Brief IA : Trump défie les États sur la régulation de l'IA

Trump défie les États sur la régulation de l'IA

Brief IA
Tom Levy·7 min·2 vues

L'administration Trump a présenté un plan législatif en sept points pour la régulation de l'IA, visant à limiter les régulations fédérales et à interdire aux États d'interférer avec la stratégie nationale d'IA. Ce plan inclut des protections pour les mineurs utilisant des services d'IA et des mesures pour éviter l'augmentation des coûts d'électricité liés à l'IA, ce qui pourrait redéfinir le paysage réglementaire de l'IA aux États-Unis.

En bref
1L'administration Trump propose un plan en sept points pour limiter la régulation de l'IA par les États.
2Le plan encourage la protection des mineurs et la vérification de l'âge sur les plateformes d'IA.
3Près de 40 procureurs généraux s'inquiètent de l'abrogation des lois locales sur la sécurité des enfants.
💡Pourquoi c'est importantCe plan pourrait centraliser la régulation de l'IA aux États-Unis, limitant l'autonomie des États et influençant le développement technologique.
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L'analyse en français

Un plan fédéral pour l'IA : les grandes lignes de l'administration Trump

L'administration Trump a récemment mis en avant un plan législatif ambitieux pour la régulation de l'intelligence artificielle (IA), structuré autour de sept points clés. Ce plan souligne l'importance de minimiser l'implication des États dans la régulation de l'IA, tout en promouvant une approche fédérale visant à établir une domination mondiale dans ce domaine. L'un des principaux objectifs est de garantir la sécurité des enfants, tout en limitant les régulations étatiques qui pourraient entraver cette stratégie nationale.

Le document recommande au Congrès de mettre en œuvre des mesures de protection spécifiques pour les mineurs utilisant des services d'IA. Cela inclut des initiatives pour éviter que l'infrastructure liée à l'IA n'entraîne une augmentation des coûts de l'électricité. Le plan insiste également sur l'importance de développer les compétences des jeunes pour qu'ils puissent s'adapter aux outils d'IA, bien que les détails de ces initiatives restent vagues. En outre, le document préconise une approche prudente concernant l'utilisation de matériaux protégés par des droits d'auteur pour l'entraînement des modèles d'IA, tout en maintenant une pression pour limiter la capacité des États à légiférer individuellement sur ces questions.

La législation en attente de validation par le Congrès

Il est crucial de noter que ce plan ne prendra effet que si le Congrès décide de l'adopter et de le transformer en loi. Parmi les propositions, le plan encourage l'adoption de lois similaires à la Take It Down Act, qui interdit la création et la diffusion de contenus intimes générés par l'IA sans consentement. Cette loi impose aux plateformes de retirer rapidement de tels contenus. Le document soutient également la mise en place de vérifications d'âge, en suggérant que le Congrès établisse des exigences raisonnables et respectueuses de la vie privée pour les plateformes accessibles aux mineurs.

La question de la vérification de l'âge est particulièrement sensible, touchant à des préoccupations de surveillance et de protection de la vie privée. Le plan propose aussi de limiter l'utilisation des données des mineurs pour l'entraînement des modèles d'IA et la publicité ciblée, sans toutefois interdire complètement ces pratiques. En même temps, il affirme que le Congrès « devrait éviter de définir des normes ambiguës sur le contenu permis ou une responsabilité ouverte, qui pourraient donner lieu à des litiges excessifs ».

Protection contre les deepfakes et respect du Premier Amendement

Dans un contexte où les deepfakes deviennent de plus en plus réalistes, le plan propose d'établir un cadre fédéral pour protéger les individus contre l'utilisation non autorisée de répliques numériques de leur voix ou image. Cela pourrait aboutir à une législation fédérale sur l'image, tout en prévoyant des exceptions pour la parodie, le reportage et la satire, protégés par le Premier Amendement.

Le plan déconseille également au Congrès de légiférer sur les droits d'auteur liés à l'IA. Bien que l'administration estime que l'entraînement des modèles sur des matériaux protégés ne viole pas les lois actuelles, elle reconnaît l'existence d'arguments contraires et préfère laisser les tribunaux trancher cette question. « Le Congrès ne devrait pas prendre de mesures qui pourraient affecter la résolution judiciaire de la question de savoir si l'entraînement sur des matériaux protégés par des droits d'auteur constitue un usage équitable », indique le document.

Lutte contre les escroqueries alimentées par l'IA

Le document soulève des préoccupations concernant les escroqueries de plus en plus sophistiquées grâce à l'IA. Il appelle le Congrès à renforcer les efforts pour lutter contre ces fraudes, en particulier celles ciblant les populations vulnérables comme les personnes âgées. Toutefois, peu de détails sont fournis sur les mesures concrètes à adopter. Le plan souligne que le Congrès devrait « renforcer les efforts d'application de la loi existants pour lutter contre les escroqueries d'imitation alimentées par l'IA et la fraude visant des populations vulnérables telles que les personnes âgées ».

