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L’administration de Zohran Mamdani met en pause pour un an les plateformes d’IA destinées aux élèves des écoles publiques élémentaires et des collèges. La mesure, présentée comme temporaire et la plus complète du pays, arrive après des mois de pressions de parents aux visions opposées. Le dispositif encadre toutefois des usages pour les enseignants et le lycée, tandis que les réactions, des associations aux éditeurs de logiciels, restent contrastées.
Une pause dite temporaire et la plus complète, sous critiques et appuis
Des responsables municipaux ont insisté mercredi sur le caractère temporaire de la mesure, le temps d’évaluer l’impact de l’IA sur la capacité d’apprentissage des enfants. Zohran Mamdani a, lui, décrit le moratoire comme le plus complet de son genre dans le pays. Kaliris Salas-Ramirez, neuroscientifique et professeure associée à Rutgers, soutient la pause et avance que des recherches suggèrent qu’une exposition précoce aux outils d’IA peut freiner le développement des compétences de résolution de problèmes, en ne permettant pas une consolidation complète des informations au cours des années formatrices. À l’inverse, Keri Rodrigues considère l’interdiction comme une réaction hystérique qui risque de mal préparer les élèves à un marché de l’emploi valorisant l’IA, tout en rappelant qu’elle voit une place pour ces outils avec une forte supervision humaine et en dehors de fonctions comme la notation, le conseil ou la discipline. Elle juge la politique relevant du marteau-pilon plutôt que du scalpel, et réclame une approche fondée sur des preuves et des données, dans un contexte national d’examen public des usages de l’IA générative et de plaintes d’éducateurs sur la triche.
Ce que prévoit le moratoire et les usages encore autorisés
Annoncé mercredi, le moratoire d’un an concerne les plateformes d’IA destinées aux élèves des écoles publiques de New York pour l’élémentaire et le collège. Dans ce cadre, le programme Amira devra désactiver ses fonctionnalités d’IA. Les nouvelles directives autorisent les enseignants à recourir à des outils d’IA générative pour préparer des leçons, mais excluent leur emploi pour la notation des devoirs. Les lycéens suivront des cours de littératie en IA et disposeront d’un accès limité à cinq programmes pilotes, sans chatbot. Selon un porte-parole des écoles publiques de New York, l’élaboration de cette politique a impliqué des éducateurs, des élèves, des parents, des défenseurs, des partenaires syndicaux, des experts et d’autres membres de la communauté.
Des mobilisations parentales aux positions opposées, des réunions et des demandes
Pendant des mois, deux camps de parents aux vues divergentes ont fait pression sur l’administration de Zohran Mamdani, l’un jugeant l’IA nocive pour le développement des enfants, l’autre la considérant indispensable pour l’employabilité future. La coalition AIM, opposée à l’IA, a tenu deux réunions avec le chancelier des NYCPS Kevin Samuels et a également échangé avec le bureau du maire, affirmant avoir changé la conversation. Ses membres décrivent une surprise face à l’ampleur des usages en classe, des craintes sur la collecte de données par des entreprises d’IA et la volonté d’éviter que des chatbots remplacent les enseignants; ils saluent le moratoire, tout en rappelant qu’ils demandaient deux ans. Liat Olenick évoque des parents déconcertés, certains découvrant que leur enfant de 7 ans utilisait de l’IA sans qu’ils aient donné leur accord, et précise que la campagne pour un moratoire a démarré plus tôt cette année. En face, Keri Rodrigues, de la National Parents Union, soutient l’IA à l’école et souligne que, sur les six derniers mois, les références aux compétences en IA dans les offres d’emploi américaines ont plus que doublé, estimant que les parents veulent que leurs enfants sachent l’utiliser. La position annoncée s’aligne, pour l’instant, sur les demandes du camp anti-IA.
Dans les classes: un père découvre l’usage d’un chatbot avec sa fille de 5 ans
Craig Garrett a appris lors d’une réunion de district que sa fille de 5 ans parlait quotidiennement à un chatbot d’IA en classe, via une tablette avec casque et micro et un personnage animé. Il dit avoir été horrifié, choqué et déçu; la réunion de mai a, selon lui, radicalisé de nombreux parents. Garrett a rejoint la coalition AIM et se dit désormais soulagé que l’application Amira soit moins utilisée, jugeant que l’outil ne faisait rien que les enseignants ne puissent faire.
Des éditeurs réagissent: Edia salue la pause, Amira défend son utilité
Joe Philleo, PDG d’Edia, l’un des programmes autorisés au lycée, a salué sur X la pause d’un an en la qualifiant d’équilibrée, rappelant que les jeunes enfants ne devraient pas passer leurs journées devant des écrans. Mark Angel, PDG d’Amira, défend son logiciel comme un outil au service des enseignants et apprécie que New York veille à maintenir l’accès aux fonctionnalités utilisées pour diagnostiquer les difficultés de lecture et améliorer la littératie, tandis que les fonctions d’IA pour les élèves doivent être désactivées dans le cadre du moratoire.






