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Une augmentation spectaculaire des morceaux IA sur Deezer
Deezer, l'un des leaders du streaming musical, est confronté à une vague massive de musique générée par intelligence artificielle. Actuellement, 44 % des téléchargements quotidiens sur la plateforme proviennent de l'IA, représentant environ 75 000 nouveaux morceaux chaque jour. Ce chiffre a explosé par rapport à l'année précédente, où seulement 10 000 morceaux IA étaient ajoutés quotidiennement.
Pour faire face à cette situation, Deezer a mis en place un outil de détection breveté capable d'identifier et d'étiqueter les morceaux générés par des modèles IA populaires tels que Suno et Udio. Depuis janvier 2025, cet outil a permis de signaler plus de 13,4 millions de morceaux IA. Deezer a également commencé à licencier cette technologie à d'autres entreprises du secteur musical, renforçant ainsi sa position de pionnier dans la détection de musique IA.
Les défis de la détection et de l'étiquetage
Une enquête commandée par Deezer et réalisée par Ipsos, impliquant 9 000 participants, a révélé que 97 % des personnes testées n'ont pas pu distinguer la musique générée par IA de celle créée par des humains lors d'un test à l'aveugle. Malgré cette difficulté, 80 % des répondants ont exprimé le souhait que les morceaux IA soient clairement étiquetés, et 52 % préfèrent qu'ils ne figurent pas dans les classements réguliers.
Deezer a pris des mesures pour limiter l'impact de la musique IA sur sa plateforme. Les morceaux détectés sont retirés des recommandations algorithmiques et des playlists éditoriales. En conséquence, la musique IA ne représente que 1 à 3 % des écoutes totales sur Deezer. Cependant, 85 % de ces écoutes proviennent de bots, utilisés pour manipuler les flux et siphonner des redevances.
Réactions de l'industrie face à la fraude au streaming
La fraude au streaming alimentée par l'IA est devenue un problème sérieux. Un cas notable aux États-Unis a vu un homme de Caroline du Nord plaider coupable d'avoir utilisé des morceaux IA et des bots pour collecter plus de huit millions de dollars en redevances. Cette affaire illustre à quel point la manipulation des flux peut être lucrative.
Face à ces défis, l'industrie musicale réagit de diverses manières. Bandcamp a interdit la musique générée par IA sur sa plateforme, tandis qu'Apple Music mise sur des étiquettes de transparence volontaires, où les labels et distributeurs sont censés signaler eux-mêmes le contenu IA. Par ailleurs, une enquête de Rolling Stone a révélé que certains producteurs et auteurs-compositeurs utilisent discrètement des générateurs IA, craignant une réaction négative du public. Mikey Shulman, PDG de Suno, a comparé son outil à l'« Ozempic » de l'industrie musicale : largement utilisé mais rarement évoqué publiquement.



