Brief IA : Rillet lève 100 M$, Kopp anticipe des profils IA dans le conseil

Rillet lève 100 M$, Kopp anticipe des profils IA dans le conseil

Brief IA
Tom Levy·4 min·5 vues

Rillet a levé 100 M$ en série C, atteignant une valorisation d'1 Md$ et comptant plus de 600 clients, avec des alliances stratégiques avec EY, RSM et KPMG. Nicolas Kopp anticipe une demande accrue pour des spécialistes en IA et en gestion de données, prévoyant que l'automatisation va réduire les postes juniors dans le conseil d'ici deux à trois ans, ce qui transforme la structure du marché logiciel.

En bref
1Rillet lève 100 M$ en série C, valorisée 1 Md$
2Plus de 600 clients, alliances avec EY, RSM et KPMG
3Kopp prévoit une demande accrue de profils techniques et la montée des agents d’IA
💡Pourquoi c'est importantL'automatisation portée par l'IA transforme les métiers du conseil et la structure du marché logiciel.
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L'analyse en français

La montée des agents d’IA recompose les équipes des cabinets de conseil, selon Nicolas Kopp. Rillet annonce une série C de 100 M$ à 1 Md$ de valorisation, revendique plus de 600 clients et scelle des alliances avec EY, RSM et KPMG. Andreessen Horowitz a analysé 56 clients et constaté un mois de clôture largement automatisé, tandis que Kopp prévoit la fin de la facturation au siège au profit d’agents.

Kopp prévoit l’essor de profils IA et l’érosion des postes juniors

Nicolas Kopp anticipe une demande croissante pour des spécialistes capables de manier de grands ensembles de données, de travailler avec l’IA et de construire des agents. Il estime que, d’ici deux à trois ans, une partie du travail généraliste d’entrée de carrière sera absorbée par l’automatisation, ce qui renforcera la demande pour des experts métier. Cette évolution intervient alors que la comptabilité subit une pénurie durable de talents. Selon Kopp, le niveau d’exigence s’élève et l’IA agit comme égaliseur d’information : les cabinets ont besoin de profils plus qualifiés, faute de quoi la machine peut accomplir la tâche. Dans le même temps, les embauches de spécialistes techniques progressent et une nouvelle catégorie, les « ingénieurs déployés en avant », se généralise. Indeed fait état d’une hausse de plus de 5 000 % des offres pour ces rôles en avril, et Kopp y voit aussi un argument de recrutement pour attirer une génération plus technophile.

Alliances avec EY, RSM et KPMG et premiers agents en construction

Rillet a annoncé en avril une alliance de développement d’entreprise avec EY et collabore désormais aussi avec RSM et KPMG, selon Nicolas Kopp. À court terme, il situe la principale opportunité des cabinets dans la gestion du changement et l’implémentation. À plus long terme, Kopp décrit un chantier de capitalisation de l’expertise comptable sous forme de fichiers de compétences, dépôts et agents superposés à des systèmes d’IA. Selon lui, la création d’agents représente un potentiel important. Rillet travaille déjà à la mise en place d’agents dédiés à l’analyse et au reporting pour des tableaux de bord de prévision, ainsi qu’à des solutions de contrôle et de surveillance des risques qui simplifient la revue de grands volumes de données.

La clôture mensuelle s’accélère ; 87 % ont moins de 1 % à revoir

Les solutions natives de l’IA rapprochent la clôture mensuelle d’une journée de travail ordinaire. Andreessen Horowitz rapporte que, sur 56 clients de Rillet, 87 % n’avaient plus que moins de 1 % d’écritures à vérifier en fin de mois. Cette automatisation s’inscrit dans un mouvement plus large du logiciel d’entreprise, parfois qualifié de « SaaSpocalypse » par des investisseurs. Nicolas Kopp prévoit aussi une inflexion des modèles d’achat : la facturation au nombre d’utilisateurs lui paraît vouée à disparaître à mesure que des agents d’IA réalisent davantage de tâches, au détriment des usages « au clic ».

Rillet revendique plus de 600 clients, dont Mercor et Neuralink

Rillet affirme servir plus de 600 clients publics et privés, parmi lesquels Mercor, Neuralink, Temporal et Skild AI. Selon l’entreprise, 40 % de sa clientèle provient de secteurs hors technologie et IA, comme la santé, les services financiers, le commerce de détail et la biotechnologie. Toujours d’après Rillet, la moitié des clients a été conquise depuis des ERP traditionnels (NetSuite, Workday, Oracle Fusion, Sage Intacct), l’autre moitié venant d’Intuit. La société indique avoir doublé ses revenus récurrents annuels au dernier trimestre et être sortie de l’ombre il y a deux ans.

100 M$ en série C, valorisation à 1 Md$ et cap sur les ERP

Rillet annonce une série C de 100 M$ pour une valorisation d’1 Md$, après 200 M$ levés au cours de l’année passée sur trois tours. La startup de comptabilité native de l’IA se positionne comme une alternative aux ERP historiques, avec un logiciel qui vise à simplifier les opérations et à réduire la dépendance aux suites classiques. Rillet parie que l’IA accélère la tenue des comptes en actualisant les livres au fil des transactions, avec pour objectif de diminuer le temps passé à cliquer dans les applications. En toile de fond, la mise en œuvre d’ERP comme Oracle Fusion — une suite cloud pour finances et opérations — peut mobiliser des années de conseil ; Nicolas Kopp évoque même des projets multiples vécus comme fastidieux. Rillet s’inscrit dans une vague de jeunes acteurs (Light, Campfire, DualEntry) qui promettent de libérer les équipes financières de ces systèmes et revendique s’attaquer aux fournisseurs traditionnels.

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