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Des politiques d’usage de l’IA se diffusent dans des entreprises comme Polarsteps, Leapsome et Clay. Objectif affiché : stopper l’envoi de documents longs et confus générés par IA, sans bannir l’outil, en imposant clarté, responsabilité et divulgation.
Des effets visibles et un écho public chiffré
Au 3 septembre, une publication LinkedIn du PDG de Clay consacrée à la nouvelle politique affichait près de 10 000 réactions et plus de 700 partages. Le message, publié le mois précédent, a circulé largement. Les dirigeants qui ont instauré des règles similaires rapportent que les retours des équipes sont en majorité positifs. Chez Polarsteps, Clare Jones constate désormais l’arrivée de beaucoup de contenu rédigé par des humains.
Un coût temps décrit par une enquête et par des managers
Fin 2025, 40 % des 1 150 employés de bureau à temps plein interrogés aux États-Unis déclarent avoir reçu, le mois précédent, un contenu généré par l’IA d’un collègue, chaque cas prenant presque deux heures à traiter selon les répondants. En interne, des responsables décrivent aussi une surcharge de lecture : lors d’une réunion récente, Jessica Zwaan dit avoir passé plus de temps à lire les documents préparatoires qu’à se réunir. Des dirigeants martèlent que la longueur ne garantit pas la qualité.
Polarsteps impose divulgation et esprit critique
Fondée en 2015 à Amsterdam, Polarsteps a défini plus tôt cette année des principes pour l’écriture interne avec IA pour environ 100 employés. Clare Jones explique qu’une politique offre un point de référence partagé. Les textes destinés aux utilisateurs restent rédigés par des auteurs professionnels internes. Les règles exigent de divulguer l’usage de l’IA et de livrer un résultat qui reflète le raisonnement et la voix de l’auteur. L’IA est autorisée pour le brainstorming et les brouillons, à condition d’appliquer une pensée critique avant tout partage.
Leapsome cible la clarté et la longueur des documents
À la mi‑août, Leapsome a demandé à ses 130 employés de Berlin et New York de défendre leurs propos, de viser la clarté et de maîtriser la longueur. La politique précise que si une courte invite produit un long document, celui‑ci n’est pas utile à lire, pour la même raison qu’il n’était pas utile à écrire. Pour Jessica Zwaan, la productivité relève d’abord de la clarté plutôt que du volume.
Chez Clay, défendre chaque phrase et réduire le coût lecteur
Sophie Alpert, ingénieure principale chez Clay, a rédigé la politique interne, d’abord partagée à la mi‑juin avec environ 100 ingénieurs, puis étendue à l’ensemble des 550 employés début août. Les règles exigent que chaque idée et phrase puisse être défendue et que l’écrit vaille la peine d’être lu. La politique souligne que le temps supplémentaire imposé aux lecteurs a un coût multiplicatif pour l’équipe, alors que l’effort de clarté consenti par l’auteur est un coût unique dont tous bénéficient. Alpert dit avoir agi après avoir reçu cinq documents manifestement générés par l’IA en une semaine et des réponses invitant à « ignorer » des passages confus.
Pas d’interdiction de l’IA, mais la fin des sorties non vérifiées
Les politiques chez Polarsteps, Leapsome et Clay ne bannissent pas l’IA. Elles visent à empêcher de faire passer des sorties non vérifiées pour une réflexion personnelle et à éviter d’encombrer des collègues. Le phénomène a même son sobriquet, « proxies de viande », popularisé par le développeur allemand Niklas Gruhn dans un billet du 3 août. L’essor des usages suit le lancement de ChatGPT à la fin de 2022. Chez Leapsome, certains salariés ont demandé d’aller plus loin en restreignant l’IA dans les messages internes et les contenus marketing. Dans plusieurs entreprises, des politiques formalisent désormais où s’arrête l’usage raisonnable, face à des documents jugés confus et chronophages.






