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New York suspend les permis pour les centres de données IA
Le gouverneur de New York, Kathy Hochul, a pris une décision historique en signant un décret exécutif qui suspend l'émission de nouveaux permis de construire pour les centres de données hyperscale dans l'État. Ce gel, premier du genre aux États-Unis, pourrait durer jusqu'à un an. L'objectif est de donner à l'État le temps nécessaire pour élaborer un cadre réglementaire rigoureux qui protège les consommateurs, l'environnement, le réseau électrique et les communautés locales.
Dans une déclaration officielle, le gouverneur Hochul a exprimé ses préoccupations concernant l'impact potentiel des centres de données sur les factures d'électricité, les ressources naturelles et la stabilité pour les habitants de New York. Elle a affirmé que l'État de New York se devait de prendre les devants en établissant les normes les plus strictes du pays pour le développement de ces infrastructures.
Une tendance qui pourrait s'étendre
L'initiative de New York pourrait inspirer d'autres États à suivre le même chemin. Actuellement, des législateurs dans 15 États ont proposé des pauses, temporaires ou permanentes, à la construction de centres de données. Cependant, plusieurs de ces propositions n'ont pas réussi à obtenir le soutien législatif nécessaire. Par exemple, dans le Maine, bien que la législature ait adopté un moratoire, celui-ci a été rejeté par la gouverneure Janet Mills.
Le décret de New York cible spécifiquement les centres de données hyperscale, qui sont utilisés pour des tâches d'entraînement ou d'inférence en intelligence artificielle. Contrairement aux centres de données traditionnels qui peuvent héberger des centaines de serveurs, ces installations hyperscale peuvent en contenir des dizaines de milliers, entraînant une consommation disproportionnée des ressources locales en eau et en électricité.
Investissements et législations en vue
Le gouverneur Hochul a également demandé au Department of Public Service de New York d'envisager la création d'un New York Grid Acceleration Fund. Ce fonds obligerait les centres de données à investir dans l'amélioration de l'infrastructure vieillissante du réseau électrique de l'État. En parallèle, elle poursuit des législations pour annuler les exonérations fiscales sur les ventes pour les centres de données hyperscale.
Les centres de données existants poursuivent leurs activités
Le moratoire d'un an ne concerne que les nouveaux centres de données hyperscale. Les constructions déjà autorisées pourront se poursuivre. De plus, certaines installations de recherche et éducatives, qui consomment moins d'énergie, ne sont pas affectées par cette suspension, selon des informations de Politico.
Actuellement, New York compte 133 centres de données en activité, avec des concentrations notables à New York City et Buffalo. Comparativement, des États comme la Virginie et le Texas ont construit bien plus de centres de données, représentant près d'un quart de l'infrastructure nationale des centres de données IA.
Opposition croissante des Américains
Les préoccupations concernant la prolifération des centres de données hyperscale ne cessent de croître à travers le pays. En Virginie, des rapports indiquent que les générateurs à combustibles fossiles utilisés sur place pourraient causer des dommages sanitaires évalués à des dizaines de millions de dollars chaque année. Des images de smog noir émanant de ces installations ont récemment fait la une lors d'une vague de chaleur qui a mis à l'épreuve le réseau électrique de l'État.
Ces problèmes ont alimenté la résistance locale contre la construction de centres de données. Un sondage du Siena Research Institute a révélé que la majorité des résidents de l'État de New York soutenaient le moratoire d'un an imposé par Hochul. La sénatrice de l'État de New York, Kristen Gonzalez, a souligné que la technologie devrait améliorer la vie des gens sans compromettre l'environnement ou augmenter les coûts énergétiques.
Un rejet national des centres de données
Les chiffres de New York reflètent une tendance nationale : indépendamment des affiliations politiques, la plupart des Américains ne souhaitent pas voir de centres de données s'installer près de chez eux. Un sondage Gallup a révélé qu'environ 71 % des Américains s'opposent à la construction de ces infrastructures dans leur région. Ce rejet est même plus prononcé que celui des centrales nucléaires.
Bien que certains gouvernements d'État hésitent à légiférer contre la construction de centres de données IA, ou aient même opposé leur veto à des moratoires proposés, de nombreuses communautés locales se mobilisent pour repousser ces installations.
Les défis fédéraux et l'avenir des régulations
Le décret exécutif de New York représente une victoire significative pour les opposants aux centres de données, mais les obstacles demeurent. L'ancien président Donald Trump avait soutenu l'industrie de l'IA en cherchant à réduire les réglementations qu'il jugeait encombrantes pour favoriser les grandes entreprises du secteur.
En décembre, Trump avait émis un décret exécutif visant à limiter les régulations d'État et à instaurer un cadre fédéral unique pour les entreprises d'IA. Il avait menacé de couper les financements pour le haut débit des États qui insistaient sur des régulations plus strictes. Bien que plusieurs délais sous ce décret soient passés sans action de l'administration Trump, la menace d'une opposition fédérale plane toujours sur les gouvernements des États envisageant des moratoires similaires à celui de New York.




