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Google s’apprête à lancer MVP, un petit satellite équipé de quatre TPU Trillium, pour éprouver en orbite ses choix matériels et thermiques. L’engin, alimenté à environ 1 kilowatt, doit traiter des requêtes simples et fonctionner pendant un an avant de se désintégrer. La société vise des liaisons laser en 2027 et imagine des constellations de plus de 80 unités, tout en admettant ne rien attendre d’opérationnel à court terme et une éventuelle parité de coûts avec le terrestre vers le milieu des années 2030.
Pas d’opérationnel attendu avant plusieurs années, parité de coûts visée milieu 2030
Selon Google, un data center en orbite pourrait atteindre un coût comparable à celui d’une infrastructure au sol vers le milieu des années 2030, en raison de la baisse du prix des lancements. L’entreprise souligne que la mise en œuvre prendra du temps. James Manyika, vice-président chargé de la recherche, déclare ne pas s’attendre à voir quelque chose de réellement opérationnel dans les prochaines années, et rapproche l’effort des débuts de la voiture autonome chez Google, avec environ quinze ans de travaux avant des résultats visibles. La feuille de route inclut des constellations de plus de 80 satellites dotés de dizaines de puces et la discussion d’un engin sur mesure long comme un terrain de football. Un jalon intermédiaire est prévu en 2027 avec deux satellites destinés à tester une liaison laser à très haut débit et à très haute précision, comparée à viser une pièce à plusieurs kilomètres entre deux points en mouvement. SpaceX et Blue Origin se positionnent également sur les data centers IA.
Ce que doit valider MVP en orbite : calcul, radiations et refroidissement
Le prototype MVP embarque quatre puces TPU Trillium, soit la puissance d’un seul serveur, et tire environ 1 kilowatt de ses panneaux solaires, de quoi répondre à des requêtes simples adressées à Gemini. Sa mission consiste à vérifier la tenue du matériel, avec des séquences d’essais déjà menées au sol. Parmi les contraintes figurent un voyage d’environ dix minutes jusqu’à l’orbite, d’importantes vibrations et des accélérations pouvant atteindre dix fois la gravité, certains éléments subissant même entre 50 et 100 fois cette force. Les puces ont également subi des radiations dans un accélérateur de particules à un niveau dépassant celui reçu en cinq ans sur orbite, les incidents étant généralement résolus par un redémarrage. Le système de refroidissement utilise des caloducs et des radiateurs pour rejeter la chaleur vers l’espace, mais impose une contrainte : les processeurs ne peuvent fonctionner qu’environ quinze minutes avant de devoir s’arrêter pour permettre la dissipation thermique.
Un premier vol le 1er octobre avec SpaceX, pour un an de service
La première mission est programmée le 1er octobre. Le satellite MVP, de la taille d’un réfrigérateur, doit décoller de Californie à bord d’un Falcon 9 opéré par SpaceX. Il est prévu pour fonctionner pendant un an avant de se désintégrer dans l’atmosphère. Ce vol s’inscrit dans le projet Suncatcher, dans lequel Google conçoit des data centers orbitaux en réseau à partir de satellites alimentés à l’énergie solaire et équipés de ses puces TPU. Un accord avec SpaceX a été conclu il y a quelques mois pour l’envoi des futurs éléments de cette infrastructure.





