Des plateformes ferment la porte aux agents IA pendant que d’autres les accueillent déjà. Entre un appel d’Amazon dans son contentieux avec Perplexity et des files de paiement dédiées chez Shopify, l’accès des agents au web se joue maintenant. Leur généralisation rapide, illustrée par Muse de Meta et la hausse du trafic agentique, précède des règles encore à trancher.
Des règles en débat décideront du web des agents
Les règles encadrant l’interaction entre agents IA et sites web sont encore en cours d’élaboration. Certaines, comme celles visant à empêcher l’exposition des informations de carte bancaire lors de parcours automatisés, sont considérées comme bénéfiques pour tous. D’autres aspects font l’objet de controverses, notamment la possibilité pour les entreprises de bloquer l’accès des agents ou de leur interdire de négocier de meilleures offres pour les consommateurs. L’orientation de ces décisions déterminera si le web deviendra un espace où les agents agissent dans l’intérêt des utilisateurs ou non.
Blocages, procès et intérêts publicitaires en jeu
Certaines plateformes, notamment celles attachées à la sécurité, interdisent l’accès aux agents IA. Des difficultés ont été rapportées pour utiliser ces agents sur des sites comme Pizza Hut et Yelp, ce dernier refusant les réservations de tables par IA. Amazon a bloqué les agents de Muse et poursuit Perplexity en justice pour empêcher ses agents d’opérer. Un juge a récemment donné raison à Perplexity, mais Amazon a fait appel, arguant que les agents IA compliquent la distinction entre vues humaines et trafic automatisé, ce qui menacerait son activité publicitaire. Par ailleurs, de nombreux sites bloquent les agents envoyés par des particuliers pour négocier des prix ou organiser des séjours.
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Le commerce en ligne ouvre des voies dédiées aux agents
La majorité du trafic web généré par des agents IA concerne le commerce électronique. Les plateformes de ce secteur ont un intérêt financier à permettre à ces agents de réaliser des achats pour le compte de personnes réelles. Shopify accueille déjà les agents IA en leur réservant des files de paiement spécifiques, qui contournent les pages destinées aux humains.
Adoption accélérée : Muse atteint 5 millions de téléchargements
L’adoption des agents IA personnels progresse rapidement, avec des lancements massifs via des applications telles que Dots d’OpenAI et Muse de Meta. Muse a enregistré 5 millions de téléchargements au cours de son premier mois, tandis que le volume de trafic web associé à ces agents a été multiplié par trois entre août et septembre. Ces solutions offrent la possibilité aux utilisateurs d’accomplir des tâches en ligne, comme effectuer une réservation de vol ou d’hôtel.
Conséquences possibles pour les humains et promesses conditionnelles
Les agents IA forment une troisième catégorie d’usagers, distincte des humains et des bots. Certains scénarios envisagent un web moins accueillant pour les personnes : interfaces dégradées, vérifications d’humanité répétées pouvant aller jusqu’au scan d’iris, tarification variable selon l’agent utilisé, et recommandations influencées par des publicités ou des commissions de plateforme. Google, Anthropic et OpenAI promettent cependant que les agents IA donneront plus de pouvoir de négociation aux consommateurs, par exemple pour contester des factures médicales ou rechercher des assurances auto moins chères. Ethan Mollick, professeur à la Wharton School, anticipe que l’usage massif d’agents pour obtenir des remboursements ou négocier des prix pourrait saturer les services clients et irriter les utilisateurs si leurs agents se voient refuser ces démarches.






