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IA 2030 : CO2 à 636 Mt et électricité x7, projette Green IT

🛠️ AI Tools·Tom Levy·

IA 2030 : CO2 à 636 Mt et électricité x7, projette Green IT

IA 2030 : CO2 à 636 Mt et électricité x7, projette Green IT
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Key Takeaways
1Les émissions de l’infrastructure IA pourraient atteindre 636 millions de tonnes de CO2 en 2030
2La consommation électrique annuelle grimperait à 1 169 TWh, dominée par les data centers
3L’électricité représenterait jusqu’à 96 % des impacts environnementaux, la fabrication reculant à 4 %
4Green IT recommande un plan de sobriété IA alors que de nouveaux data centers sont prévus en France et qu’un moratoire est instauré à New York
💡Why it matters — L’ampleur de la croissance projetée interroge la capacité à encadrer l’impact environnemental de l’IA à l’échelle mondiale.
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Full Analysis

Une projection de Green IT anticipe des émissions de l’infrastructure IA à 636 millions de tonnes de CO2 en 2030 et une consommation électrique de 1 169 TWh. L’électricité pèserait jusqu’à 96 % des impacts, bien au-delà de la fabrication des serveurs. Le scénario s’appuie sur les ventes de GPU et un périmètre défini, tandis que des recommandations sont adressées aux pouvoirs publics alors que de nouveaux data centers avancent en France et qu’un premier moratoire apparaît à New York.

Émissions et santé : des ordres de grandeur en forte hausse

Les émissions de gaz à effet de serre associées à l’infrastructure d’intelligence artificielle passeraient de 99 à 636 millions de tonnes équivalent CO2 entre 2025 et 2030. Rapportées au budget de l’Union européenne, elles atteindraient 1,4 fois ce niveau en 2030, soit l’équivalent de celui de 645 millions de personnes. Côté répartition des impacts, la production de l’électricité consommée par les data centers concentrerait 92 % des effets en 2025 et 96 % en 2030. La proportion liée à la fabrication diminuerait de 7 % à 4 %, Green IT précisant que l’augmentation de la consommation d’électricité réduit la part des impacts attribués à la production des serveurs. La production reste néanmoins la principale cause d’épuisement des ressources métalliques et minérales et, pour un serveur pris isolément, la RAM constitue le facteur d’impact dominant pour la fabrication hors métaux et minéraux. La fabrication seule d’un serveur IA correspond à 8 à 14 fois le budget annuel soutenable d’une personne pour le climat. Sur le plan sanitaire, le modèle associe aux particules fines 3 217 nouveaux cas de maladies en 2025, puis 20 639 en 2030. Le réchauffement global pèse pour 35 % des impacts en 2025 et 36 % en 2030.

Hypothèses et périmètre : un scénario unique et borné

La projection 2030 présentée repose sur un scénario unique, sans fourchette, fondé sur des prévisions de ventes de GPU. Elle conserve le mix électrique actuel des pays hébergeant l’essentiel des data centers IA, notamment les États-Unis et la Chine. Les centrales fonctionnant au gaz ou au charbon qui pourraient être construites pour de nouveaux sites ne sont pas prises en compte, tout comme les contrats directs d’achat d’électricité issue de sources renouvelables. Les équipements des utilisateurs finaux ainsi que les infrastructures réseau ne sont pas inclus dans le champ de l’étude. L’évaluation du cycle de vie porte sur 16 indicateurs selon la méthodologie Product Environmental Footprint de la Commission européenne, chaque résultat étant mis en rapport avec les limites planétaires puis pondéré pour permettre la comparaison. La référence pour le budget carbone soutenable est fixée à 985 kg CO2e par an et par personne. L’estimation du risque de pénurie d’eau, qui représente environ 1 % de l’empreinte, s’appuie sur des données considérées comme imparfaites. Menée à titre bénévole par cinq membres de Green IT, l’étude a bénéficié d’une relecture critique interne, sans validation externe, et porte sur les serveurs IA en service fin 2025 ainsi que sur ceux prévus fin 2030, en s’appuyant sur les bases NegaOctet et Ecoinvent.

Infrastructures : GPU, serveurs, surface et mégawatts à la hausse

La consommation électrique annuelle grimperait de 174 TWh en 2025 à 1 169 TWh en 2030, portée par une puissance moyenne par GPU qui triplerait, d’environ 700 à plus de 2 000 watts. Le parc de GPU est estimé à 13 millions d’unités fin 2025 et approcherait 25 millions fin 2030, sur la base d’études de marché anticipant une hausse de 190 % des ventes. En parallèle, le nombre de serveurs triplerait, de 1,9 à 6,2 millions. À l’échelle des salles, un rack haut de gamme passerait de 198 kW à 1 MW, dans des infrastructures rendues plus denses par le refroidissement liquide. Pour accueillir et refroidir ces machines, la surface des data centers serait multipliée par 6 d’ici 2030 et progresserait plus vite que le seul nombre de GPU. La première édition de l’étude tablait sur une consommation électrique des GPU multipliée par 4 ; la capacité physique à atteindre de tels volumes est désormais remise en question. Le calcul intègre le parc de GPU en service, ces processeurs concentrant l’essentiel des calculs d’entraînement et d’inférence.

Politiques publiques : recommandations, plans nationaux et moratoire à New York

Green IT relie la progression des impacts à la mise à disposition d’IA gratuite ou intégrée automatiquement dans les usages courants, et formule cinq propositions à destination des autorités : adopter une loi pour un plan de sobriété IA, mettre en place un étiquetage « IA », développer une filière d’excellence en IA économe en ressources, rendre l’écoconception obligatoire pour les IA hébergées sur le territoire français et instaurer un système de bonus-malus pour les centres IA alimentés par des énergies fossiles. Un plan de 109 milliards d’euros présenté en France début 2025 prévoit la création de 35 nouveaux data centers consacrés à l’IA, avec des initiatives déjà en cours, comme le projet de Google à Châteauroux. Selon Frédéric Bordage, il n’existe à ce jour aucune réglementation encadrant leur impact environnemental tant au niveau national qu’européen, et il considère que l’AI Act européen a fait disparaître la question environnementale. Aux États-Unis, les premières mesures restrictives sont prises au niveau des États : l’État de New York a mis en place en juillet un moratoire d’un an sur les nouveaux data centers de 50 MW et plus, une mesure inédite à l’échelle du pays.

Au-delà du carbone : une empreinte dominée par quatre familles d’impacts

La projection ne se limite pas au climat. Outre le réchauffement global, qui pèserait 35 % de l’empreinte en 2025 et 36 % en 2030, trois autres familles se détachent : l’eutrophisation de l’eau douce compterait pour 23 % puis 25 % des impacts, principalement liée à l’extraction du charbon ; l’épuisement des ressources fossiles resterait à 17 %, auquel s’ajoutent 2 % pour les métaux et les minéraux ; enfin, les particules fines représenteraient 15 %, avec des milliers de nouveaux cas de maladies associés selon le modèle. Le risque de privation d’eau est évalué à environ 1 %, avec des données imparfaites. Frédéric Bordage défend de longue date cette lecture multicritère : selon lui, à l’échelle du numérique, les gaz à effet de serre ne représentent que 11 % des impacts, et une entreprise se limitant au seul bilan carbone de son système d’information passerait à côté de 89 % des impacts.

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