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Bruno Retailleau mise sur l'IA pour transformer l'État
Lors du Machina Summit, un événement consacré à la robotique et aux nouvelles technologies, Bruno Retailleau a présenté sa stratégie pour favoriser le développement de l'intelligence artificielle (IA) à Station F. Le sénateur vendéen et président des Républicains a profité de cette plateforme pour exposer sa vision d'une France transformée par l'IA. La présentation a eu lieu le mardi 7 juillet, où il a annoncé un plan de financement de 25 milliards d'euros, répartis sur cinq ans, soit 5 milliards par an, pour intégrer l'IA dans l'administration et l'économie du pays. Selon lui, cette initiative pourrait générer des économies de 15 milliards d'euros pour l'État.
Un saut technologique pour moderniser l'administration
Bruno Retailleau considère l'IA comme un levier crucial pour moderniser l'État. Il la décrit comme "la plus grande bataille technologique de l'histoire", capable de révolutionner le fonctionnement administratif. Pour réduire la bureaucratie, il propose la création d'un agent IA, baptisé "Marianne", qui faciliterait les démarches administratives des citoyens. En intégrant l'IA dans la fonction publique, il espère libérer entre 250 000 et 300 000 fonctionnaires. Certains seraient redéployés vers des tâches plus enrichissantes, tandis que d'autres postes ne seraient pas remplacés après les départs à la retraite.
Sur le plan institutionnel, Retailleau envisage la création d'un ministère dédié à l'IA, directement rattaché au Premier ministre. Il souhaite également lancer un plan d'urgence climatique, nommé Vauban. Il critique l'état actuel du numérique en France, qu'il juge archaïque, et estime que l'IA pourrait permettre un "saut quantique" pour moderniser l'État.
Sécurité et santé : des applications concrètes de l'IA
Dans le domaine de la sécurité, Retailleau propose d'autoriser, dans un cadre rigoureux, l'utilisation de caméras intelligentes, malgré les controverses qu'elles ont suscitées lors des Jeux Olympiques de Paris 2024. Durant cet événement, 485 caméras dotées de logiciels d'IA ont été testées. Retailleau souhaite désormais généraliser leur usage. Il voit également un potentiel dans l'IA pour la prévention des incendies, en utilisant des drones autonomes et des modèles de simulation pour détecter et suivre les feux de forêt.
En matière de santé, il vante les mérites de l'IA prédictive, qui pourrait alléger la charge de travail des professionnels de santé en optimisant la gestion des soins et en libérant du temps pour les médecins et infirmiers.
Souveraineté technologique et indépendance numérique
Retailleau a conclu sa présentation en soulignant l'importance de la souveraineté technologique. Il met en garde contre les "idiots du village global" et les puissances financières cachées derrière les grandes plateformes numériques. Il propose la création d'un cloud souverain sécurisé, conforme à la norme SecNumCloud, pour protéger les données sensibles des lois extraterritoriales. Retailleau a également proposé de réaliser un audit de tous les systèmes sensibles. Il prône également le développement de data centers souverains, avec une puissance d'un gigawatt d'ici 2030, et quatre gigawatts en 2035.
Pour renforcer l'attractivité économique de la France, Retailleau envisage un "Buy European First Act" pour favoriser les commandes publiques au sein de l'Union européenne. Il propose aussi de créer un mécanisme de suramortissement pour offrir un avantage fiscal aux entreprises françaises spécialisées dans l'IA et la robotique. Enfin, il souhaite mettre en place un plan pour rapatrier les talents formés en France mais partis à l'étranger, notamment à San Francisco.
Une approche pragmatique face à la régulation européenne
Pour permettre à la France de se positionner dans des secteurs clés comme l'IA, Retailleau plaide pour une réforme des retraites par capitalisation, un sujet potentiellement sensible pour sa candidature à la présidentielle de 2027. Il critique également la réglementation européenne, notamment le RGPD et l'AI Act, qu'il juge trop contraignants. Retailleau a proposé une dérogation de trois ans pour le RGPD et l'AI Act sur les questions stratégiques, affirmant que l'intérêt européen ne doit pas être freiné par des obstacles réglementaires.
Retailleau met en garde contre deux extrêmes : le "techno-béat" et le "techno-réactif", prônant une approche "techno-réaliste". Alors que d'autres candidats, comme Gabriel Attal avec son plan de 200 milliards d'euros pour faire de la France la première puissance européenne de l'IA, et Édouard Philippe avec son projet de transformation numérique des services publics, se positionnent également sur l'IA, Retailleau devra se démarquer dans les mois à venir.






