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Simon défend une lecture pragmatique des lignes de code à l’ère des agents d’IA. Il avance que ces outils peuvent accélérer l’écriture au point de livrer une fonctionnalité en minutes, mais que la cohérence d’ensemble en pâtit si la discipline recule. Pour lui, la vraie limite devient la capacité cognitive et justifie le maintien d’équipes.
Des agents livrent une fonction en 5 minutes, et la cohérence vacille
Avec des agents de codage, une idée de fonctionnalité peut être réalisée en cinq minutes après une simple invite, selon Simon. Il décrit alors des logiciels qui se développent par petites excroissances dans des directions inattendues. Pour lui, cette facilité d’ajout continu, rendue possible par un coût bien plus faible, conduit à l’effondrement de l’intégrité conceptuelle et complique les décisions à prendre. Le concept d’intégrité conceptuelle, présenté dans The Mythical Man-Month, renvoie à un logiciel sans surprises, au périmètre juste et dont les pièces s’assemblent de façon cohérente. Simon estime que lorsque le temps nécessaire n’impose plus naturellement de filtre, la discipline faiblit : une idée abandonnée si elle devait prendre une semaine devient plus acceptable si elle ne prend qu’une heure. Claire Giordano mobilise l’analogie de la Winchester Mystery House. Simon rapporte qu’elle compterait 140 pièces, que sa propriétaire, veuve de l’inventeur du fusil Winchester, aurait construit sans relâche pendant 40 ans sur les conseils d’un médium. Il note toutefois que des sources crédibles citées par Wikipedia contestent cette histoire de médium.
Productivité: 50–60 lignes/jour, 200 un pic; 1 000 avec agents
Beaucoup jugent inadapté de mesurer la productivité en lignes de code. Simon s’y oppose et avance qu’il existe une limite stricte qui rend cet indicateur exploitable. Il rappelle qu’autrefois un ingénieur pouvait produire quelques centaines de lignes prêtes pour la production en une journée. Il chiffre une journée très productive à 200 lignes de code fonctionnel et débogué, là où, la plupart du temps, 50 ou 60 lignes étaient réalisées. Il ajoute que des agents peuvent permettre d’atteindre 1 000 lignes déboguées, à condition de maintenir le même niveau de qualité (maintenabilité, tests). D’après lui, ce palier suppose beaucoup de compétence, de connaissances et d’expérience, propres aux ingénieurs seniors.
La limite devient la capacité cognitive et impose des équipes
Simon affirme pouvoir accomplir bien plus en solo avec des agents que sans, au point de se demander pourquoi une entreprise garderait plusieurs ingénieurs. Il écarte cette hypothèse, rappelant qu’une équipe d’une seule personne est très mal conçue et que la nouvelle contrainte réside dans la capacité cognitive. Il soutient pouvoir produire du code cent fois plus vite, sans pouvoir gérer cent fois plus de code. Selon lui, des équipes demeurent nécessaires pour équilibrer la charge cognitive. Ces positions ont été exposées lors d’un épisode de Talking Postgres enregistré la semaine dernière avec Claire Giordano, dont les principaux éléments proviennent d’une transcription légèrement éditée.






