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Une analyse de 29,4 millions de profils LinkedIn aux États-Unis décrit une vaste réécriture a posteriori des expériences, avec l'IA ajoutée bien après coup. Résultat : un instantané de 2026 surestimerait d’environ 30 % la présence des compétences IA en 2022. La pratique, particulièrement répandue dans la tech, s’accompagne d’un recul des termes liés au télétravail et au DEI.
Un instantané 2026 surestimerait l’IA de 30 % en 2022
Il est estimé qu’un relevé effectué en 2026 surestimerait d’environ 30 % la prévalence des compétences liées à l’IA en 2022. Ils préviennent plus largement que les profils LinkedIn du moment ne sont pas un enregistrement fixe du passé. La modification médiane intervient plus de quatre ans après la fin de l’emploi, signe que les historiques évoluent dans le temps. Comme le résument les chercheurs, « le travail est le même, mais la façon dont ils en parlent a changé ».
Ce que les profils réécrivent : IA en hausse, télétravail et DEI en recul
Depuis la sortie de ChatGPT fin 2022, les ajouts rétroactifs de termes comme « IA », « GPT », « LLM » et « intelligence artificielle » aux rôles passés ont augmenté de plus de six fois. À l’inverse, les utilisateurs se montrent moins enclins à ajouter des mentions liées au télétravail ; fin de 2025, ces termes étaient autant ajoutés que supprimés, dans un mouvement coïncidant avec des mandats de retour au bureau. Les ajouts de « diversité », « équité », « inclusion » et « DEI » ont fortement reculé au début de 2025, coïncidant avec des décrets exécutifs de Donald Trump en janvier visant ces programmes. Les chercheurs parlent de « voyage dans le temps » pour qualifier ces révisions, et notent que l’« expertise en intelligence artificielle » apparaît de plus en plus souvent dans ces ajouts rétroactifs. Ils relèvent aussi que ces modifications se produisent fréquemment quand les personnes se préparent à changer d’emploi, écrivant que les travailleurs adaptent leur CV à ce qu’ils pensent que les employeurs attendent.
Qui modifie le plus : 31,6 % dans la tech, 19,7 % au global
Au total, 19,7 % des profils étudiés affichaient au moins une modification rétroactive d’un intitulé ou d’une description de poste. La pratique culmine dans la technologie et l’information (31,6 %), devant les arts, divertissement et loisirs (25 %) puis les services professionnels, scientifiques et techniques (24,1 %). Les chercheurs se basent sur 29,4 millions de profils américains, analysés via des instantanés mensuels dans un article de travail du NBER. Les données ont été collectées par Revelio Labs entre août 2020 et janvier 2026.
Méthode, auteurs et précautions d’interprétation
Le travail est signé par l’économiste de Stanford Nicholas Bloom avec des chercheurs de Stanford et de Revelio Labs, et n’a pas été évalué par des pairs. Il est précisé que les ajouts d’IA ne signifient pas forcément une exagération des compétences : ils peuvent aussi refléter des détails oubliés initialement ou une reformulation dans un vocabulaire jugé plus attractif par les candidats. Pour eux, ces révisions livrent un aperçu des stratégies de positionnement sur un marché du travail influencé par l’IA, tout en évoluant au gré d’événements externes comme les mandats de retour au bureau.



