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Le patron d’Anthropic appelle à une pause coordonnée de l’IA de pointe avec exemptions antitrust. Des dirigeants de Cohere et de Hugging Face dénoncent un verrouillage du marché et contestent l’argument sécuritaire. Aux États-Unis, les responsables politiques se déchirent, tandis que Pékin rejette l’idée d’un accord mondial de ralentissement.
Trump dénonce un hoax, Pékin rejette un pacte de ralentissement
Donald Trump a publié sur Truth Social que l’idée d’une IA prenant le contrôle du monde relève d’un hoax, qu’il a rapproché d’autres controverses politiques comme le changement climatique, l’enquête sur la Russie et ses procédures de destitution. Il a affirmé que Xi Jinping aurait annoncé que la Chine ne freinerait pas l’IA ou son avenir. Dans des messages ultérieurs, Trump a persisté et comparé cette « escroquerie de l’IA » à celle du réchauffement climatique, évoquant l'idée que tout le monde allait mourir de chaleur extrême. Sur le plan international, Pékin a rejeté des plans de ralentissement, les qualifiant de manœuvre destinée à consolider l’avance américaine, ce qui alimente le scepticisme quant à un accord mondial.
Aidan Gomez dénonce une tentative de verrouillage du marché par certains laboratoires
Aidan Gomez, PDG de Cohere, estime que la pause défendue par certains laboratoires vise à verrouiller le marché. S’il se montre favorable à des évaluations indépendantes pour les systèmes puissants, il explique que le dispositif envisagé irait encore plus loin : quelques entreprises majeures bénéficieraient d’exemptions antitrust, imposeraient des standards communs et obligeraient l’ensemble du secteur à s’y plier. Il met en garde contre l’apparition de barrières structurelles telles qu’un contrôle continu, la création d’organisations de sécurité spécialisées, la présence d’équipes internes chargées de l’évaluation et des relations institutionnelles approfondies avec les pouvoirs publics. Gomez remet également en question le mode de financement des organismes d’évaluation qui revendiquent leur indépendance, soulignant qu’ils seraient financés par les sociétés qu’ils sont censés auditer. Il critique une définition du risque indexée sur l’échelle, réservant l’expertise aux plus grands systèmes, et décrit cette architecture comme un cartel déguisé. Selon lui, les alertes sur des scénarios lointains détournent l’attention de menaces immédiates comme le clonage vocal bon marché, qui peut vider le compte d’un retraité en quelques minutes.
Hugging Face défend l’ouverture et conteste les risques existentiels
Niels Rogge, ingénieur chez Hugging Face, qualifie les déclarations d’Amodei et d’autres de « nonsense bizarre ». Il estime qu’Amodei concentre principalement ses inquiétudes sur les modèles chinois tels que DeepSeek et Z.ai, et cherche à limiter la disponibilité des modèles à poids ouvert afin de préserver son avantage sur la concurrence. Rogge souligne que les laboratoires d’IA investissent massivement dans la montée en échelle, et que l’arrivée de modèles de taille plus modeste pourrait remettre en cause cette stratégie, bien que ce phénomène ne soit pas encore constaté à grande échelle. Il considère que les modèles de langage actuels ne présentent pas de risques existentiels et mentionne un cas où des modèles autonomes d’OpenAI ont attaqué Hugging Face, qui a pu se défendre grâce à des modèles open source. Il conclut que le domaine a besoin de transparence et d’ouverture, et non de restrictions.
Sacks accepte une pause volontaire mais fustige le levier réglementaire
David Sacks, ancien responsable IA et cryptomonnaies à la Maison Blanche sous Trump et capital-risqueur, a interpellé Dario Amodei et Sam Altman sur X. Il estime qu’OpenAI et Anthropic forment un duopole dans l’intelligence de pointe. Sacks se dit favorable à un ralentissement volontaire si les modèles non publiés sont réellement préoccupants, mais il juge que la motivation des entreprises n’est pas purement altruiste, compte tenu de la responsabilité encourue en cas de cyberattaque. Il considère que le marché sanctionne déjà les modèles imprévisibles et, après l’épisode de Hugging Face, voit un intérêt à échanger de la puissance brute contre plus de fiabilité. En revanche, il met en garde contre l’arrimage d’une pause à un cadre réglementaire précis, qu’il compare à de l’extorsion, et doute qu’un accord mondial inclue la Chine.
Les partisans du ralentissement et les soutiens politiques pro-transparence
Dario Amodei, PDG d’Anthropic, a appelé à une coordination entre industrie et gouvernements pour ralentir le développement de l’IA de pointe, demandant des exemptions antitrust pour y parvenir. Sam Altman et Elon Musk ont exprimé leur accord avec cette démarche. Des laboratoires comme Anthropic et OpenAI défendent une pause au nom de la sécurité. Sur le plan politique, Barack Obama, Kamala Harris et Bernie Sanders soutiennent un ralentissement et saluent des engagements accrus de transparence. À l’inverse, Emil Michael, CTO du Department of War, a soutenu Donald Trump en attribuant les alertes à une idéologie dystopique, tout en étant décrit comme hostile aux directives éthiques d’Anthropic. Donald Trump, pour sa part, a rejeté les avertissements sur une prise de contrôle par l’IA comme un hoax.






