Brief IA : Des plateformes restreignent l'accès aux robots d'intelligence artificielle

Des plateformes restreignent l'accès aux robots d'intelligence artificielle

Brief IA
Tom Levy·4 min

Cloudflare et d'autres fournisseurs renforcent les blocages contre les agents d'IA, avec des banques et des compagnies aériennes limitant ou interdisant leur accès. En 2025, Cloudflare a introduit un blocage en un clic pour les crawlers d'IA, tandis qu'Amazon poursuit Perplexity en justice après avoir interdit ses achats automatisés. Ces mesures remettent en cause l'utilité des agents d'IA et poussent les acteurs à adapter leurs stratégies.

En bref
1Cloudflare et d'autres fournisseurs renforcent les blocages contre les agents d'IA
2Banques, compagnies aériennes et sites de commerce limitent ou interdisent l'accès aux assistants automatisés
3Meta multiplie les partenariats pour permettre à Muse de fonctionner malgré les restrictions
4Amazon poursuit Perplexity en justice après avoir interdit ses achats automatisés
Pourquoi c'est important : L'utilité des agents d'IA est remise en cause par la multiplication des blocages, poussant les acteurs à adapter leurs stratégies ou à recourir aux tribunaux.

De Yelp à Delta, des services en ligne ferment l’accès aux assistants automatisés. Cloudflare ajoute des filtres anti-crawlers et les banques bloquent l’usage d’agents sur les comptes. Face aux obstacles, Meta s’allie à des enseignes, tandis que le bras de fer entre Amazon et Perplexity se poursuit en justice.

Cloudflare renforce les filtres et les anti-bots se généralisent

Cloudflare a introduit en 2025 un blocage en un clic pour les crawlers d’IA et a commencé à bloquer ceux qui aspirent des sites à la fois pour l’indexation de recherche et pour l’entraînement de modèles. L’entreprise présente ces mesures comme des efforts destinés à protéger le web d’un afflux de bots d’IA qui sollicitent l’infrastructure, encombrent les boîtes email et compliquent l’accès à des billets, des réservations ou certains produits. Plus largement, les systèmes anti-bots, désormais omniprésents, entrent en conflit avec des agents d’IA même en l’absence d’interdiction explicite. Selon Chris Canal (EquiStamp), ces protections sont conçues pour contrer fraude et piratage mais déclenchent les mêmes garde-fous lorsque ce sont des agents qui opèrent. Il estime que le durcissement rendra le web plus agaçant à l’usage, au fil de la généralisation des vérifications anti-robots, y compris possiblement sur des sites de courses, avec davantage d’étapes pour prouver son humanité. Il ajoute que ces blocages pèsent sur la valeur perçue d’acteurs comme Anthropic et OpenAI, alors même que la promesse initiale est de pouvoir accomplir en ligne tout ce qu’un humain peut faire ; si des entreprises empêchent activement ces usages, les agents ont mécaniquement moins de choses utiles à accomplir.

Banques, transport et commerce en ligne bloquent l’accès des agents

Plusieurs secteurs ferment la porte aux agents. Yelp limite l’accès aux seuls agents qui paient pour sa licence de données, tandis que Delta Air Lines empêche la réservation de billets via ces outils. JPMorgan Chase et Charles Schwab bloquent l’accès aux comptes par des agents pour des motifs de sécurité. Ces dernières semaines, des utilisateurs de Muse (Meta), Grok (xAI), Dots (OpenAI) et Instinct ont signalé des blocages sur des sites majeurs ; certains rapportent que Cars.com et Amtrak, auparavant accessibles, ne le sont plus via leur agent, laissant entendre que d’autres blocages pourraient intervenir discrètement. Des signaux similaires apparaissent ailleurs : des échanges sur Reddit suggèrent que Google a bloqué certains comptes utilisant Muse pour cause d’activité suspecte, et des utilisateurs évoquent des difficultés de paiement chez Walmart malgré son partenariat avec Meta.

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Agents maison déployés, mais heurts répétés avec Amazon

OpenAI, Meta et Google ont déployé leurs propres agents malgré un contexte juridique tendu, mais se heurtent à des écueils comparables à ceux rencontrés par Perplexity. Amazon a indiqué que l’accès continu de Muse enfreint ses politiques de site, et des rapports font état de difficultés pour Grok de xAI, l’agent d’Instinct et Dots d’OpenAI sur la plateforme commerciale. En réaction, Elon Musk a suggéré qu’il pourrait créer un concurrent d’Amazon. À mesure que l’accès des bots se restreint sur davantage de sites, la question de l’utilité réelle de ces agents s’intensifie.

Meta privilégie des accords marchands pour permettre l’achat avec Muse

Meta a défendu l’idée qu’empêcher un agent personnel revient à refuser le client qui l’utilise, et assure vouloir traiter les préoccupations des entreprises plutôt que de les voir perdre des clients. La société a scellé des partenariats avec Walmart, Gap, Sephora, Best Buy et d’autres, afin d’autoriser les achats par Muse sur leurs sites. Parallèlement, Shopify a ouvert son réseau de boutiques aux agents d’IA. Sollicités sur les obstacles rencontrés par leurs agents, OpenAI et Google n’ont pas répondu immédiatement, tandis qu’Instinct a décliné tout commentaire.

Amazon contre Perplexity : interdiction, injonction, appel puis plainte amendée

Amazon a interdit la fonctionnalité d’achat agentique de Perplexity et a engagé des poursuites. Le groupe a affirmé avoir demandé à plusieurs reprises à la startup de cesser les achats automatisés, rappelant que tout tiers agissant pour un client doit être transparent et respecter les décisions des fournisseurs de services. Perplexity a répliqué qu’Amazon craint une baisse d’audience humaine sur ses publicités et a présenté son agent comme une extension de l’utilisateur, arguant d’un droit à employer un assistant. Un juge a ordonné à Perplexity de cesser ses achats sur Amazon, décision annulée ensuite par une cour d’appel en août. Amazon a depuis déposé une plainte amendée.

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