L’IA appliquée, concrètement ?
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Atteint d’un cancer du côlon de stade 4, Russ Read-Barrow dit s’appuyer sur des outils d’IA pour mieux vivre ses traitements. Entre résumés d’historique médical, recherche dans ses dossiers et repérage de motifs d’effets secondaires, il décrit des gains concrets, tout en assumant le risque de confier des informations sensibles.
Des résumés en 500 mots pour praticiens et prestataires
À chaque nouvelle inscription dans une salle de sport, pour un soin comme un massage ou lors d’une consultation, un historique médical détaillé lui est demandé. Pour éviter un récit long et pénible, il demande à Gemini Notebook de condenser son parcours en 500 mots, qu’il transmet ensuite. Il reconnaît que partager autant de données avec des plateformes d’IA peut gêner, mais il estime que les bénéfices l’emportent. Il se dit atteint d’un cancer terminal et assume ce choix, résumant sa position d’un « Quel est le pire qui puisse arriver ? ».
Ses dossiers centralisés dans Gemini Notebook
Russ Read-Barrow a téléversé l’ensemble de ses dossiers médicaux dans Gemini Notebook, anciennement Notebook LM. L’outil est conçu pour répondre à des questions, repérer des tendances et générer des contenus à partir des fichiers fournis par l’utilisateur. Il s’en sert comme d’un hub centralisé pour accéder en quelques secondes aux résultats, aux notes de médecins et à d’autres données. Il affirme que cela lui évite de rechercher dans ses dossiers à chaque rendez-vous spécialisé.
Claude et WHOOP pour suivre les cycles de chimiothérapie
Après ses cures, il subit fatigue, nausées et variations d’humeur et de sommeil et dit que la gestion de ses fenêtres d’énergie est la plus difficile. Il enregistre chaque jour une note vocale de 30 secondes et porte un tracker WHOOP, protocole qu’il a appliqué durant trois cycles, puis intègre ces informations dans Claude pour y détecter des motifs. Selon lui, cette approche présente un intérêt. Les informations recueillies ont révélé qu’il atteignait un état d’épuisement environ quatre jours après chaque traitement. Il sollicite également l’IA pour dresser une liste de dix rappels avant chaque nouveau cycle, parmi lesquels figure l’efficacité d’un anti-nauséeux qu’il avait testé. Il estime qu’en l’absence d’un registre, ces éléments s’oublient en quelques mois.
Un parcours médical lourd et stabilisé depuis 2022
Russ Read-Barrow a enchaîné plusieurs cycles de chimiothérapie, ainsi que des chirurgies pour retirer des cellules cancéreuses du côlon, du foie puis des poumons. Depuis 2022, les médecins sont parvenus à stabiliser la maladie. Il continue néanmoins à suivre des traitements réguliers, à raison d’environ une fois tous les trois mois, dans le but de ralentir la division cellulaire et d’éviter une progression supplémentaire dans les poumons et le foie. Il indique que le protocole actuel permet de contenir la maladie, tout en prévoyant qu’il devra être modifié à l’avenir.
Du diagnostic à l’initiative personnelle autour de l’IA
Ce père de deux enfants a reçu un diagnostic de cancer du côlon de stade 4 en 2021, après avoir constaté du sang dans ses selles à six reprises sur quelques semaines et passé une coloscopie. Il a progressivement exploré des usages de l’IA pour gérer symptômes, médicaments et dimensions émotionnelles. En 2025, il a lancé son blog FcancerwithAI pour partager son histoire et les outils développés. Il précise que l’IA ne permet pas de guérir le cancer, mais qu’elle peut l’assister pour mémoriser les conseils, identifier des schémas d’effets secondaires et retrouver une forme de contrôle, tout en espérant que ce témoignage profitera à d’autres. Parallèlement, l’incidence du cancer du côlon chez les moins de 50 ans a progressé depuis le milieu des années 1990, cette pathologie étant considérée comme la plus meurtrière pour cette tranche d’âge. Lorsque le cancer est détecté tôt, le taux de survie est important et un nombre croissant de personnes vivent avec la maladie comme avec une affection chronique.




