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Anthropic introduit un filigrane « imperceptible » dans les textes traités par Claude, appliqué mondialement depuis le 2 août. Plusieurs utilisateurs professionnels disent avoir résilié, craignant un marquage d’IA sur du code ou des documents livrés. La société avance la conformité à l’AI Act et annonce une API gratuite de vérification, tout en affirmant ne pas constater de hausse des annulations.
Anthropic vise l’AI Act avec une API de vérification annoncée
Anthropic indique avoir intégré le filigrane afin de respecter la réglementation européenne sur l’IA et annonce la mise à disposition prochaine d’une API gratuite permettant aussi bien aux utilisateurs qu’à des tiers de vérifier par eux-mêmes si un texte comporte ce marquage. Dans l’écosystème, d’autres entreprises signalent déjà les contenus issus de l’IA : Google recourt à SynthID et OpenAI l’utilise pour les images ainsi que pour l’audio pris en charge. La plateforme X appose une étiquette « Fabriqué avec IA » sur les contenus qu’elle juge générés ou manipulés par l’IA. Cette mention est apparue puis a disparu d’un post de démission de Karoline Leavitt mercredi. Des partisans des filigranes avancent des arguments de transparence, et d’autres y voient un moyen de limiter l’entraînement de modèles sur des contenus déjà générés par l’IA. Mardi, Aadit Sheth a défendu publiquement l’idée que le public puisse identifier si des mots reflètent la pensée d’une personne, en citant les filigranes comme un moyen d’y parvenir.
Anthropic décrit un filigrane imperceptible qui persiste
Anthropic a indiqué que certaines versions de Claude intégreraient un filigrane dit « imperceptible » dans leurs sorties textuelles. Selon l’entreprise, ce marquage accompagne le contenu lors d’un copier-coller, peut survivre à certaines modifications et vise à distinguer un texte généré par l’IA d’une écriture humaine. La société précise que le filigrane ne modifie pas le sens, la qualité ni la lisibilité des réponses. Elle indique aussi qu’un filigrane détecté signifie que Claude a traité le texte, sans en être nécessairement l’auteur, et que la marque peut rester après une relecture, une traduction ou un résumé. Anthropic situe l’application globale de ce mécanisme, pour les modèles pris en charge, au 2 août. Dario Amodei a publiquement annoncé l’ajout de ce marquage et sa possible persistance malgré des retouches.
Des professionnels redoutent un marquage de leur code et de leurs docs
Plusieurs usages professionnels sont concernés par la perspective d’un texte marqué comme passé par une IA. Un développeur s’est dit inquiet qu’une étiquette d’IA sur du code livré fasse naître des doutes sur l’auteur. Certains utilisateurs craignent que l’utilisation de l’IA soit révélée dans des livrables remis à des clients, en particulier dans le domaine du développement logiciel. Vladislav Rajtmajer redoute qu’un marquage puisse entraîner des interrogations sur la paternité ou même provoquer des sanctions contractuelles. Richard Echols, qui rédige de la documentation pour des entreprises, exprime sa préoccupation de voir apparaître le marqueur même lorsqu’il a rédigé le contenu lui-même et n’a sollicité le chatbot que pour des corrections. Stevan Bogosavljević estime qu’un code attribué à Claude ne serait pas souhaitable et refuse qu’un marqueur invisible puisse susciter des interrogations sur la conformité ou les politiques des clients. « Même si vous modifiez votre propre travail que vous avez écrit, ils ajoutent le filigrane de toute façon », a déclaré Richard Echols.
Des abonnés résilient, d’autres basculent vers des alternatives
Des utilisateurs de Claude affirment avoir résilié leur abonnement en raison du filigrane, et des dizaines l’ont écrit sur X depuis lundi, confirmations à l’appui pour certains. Plusieurs disent refuser qu’un marqueur persistant s’invite dans leur production. Mercredi, Arturo Villarroya a annulé son offre Claude Max, un service à partir de 100 $ par mois. Il dit utiliser Claude surtout pour coder des applications et des outils, mais aussi pour la recherche, des corrections et des vérifications. Il craint qu’un filigrane persiste alors même que l’écrit serait original et que Claude n’aurait servi qu’à traduire, corriger l’orthographe, ajuster des citations académiques ou résumer légèrement, ce qui pourrait poser problème dans des milieux aux règles strictes sur l’IA. Il indique se tourner vers Cursor et Grok 4.6 pour le code, et vers Grok Bot pour l’organisation. Mardi, le développeur freelance Vladislav Rajtmajer a aussi résilié en citant le marquage comme raison principale. Il utilise l’IA pour la relecture de code et des traductions et voit dans le filigrane un signal pour tester des fournisseurs d’IA chinois et d’autres modèles. Richard Echols, consultant en Géorgie, a fait de même mercredi en indiquant que le filigrane avait pesé dans sa décision ; il s’en sert pour la documentation d’entreprise. En juillet, l’ingénieur senior Stevan Bogosavljević avait déjà annulé en évoquant une qualité de service déclinante, un accès limité aux meilleurs modèles et des alternatives plus solides ; le filigrane a, selon lui, conforté ce choix. Cette semaine, l’ingénieur et fondateur Santiago Alessandro Rivera Martínez a également résilié, jugeant qu’un flux fondé sur un logiciel propriétaire peut voir ses règles, fonctionnalités, restrictions ou conditions changer. Il dit préférer une couche IA portable et indépendante du fournisseur.
Anthropic ne signale pas de hausse des résiliations
Anthropic affirme ne pas constater de tendance à la hausse des annulations depuis l’annonce du filigrane. Il est par ailleurs jugé trop tôt pour évaluer l’impact potentiel sur l’entreprise. Le nombre de clients professionnels était de 300 000 en septembre 2025, un volume présenté comme ayant probablement augmenté depuis, sans indication chiffrée plus récente dans l’immédiat.






