA, tandis qu'en février, Steve Hanke a qualifié l'IA de "surévaluée et potentiellement dangereuse" lors d'une interview.
Enquête sur la perception des PDG
Une enquête menée par KPMG aux États-Unis révèle que trois quarts des PDG de grandes entreprises estiment que l'IA générative a été surévaluée l'année dernière. Malgré cela, près de 80 % des PDG interrogés prévoient d'allouer au moins 5 % de leur capital à l'IA cette année, soulignant un intérêt persistant pour le potentiel disruptif de cette technologie.