Une approche pro-fédérale et anti-étatique

Depuis près d'un an, l'administration Trump promeut une approche pro-fédérale pour la régulation de l'IA. Le plan suggère que le Congrès devrait empêcher les États d'imposer des régulations excessives, évitant ainsi une mosaïque de normes discordantes qui compliqueraient la tâche des entreprises. Les États ne devraient pas être autorisés à pénaliser les développeurs d'IA pour des actions illégales commises par des tiers utilisant leurs modèles. Le plan indique que le Congrès devrait « préempter les lois étatiques sur l'IA qui imposent des charges excessives » et éviter « cinquante normes discordantes » pour les entreprises.

Cependant, en ce qui concerne la protection des enfants, le document laisse une certaine latitude aux États pour appliquer leurs lois, notamment contre le matériel d'abus sexuel d'enfants, même si ce matériel est généré par l'IA. Cette concession répond aux préoccupations de nombreux procureurs généraux à travers les États-Unis. En effet, près de 40 procureurs généraux des États et territoires américains ont exprimé leurs inquiétudes quant à l'abrogation des lois locales sur la sécurité des enfants.

Accélérer le développement de l'IA aux États-Unis

L'objectif ultime de ce plan est de stimuler le développement de l'IA aux États-Unis. Le document insiste sur la nécessité pour le pays de mener la course mondiale en supprimant les obstacles à l'innovation et en accélérant le déploiement des applications d'IA dans tous les secteurs. Il propose que le Congrès facilite l'accès aux ensembles de données fédéraux pour les entreprises et les chercheurs, bien que le type de données concernées ne soit pas précisé. Le document ajoute que le Congrès devrait trouver des moyens de rendre les ensembles de données fédéraux disponibles pour les entreprises d'IA et les universitaires dans des « formats prêts pour l'IA » à utiliser pour l'entraînement des modèles et systèmes d'IA.

Pas de nouvel organisme fédéral pour l'IA

Le plan aborde également la question de savoir s'il faut créer un organisme fédéral dédié à la régulation de l'IA. Il conclut que le Congrès ne devrait pas créer une telle entité, préférant que les régulations soient gérées par les organismes existants, qui possèdent déjà l'expertise nécessaire dans leurs secteurs respectifs. Le plan répond également à une question longtemps posée dans la régulation de l'IA — s'il devrait y avoir un organisme fédéral responsable de la régulation de l'IA ou si la régulation de l'IA devrait être laissée à chaque secteur.

La lutte contre l'« IA woke » et la liberté d'expression

Le président Trump a signé un décret pour prévenir l'« IA woke », interdisant l'utilisation de modèles intégrant des sujets comme le racisme systémique par les agences gouvernementales. Récemment, il a ordonné de mettre sur liste noire la société Anthropic pour avoir imposé des limites à l'utilisation militaire de ses modèles, une décision que l'entreprise considère comme une violation de ses droits au titre du Premier Amendement.

Le plan souligne que le gouvernement doit défendre la liberté d'expression tout en empêchant l'utilisation de l'IA pour censurer des opinions politiques légitimes. Il propose que le Congrès empêche explicitement le gouvernement de contraindre les fournisseurs d'IA à modifier le contenu pour des raisons idéologiques. Le plan indique que le gouvernement « doit défendre la liberté d'expression et les protections du Premier Amendement, tout en empêchant les systèmes d'IA d'être utilisés pour faire taire ou censurer l'expression politique légale ou la dissidence ».

Répondre aux préoccupations énergétiques

Enfin, le plan aborde les préoccupations concernant l'impact énergétique des centres de données liés à l'IA. Il propose que le Congrès veille à ce que les consommateurs ne subissent pas d'augmentation des coûts d'électricité en raison de ces infrastructures, tout en facilitant la construction de nouveaux centres de données. Cela inclut la simplification des permis pour permettre aux entreprises d'IA de développer des solutions énergétiques sur site. Le mois dernier, nous avons vu le premier effort bipartisan pour aborder les factures d'électricité plus élevées dans les communautés proches des centres de données, et le nouveau cadre politique sur l'IA semble répondre à ces préoccupations des deux côtés, affirmant que le Congrès devrait trouver des moyens de s'assurer que « les consommateurs résidentiels ne subissent pas d'augmentation des coûts d'électricité en raison de la construction et de l'exploitation de nouveaux centres de données liés à l'IA ».

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