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Une génération sous pression
Depuis près de trois ans, la Silicon Valley promeut avec insistance les chatbots basés sur des modèles de langage comme ChatGPT, les présentant comme une évolution inévitable. Cependant, la Génération Z ressent cette pression de manière particulièrement intense. Bien qu'ils soient parmi les plus grands utilisateurs de ces technologies, les jeunes de cette génération participent également à un mouvement culturel de rejet de l'IA.
Des préoccupations profondes
Les jeunes s'inquiètent de l'impact de l'IA sur les relations humaines et la communication. Meg Aubuchon, une enseignante d'art de 27 ans à Los Angeles, préfère éviter les chatbots, même si cela implique de choisir une carrière moins lucrative. Cette génération se trouve face à une contradiction : on leur dit que les outils d'IA vont supprimer des emplois, mais qu'ils doivent les utiliser pour ne pas être laissés pour compte. Après avoir déjà perdu des années de jeunesse à cause de la pandémie, ils naviguent dans un monde saturé de technologies IA.
Une résistance croissante
Sharon Freystaetter, 25 ans, ancienne ingénieure en infrastructure cloud, a quitté son emploi en raison de préoccupations éthiques et environnementales liées à l'IA. Elle évite désormais les chatbots et désactive les fonctionnalités d'IA dans ses applications. Elle observe que, hormis ses amis travaillant dans l'informatique, son entourage partage cette opposition à l'IA. Les jeunes adultes craignent que les chatbots nuisent à la pensée critique et aux compétences sociales. Une étude de Harvard-Gallup indique que 74 % des jeunes adultes aux États-Unis utilisent un chatbot au moins une fois par mois, mais 79 % s'inquiètent que l'IA rende les gens plus paresseux.
Un avenir incertain
Les opinions de la Génération Z sur l'IA sont à un niveau historiquement bas. Seuls 18 % se disent optimistes quant à la technologie, une baisse par rapport à 27 % l'année précédente. De plus, 50 % des travailleurs de cette génération estiment que les risques de l'IA surpassent ses avantages. Les universités tentent d'intégrer l'IA dans leurs programmes, mais les jeunes diplômés se plaignent de la difficulté à naviguer sur un marché du travail où les outils d'automatisation filtrent leurs candidatures de manière opaque.
Un rejet de l'IA dans l'éducation
Des étudiants de l'Université de Pennsylvanie critiquent l'adoption des chatbots par leur administration, affirmant que cela dégrade l'éducation. Ils soutiennent que l'IA corrompt les espaces de la pensée humaine. Les craintes que les chatbots entraînent une perte de compétences de pensée critique sont répandues. Une étude du MIT Media Lab a montré que l'utilisation d'outils d'IA diminue l'activité cérébrale lors de l'écriture d'essais.
Une prise de conscience des dangers
Bien qu'ils utilisent les outils d'IA, les jeunes sont conscients des dangers, notamment la tendance des chatbots à "halluciner" des informations. Ils semblent plus réalistes quant aux capacités réelles de ces outils, souvent exagérées par des figures comme Sam Altman d'OpenAI. La Génération Z montre qu'elle est consciente des limites de l'IA et des risques qu'elle représente pour leur avenir, tant professionnel que personnel.


