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Un mathématicien de New York accuse OpenAI d’avoir monté une preuve concurrente sur Navier-Stokes et d’avoir exigé l’exclusion d’un coauteur employé par Anthropic. Des questions persistent sur l’usage des données Codex, tandis qu’un collectif rappelle les règles de traçabilité des preuves produites avec l’IA.
Données Codex par défaut et traçabilité des preuves en question
Selon la documentation d’OpenAI, les contenus des comptes individuels sur ChatGPT et Codex servent par défaut à entraîner les modèles, sauf désactivation explicite, tandis que les comptes professionnels et l’accès par API ne sont pas utilisés par défaut à cette fin. Interrogé, Sebastian Bubeck n’a pas précisé si les échanges Codex du duo de chercheurs avaient pu aider son équipe. En parallèle, des mathématiciens de Cambridge, Oxford, Columbia et de l’ETH Zurich ont signé la déclaration de Leiden, un texte de onze pages qui alerte sur les risques pour la discipline et pointe un défaut récurrent : les éditeurs d’IA ne mentionnent pas toujours les travaux humains antérieurs à l’origine des démonstrations, rendant des vérifications indépendantes difficiles.
Ultimatum, retrait demandé et échanges téléphoniques sous tension
Le 6 septembre, Tristan Buckmaster et Sebastian Bubeck se sont parlé à plusieurs reprises après avoir fixé un rendez-vous à 12 h 45. Buckmaster a découvert l’existence d’un texte d’environ cent pages intitulé « Existence of forced blowup in R3 and T3 ». Deux options lui ont été présentées : une publication dès le lendemain par OpenAI, ou la rédaction par Buckmaster d’un article seul sur la preuve d’OpenAI, sans Levent Alpöge dans la liste des auteurs. Bubeck a explicitement demandé l’exclusion d’Alpöge au motif de son emploi chez Anthropic, déclarant notamment vouloir son retrait et jugeant agaçant qu’il travaille pour un concurrent. Après le refus de Buckmaster, le ton est monté, avec les formules « Pourquoi ruinerais-tu ta carrière ? » et « si tu ne veux pas que je sois gentil, je n’ai pas à l’être ». Sollicité pour un nouvel appel le lendemain, Buckmaster n’a pas donné suite et a publié sa version des faits sur le site de son université.
La piste scientifique et le calendrier de la preuve concurrente
L’équation de Navier-Stokes, qui décrit le mouvement des fluides, demeure sans preuve complète de son comportement dans l’espace depuis un siècle et demi. Elle figure parmi les sept problèmes du prix du millénaire, dotés chacun d’un million de dollars par l’institut Clay. Depuis la mi-août, Tristan Buckmaster et Levent Alpöge travaillaient, avec l’aide de Codex, sur une piste précise. Le 3 septembre, après avoir eu connaissance d’une rumeur concernant une découverte chez Anthropic, Buckmaster a pris contact avec Sebastian Bubeck. Trois jours après, Sebastian Bubeck a fait savoir que son équipe avait produit en quelques jours une preuve concurrente, matérialisée par un manuscrit d’environ cent pages.
Position d’OpenAI : démenti, modèle Astra et coût annoncé
Sebastian Bubeck, responsable de la recherche mathématique chez OpenAI, a rejeté les accusations en les qualifiant de « fausses et inflammatoires », tout en assurant avoir suivi les standards académiques et en indiquant qu’une déclaration plus détaillée serait publiée dans les jours à venir. OpenAI met en avant Astra, son modèle interne, auquel la société reconnaît dix progrès en mathématiques, parmi lesquels la révision d’une borne sur l’empilement de sphères inchangée depuis 1978. Selon l’entreprise, ce modèle aurait consommé pour 2 000 dollars de jetons, sans compter la phase d’entraînement ni le travail des chercheurs.






