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Taylor Swift prend des mesures contre l'IA vocale
L'évolution rapide des technologies d'intelligence artificielle permet aujourd'hui de reproduire des voix humaines avec une précision troublante. Cette capacité de clonage vocal pose des défis inédits, notamment pour les artistes dont la voix est un élément central de leur identité professionnelle. La chanteuse américaine Taylor Swift, consciente de ces enjeux, a pris des mesures proactives pour protéger sa voix. Selon un rapport de l'Associated Press, elle a déposé des dossiers auprès de l'office américain des brevets et des marques déposées, visant à protéger non seulement sa voix, mais aussi son apparence.
Parmi ces dépôts, on trouve des enregistrements audio où l'on peut entendre Taylor Swift dire "Hey, it's Taylor Swift" et "Hey, it's Taylor". En outre, elle a également cherché à protéger son image à travers une description détaillée d'une photo où elle apparaît tenant une guitare rose à sangle noire, vêtue d'un body multicolore irisé et de bottes argentées. Elle se tient sur une scène rose devant un microphone multicolore, avec des lumières violettes en arrière-plan. Ces démarches sont approuvées et en cours de traitement, montrant la détermination de l'artiste à se prémunir contre les imitations non autorisées.
La protection des marques sonores : un outil juridique
Josh Gerben, avocat spécialisé en propriété intellectuelle, a souligné dans un billet de blog que l'utilisation des marques sonores pour protéger des voix est une approche innovante, bien que le concept de marque sonore ne soit pas nouveau. Par exemple, Netflix a déjà utilisé ce type de protection pour son célèbre "tu-dum". Ce qui est novateur dans le cas de Taylor Swift, c'est l'application de cette protection à une voix humaine.
Bien que les artistes bénéficient déjà de certaines protections légales, telles que le droit d'auteur, l'enregistrement de leur voix comme marque auprès de l'U.S. Patent & Trademark Office offre une couche de protection supplémentaire. Cela permettrait à Taylor Swift de poursuivre en justice toute reproduction non autorisée de ses enregistrements, ou même des imitations qui pourraient induire le public en erreur. Cette stratégie s'applique également à son image, où des avocats pourraient intervenir si des créations IA ressemblaient trop à l'image protégée.
Les dépôts de marques de Swift suggèrent un changement plus large dans la manière dont les célébrités utilisent le droit des marques pour lutter contre l'IA. L'avocat Gerben a également mentionné que d'autres célébrités, comme l'acteur David McConaughey, ont entrepris des démarches similaires, soulignant une tendance croissante dans l'industrie.
Un modèle pour d'autres célébrités
Alors que certains voient dans ces technologies une menace, d'autres y perçoivent une opportunité. Des entreprises comme ElevenLabs proposent des services où les droits d'imiter la voix de célébrités peuvent être acquis, ouvrant ainsi de nouvelles voies de monétisation. Avec l'amélioration constante de l'IA vocale, il est probable que d'autres artistes suivent l'exemple de Taylor Swift et David McConaughey en adoptant des mesures similaires pour protéger leur identité vocale.
Par ailleurs, Google a développé une technologie de "détection de ressemblance" sur YouTube, permettant aux créateurs de repérer les contenus où leur visage aurait été altéré ou généré par l'IA. Cependant, un tel dispositif automatisé n'existe pas encore pour la voix, laissant un vide que les artistes cherchent à combler par des moyens légaux.
En somme, les actions de Taylor Swift pourraient bien marquer le début d'une nouvelle ère dans la protection des identités vocales face aux avancées de l'intelligence artificielle.

