Brief IA : Cate Blanchett défie l'IA à Bruxelles avec un registre de consentement
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Cate Blanchett défie l'IA à Bruxelles avec un registre de consentement

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Tom Levy·5 min·1 vues

Cate Blanchett a lancé un registre de consentement à Bruxelles pour protéger les droits à l'image face à l'IA. Le registre utilise le standard RSL, permettant aux individus de contrôler l'utilisation de leur image par l'IA. Le projet est soutenu par des personnalités comme Steven Soderbergh et vise à compléter les lois européennes existantes.

En bref
1Cate Blanchett a lancé un registre de consentement à Bruxelles pour protéger les droits à l'image face à l'IA.
2Le registre utilise le standard RSL, permettant aux individus de contrôler l'utilisation de leur image par l'IA.
3Le projet est soutenu par des personnalités comme Steven Soderbergh et vise à compléter les lois européennes existantes.
💡Pourquoi c'est importantCe registre pourrait influencer la manière dont les entreprises d'IA respectent les droits individuels, en l'absence de lois contraignantes.
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Cate Blanchett et la lutte contre l'IA à Bruxelles

L'intelligence artificielle, avec sa capacité à reproduire des éléments aussi personnels que la voix, le visage ou même la démarche d'une personne, pose des défis sans précédent en matière de droits à l'image. Ces technologies, souvent alimentées par des données publiques, opèrent sans demander l'autorisation préalable des personnes concernées. Face à cette réalité, Cate Blanchett, accompagnée de ses alliés, a pris l'initiative de lancer un registre de consentement au Parlement européen, dans l'espoir de changer la donne.

Depuis l'été 2023, les grèves des scénaristes et acteurs d'Hollywood, représentés par le WGA et la SAG-AFTRA, ont mis en lumière l'importance de l'IA générative dans les négociations syndicales. Cependant, aucune solution définitive n'a encore été trouvée pour protéger le droit à l'image face aux modèles d'entraînement. Ces modèles sont capables de recréer une voix à partir de quelques secondes d'enregistrement public, ou un visage à partir de quelques photos, sans que la majorité des personnes concernées n'aient jamais donné leur consentement.

Le registre de consentement : une initiative de RSL Media

RSL Media, une organisation à but non lucratif cofondée par Cate Blanchett, Eckart Walther, co-créateur du standard RSS, et Doug Leeds, ancien PDG d'Ask.com, a lancé le 23 juin 2026 un registre de consentement gratuit, nommé "Human Consent Registry". Ce registre est accessible tant aux États-Unis qu'au sein de l'Union européenne.

Le registre repose sur le standard ouvert RSL (Really Simple Licensing), développé depuis septembre 2025. Ce format technique universel permet à chacun d'exprimer son consentement de manière lisible par les machines. Les utilisateurs peuvent associer à leur identité des signaux encodés dans des métadonnées structurées, indiquant leur niveau de consentement.

Trois couleurs sont utilisées pour indiquer le niveau de consentement :

  • Rouge pour une interdiction totale.
  • Jaune pour une autorisation sous conditions.
  • Vert pour un consentement sans restriction.

Les entreprises d'IA sont censées consulter ce registre avant d'utiliser les attributs d'une personne pour entraîner leurs modèles. L'accès au registre est gratuit via le site rslmedia.org, et il est ouvert à tous, pas seulement aux célébrités, ce qui le distingue des initiatives similaires qui se concentrent souvent sur l'industrie du divertissement.

Un lancement symbolique à Bruxelles

Le lancement du registre a eu lieu au Parlement européen à Bruxelles, sous l'égide de l'eurodéputée bulgare Eva Maydell, une figure clé dans les négociations de l'AI Act. Le cinéaste Steven Soderbergh fait partie des soutiens de ce projet. Le choix de Bruxelles pour ce lancement, plutôt que Washington, souligne l'avance de l'Europe en matière de législation sur l'IA.

En France, peu avant le lancement du registre, environ 150 personnalités culturelles, dont Annie Ernaux, Hervé Le Tellier et Enki Bilal, avaient appelé au boycott des outils d'IA générative pour protester contre l'utilisation non consentie de leurs œuvres. Le registre proposé par Cate Blanchett offre une alternative moins radicale que le boycott : il s'agit de formaliser le consentement plutôt que de le refuser en bloc.

Les protections existantes en Europe

Pour un citoyen européen, s'inscrire au registre RSL s'ajoute à un cadre réglementaire déjà robuste, contrairement à leurs homologues américains. L'AI Act, premier cadre juridique mondial dédié à l'IA, impose depuis le 2 août 2025 aux fournisseurs de modèles d'IA de respecter l'opt-out exprimé par les titulaires de droits via des procédés lisibles par machine.

La directive européenne sur le droit d'auteur de 2019 offre un droit d'opposition au text-and-data mining, permettant aux créateurs d'interdire l'utilisation de leurs œuvres pour l'entraînement des IA, à condition que cela soit exprimé de manière appropriée. De plus, le RGPD exige un consentement explicite pour le traitement des données biométriques, avec des sanctions pouvant atteindre 4 % du chiffre d'affaires mondial ou 20 millions d'euros.

Ce que RSL Media apporte de nouveau, c'est un format standardisé que ces textes n'ont pas fourni. L'opt-out de la directive européenne existe depuis 2019, mais peu de personnes l'ont exercé en raison de l'absence d'un format technique universel. Le standard RSL fonctionne de manière similaire au fichier robots.txt, que les moteurs de recherche consultent avant d'indexer un site.

Les limites d'un registre volontaire

Le "Human Consent Registry" ne dispose d'aucun mécanisme d'application, et RSL Media espère que les entreprises d'IA consulteront le registre de leur propre initiative. Comme le souligne Gizmodo, il n'existe actuellement "aucune méthode pour obliger les entreprises d'IA à se conformer à cela".

Consulter un registre de consentement avant d'exploiter des données suppose une démarche volontaire de la part de géants comme Meta, OpenAI ou Google, dont les modèles d'entraînement à grande échelle sur des données publiques n'ont pas attendu ce type d'autorisation.

L'AI Act, en revanche, impose des contraintes et des sanctions, avec des amendes pouvant atteindre 3 % du chiffre d'affaires mondial pour les manquements aux obligations de transparence sur les données d'entraînement. Ce cadre est déjà en cours de révision pour renforcer certains de ses aspects.

RSL Media se positionne sur un vide juridique réel : le droit à l'image des individus, distinct du droit d'auteur sur leurs œuvres, que ni l'AI Act ni le RGPD ne couvrent de manière directe et universelle. C'est une lacune que le registre met en évidence avec précision.

La question reste ouverte : une infrastructure volontaire peut-elle créer une pression suffisante pour que les entreprises l'adoptent, avant qu'une législation contraignante ne les y oblige ? Tant qu'une plateforme majeure n'intègre pas RSL dans ses processus d'entraînement, le registre de Cate Blanchett restera la preuve d'un problème existant, sans être encore la solution définitive.

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