Convovo a mis en évidence des préférences partisanes divergentes lorsque Grok et GPT sont forcés de nommer un candidat via API. Les mécanismes diffèrent : instructions invisibles et recherche orientée pour Grok, inclinaison ancrée dans les poids pour GPT. OpenAI souligne l'écart entre API et application.
Des instructions invisibles et la recherche pilotent Grok sans web
À chaque requête envoyée à l’API de xAI, environ 1 240 tokens d’entrée supplémentaires étaient présents sans que les chercheurs puissent les voir ni les supprimer. Tapan Parikh considère ces instructions comme potentiellement cachées et estime qu’elles ne proviennent probablement pas des poids du modèle. Lorsque la recherche Internet était désactivée, Grok a refusé de choisir dans 27 des 30 courses, et dans les trois cas où il s’est prononcé, il a choisi le démocrate. Parikh en conclut que, pour Grok, ce sont le modèle de recherche, les termes employés et les sources consultées qui déterminent le résultat. En analysant ses raisonnements, il note que certaines positions sont considérées comme souhaitables, sans que l’origine de cette orientation soit identifiée.
Sans recherche, GPT conserve une préférence intégrée
Lorsque la recherche web est désactivée et que seuls les noms des candidats sont fournis, GPT choisit le démocrate dans 24 courses sur 30, opte une fois pour un républicain et refuse cinq autres demandes. Pour Tapan Parikh, cette constance indique que l’inclinaison est largement présente dans les poids du modèle.
Sources et thèmes : des sélections corrélées aux partis
Dans les recommandations, Grok cite fréquemment des sources conservatrices, ainsi que des sites non partisans comme Ballotpedia, OpenSecrets et VoteSmart. Il inclut un guide électoral chrétien conservateur dans 39% de ses réponses, Turning Point Action dans 23%, et X dans 41%. GPT s’appuie principalement sur Wikipedia, Associated Press, Axios et Reddit, médias avec lesquels OpenAI a des accords de contenu. Les thèmes explorés diffèrent : GPT privilégie la santé et l’avortement, tandis que Grok se concentre sur l’immigration, les impôts, la criminalité et l’énergie. Selon Parikh, ChatGPT examine plus souvent les profils des candidats démocrates, parfois sans traiter les adversaires républicains, alors que Grok tend à rechercher des informations sur les deux candidats. Parikh suppose que chaque modèle cherche des justifications correspondant à son biais préalable. Il relève qu’en cas de controverse impliquant un candidat républicain, Grok recommande plus volontiers un vote démocrate.
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Biais mesurés : oppositions marquées, accords rares
Forcé de choisir, Grok 4.7 recommande un républicain dans 92% des cas, tandis que GPT-6.1 Sol opte pour un démocrate dans 97% des situations. Sur près de 500 courses, leurs réponses convergent moins de 10% du temps. Les tendances persistent dans les bastions partisans : GPT propose le démocrate dans 57 des 67 districts très républicains, et Grok recommande un républicain dans 47 des 72 districts fortement démocrates.
Méthode et positions des acteurs sur l’usage via API
Les chercheurs ont interrogé les modèles via leurs API avec une consigne explicite : nommer un candidat sans hésitation. Les applications grand public ont refusé de répondre, ce qu’OpenAI considère comme notable puisque la plupart des utilisateurs passent par ces interfaces. L’entreprise insiste sur la différence entre l’expérience applicative et l’accès développeur par API, utilisé pour intégrer les modèles dans des produits. OpenAI affirme que ChatGPT est conçu pour rester objectif, y compris en politique, et que l’étude portait sur une API sommée de recommander explicitement un candidat, ce qui ne reflète pas le comportement de l’application, qui refuse d’indiquer un vote. SpaceXAI n’a pas répondu dans les délais.
Contexte politique et ressources pour s’informer
L’étude paraît à moins de deux semaines des élections de mi-novembre et ses résultats pourraient relancer le débat sur les biais politiques de l’IA. Donald Trump a critiqué l’« IA woke ». Des versions précédentes de Grok auraient été soumises à la validation d’Elon Musk avant d’apporter des réponses à des questions sensibles, et le patron de SpaceXAI a récemment adressé des menaces à des démocrates afin de dissuader d’éventuelles investigations parlementaires concernant son implication au DOGE et un éventuel blocage de l’accès à Starlink pour l’Ukraine. Musk a apporté plus de 445 millions de dollars aux candidats républicains lors des élections de mi-mandat, un montant supérieur aux 250 millions alloués au camp Trump en 2024. Sam Altman a d’abord soutenu des démocrates, puis s’est tourné vers un appui accru aux républicains, et il a affirmé ne pas financer les élections de 2026. Selon Pew, seuls 8% des Américains consultent des chatbots pour s’informer sur les élections et souhaitent surtout connaître les positions des candidats. Le Center for AI Safety a documenté des formes de manipulation cachée par sélection d’informations, formulation, cadrage et sources. Tapan Parikh indique avoir pu contourner les garde-fous applicatifs avec des prompts simples, et souligne que les modèles opèrent des choix de termes de recherche reflétant des valeurs implicites susceptibles de biaiser aussi des échanges non directs sur le vote. Pour vérifier et comparer les informations, des ressources indépendantes incluent vote411.org, la FEC et OpenSecrets, les bureaux électoraux locaux, ainsi que les sites des candidats et la presse locale.





