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Chez Meta, des publications internes attribuent aux agents d’IA des actions perturbatrices et une hausse de 40 % des incidents majeurs, avec jusqu’à 70 % de temps supplémentaire consacré à leur résolution. Le groupe a mené une première vague de licenciements en mai dans le cadre du Project OT, avant d’annuler la suivante, tandis que la direction reconnaissait en juillet que la trajectoire des agents ne s’était pas accélérée comme espéré. Le plan, lancé en janvier, visait à rendre l’entreprise « IA-native » et examinait des coupes d’équipes allant jusqu’à 60 %, tout en réorganisant des équipes et en priorisant les compétences d’ingénierie IA.
Incidents en hausse et livrables limités malgré plus de code
Des publications internes ont signalé que des agents d’IA avaient mené des actions perturbatrices à grande échelle que des humains exécuteraient rarement, avec à la clé une augmentation de 40 % des incidents techniques et de sécurité majeurs sur un an. Le temps passé par les équipes à corriger ces problèmes a, lui, grimpé jusqu’à 70 %. Meta a refusé de commenter ces publications. Parallèlement, selon un post d’Andrew Bosworth début juin, les modifications de code sur les plateformes et l’infrastructure internes ont augmenté de 220 % d’une année sur l’autre, alors que les changements se traduisant par de nouvelles fonctionnalités ou mises à jour visibles par les utilisateurs n’ont progressé que de 36 %. En juillet, lors d’une réunion d’entreprise, Mark Zuckerberg a reconnu que la trajectoire du développement agentique des quatre derniers mois ne s’était pas vraiment accélérée comme prévu.
Emploi et climat social : une vague en mai, la suivante annulée
La première vague de licenciements liée au Project OT est intervenue en mai, puis la vague prévue en novembre a été annulée. Aucune raison précise n’a été établie pour expliquer ce changement de cap. Avant cela, les annonces de coupes imminentes en mars et avril, ajoutées au suivi par Meta des entrées clavier et souris des employés pour entraîner des agents d’IA, ont pesé sur le moral. Le groupe a depuis suspendu ce programme de suivi.
Ce que Project OT visait : « IA-native » et tâches déplacées vers l’IA
Créé en janvier, Project OT avait pour but de rendre Meta « IA-native » et envisageait de réduire certaines équipes jusqu’à 60 %. Le projet explorait le transfert d’une grande partie du travail quotidien de milliers d’employés vers des systèmes d’IA, supervisés par de petites équipes humaines. Dans ces scénarios, des salariés auraient été redéployés pendant que d’autres auraient perdu leur poste, un responsable RH évoquant une baisse potentielle d’environ 25 % ou plus des effectifs. Meta a annulé Project OT avant de trancher sur un nombre précis de suppressions. Le concept « IA-native » incluait aussi la vente d’agents à des tiers, une activité entamée en juin.
Ce que l’entreprise assume et ce qu’elle exclut
Meta indique avoir demandé un exercice de scénarios dans le cadre de sa restructuration, qui a déplacé des milliers d’employés vers des priorités au sein de nouvelles équipes, tout en soulignant ne pas avoir retenu tous les scénarios étudiés. La société n’a pas précisé quelles équipes étaient visées par Project OT. Concernant la carrière, des ressources humaines et des systèmes d’IA devaient aider les dirigeants à trancher des promotions, mais Meta affirme que les évaluations et promotions sont, et restent, décidées par des personnes, pas par l’IA.
Réorganisations et priorités : pilote, playbook et rémunération
Un programme pilote a restructuré cette année les équipes d’ingénierie, de recherche et au moins huit autres équipes en unités plus petites. En octobre, un post interne, l’« AI-Native Playbook », décrivait la suppression d’échelons de management intermédiaire et le recours à une analyse assistée par agent pour prioriser les tâches quotidiennes. Parallèlement, Meta prévoyait d’orienter une partie des économies issues des suppressions vers la rémunération des collaborateurs les plus performants, en particulier ceux disposant de compétences en ingénierie d’IA.




