Brief IA : Taylor Swift défie les imitateurs IA avec des marques déposées

Taylor Swift défie les imitateurs IA avec des marques déposées

Brief IA
Tom Levy·4 min·1 vues

Taylor Swift a déposé des demandes de marque pour protéger les phrases emblématiques "Hey, c'est Taylor Swift" et "Hey, c'est Taylor" afin de se défendre contre les imitateurs d'IA. Ces demandes, soumises par TAS Rights Management, incluent des extraits audio de la chanteuse et soulignent les défis juridiques liés à la technologie et à la propriété intellectuelle. La bataille de Swift pourrait influencer l'application des droits d'auteur à l'ère de l'IA.

En bref
1Taylor Swift a déposé des demandes de marque pour protéger des phrases clés contre les imitateurs IA.
2Les marques incluent des phrases audio et une image emblématique de Swift sur scène.
3Les experts juridiques sont partagés sur l'efficacité de ces marques pour contrer l'IA.
💡Pourquoi c'est importantLes artistes cherchent de nouveaux moyens juridiques pour protéger leur identité face à l'essor des technologies d'imitation IA.
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Taylor Swift renforce sa défense contre l'IA

Depuis plusieurs années, Taylor Swift se retrouve au centre des débats concernant l'imitation par l'intelligence artificielle. Aujourd'hui, elle intensifie ses efforts pour se protéger de ces imitations, devenant ainsi la dernière célébrité à prendre des mesures juridiques dans ce domaine. La confrontation entre les systèmes juridiques traditionnels et les avancées technologiques s'avère complexe, et les démarches de Swift pourraient rencontrer des obstacles.

Des marques déposées pour des phrases emblématiques

La semaine dernière, l'équipe de Taylor Swift a soumis des demandes de marque déposée pour deux phrases distinctes : "Hey, c'est Taylor Swift" et "Hey, c'est Taylor". Ces demandes, déposées par TAS Rights Management au nom de la chanteuse, incluent des extraits audio où Swift prononce ces phrases dans le cadre de la promotion de son dernier album. Dans l'un de ces extraits, elle déclare : "Hey, c'est Taylor Swift, et vous pouvez écouter mon nouvel album The Life of a Showgirl à la demande sur Amazon Music Unlimited." De plus, une demande de marque a été faite pour une photo de Swift sur scène, la montrant avec une guitare rose, une sangle noire, un body irisé multicolore et des bottes argentées.

La menace des deepfakes et de la musique générée par l'IA

Bien que l'équipe de Swift n'ait pas explicitement mentionné que ces marques visaient à se protéger contre l'IA, cela semble probable étant donné son expérience passée avec cette technologie. En effet, Swift a été confrontée non seulement à la menace de la musique générée par l'IA, mais aussi à une prolifération de deepfakes à caractère sexuel.

Les limites du droit d'auteur face à l'IA

Historiquement, les artistes ont utilisé le droit d'auteur pour protéger leurs créations musicales. Cependant, l'émergence de morceaux générés par l'IA complique la défense de leur travail et de leur image. Le droit d'auteur protège la chanson elle-même, mais pas la voix de l'artiste. Les équipes juridiques doivent donc innover, comme l'a fait Universal Music Group (UMG) en demandant le retrait d'une chanson générée par l'IA de Drake, en se basant sur le tag du producteur Metro Boomin présent au début.

Les marques comme nouvelle arme juridique

Selon Josh Gerben, avocat spécialisé en propriété intellectuelle, les marques pourraient combler le vide laissé par l'imitation générée par l'IA. Plutôt que de cibler uniquement des reproductions exactes, Swift pourrait contester des imitations "confusément similaires". La photo de Swift pourrait également servir à lutter contre des images générées par l'IA. Plus tôt cette année, Matthew McConaughey a lui aussi obtenu des marques pour des extraits vidéo de lui-même, incluant sa célèbre phrase "Alright, alright, alright", pour se protéger contre l'IA.

Des avis partagés sur l'efficacité des marques

Cependant, Alexandra Roberts, professeur de droit et de médias à l'Université Northeastern, exprime son scepticisme quant à la capacité de l'extrait audio soumis par Swift à prouver une utilisation en tant que marque, plutôt qu'une simple phrase dans un message plus long. Typiquement, une soundmark se réfère à des éléments comme les carillons de NBC ou le rugissement du lion de MGM, utilisés de manière isolée au début de chaque émission ou film. Si l'USPTO émet des refus préliminaires, l'équipe de Swift pourra fournir d'autres spécimens pour mieux répondre aux exigences.

Un outil parmi d'autres pour contrer l'IA

Les marques déposées par Swift pourraient devenir un outil juridique supplémentaire dans sa lutte contre les imitateurs IA, même si leur statut légal reste incertain. Xiyin Tang, professeur de droit à l'Université de Californie à Los Angeles, explique que ces marques pourraient dissuader les contrefacteurs moins sophistiqués en les orientant vers un enregistrement fédéral, espérant que cela les convaincra d'arrêter, même si l'enregistrement fédéral ne tiendrait pas nécessairement en justice.

D'autres voies légales à explorer

L'équipe de Swift pourrait également explorer d'autres voies, comme les lois sur le droit de la publicité adoptées dans certains États, permettant aux individus de poursuivre pour l'utilisation abusive de leur nom ou image. Les artistes peuvent aussi s'appuyer sur la loi fédérale pour lutter contre la publicité mensongère et les endorsements. "Swift dispose de nombreuses marques déposées pour son nom, elle peut donc engager des poursuites pour contrefaçon de marque fédérale si son nom est utilisé de manière à créer une confusion", précise Roberts.

Un cadre légal encore limité

Actuellement, seul le Tennessee a adopté une loi spécifique aux imitateurs générés par l'IA de la voix d'un artiste. Même l'outil de détection des deepfakes de YouTube, qui permet aux célébrités, politiciens, journalistes et créateurs de supprimer des imitateurs IA, s'applique uniquement aux visages. En l'absence d'un cadre plus large pour les imitateurs sonores IA, des artistes comme Swift espèrent que le droit des marques pourra les aider à se protéger contre les imitateurs IA qui ciblent non seulement leur apparence, mais aussi leur voix.

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