Ro dévoile Robin, un agent IA formé sur les données de ses clients, capable d’automatiser des tâches de santé et de personnaliser les recommandations. Son PDG, Zach Reitano, ambitionne d’en faire le point d’entrée des soins pour intégrer davantage de prises en charge. Le chercheur Ateev Mehrotra (Brown) appelle à des preuves d’efficacité et souligne les enjeux de confidentialité et d’incitations financières.
Des preuves réclamées et la confidentialité en question, selon Brown
Ateev Mehrotra, chercheur en télémédecine et président du département de politique de santé à l’Université Brown, estime que l’idée d’utiliser des données médicales pour améliorer les recommandations est prometteuse, mais que son efficacité reste à démontrer. Il souligne que les utilisateurs partagent beaucoup d’informations et qu’un bénéfice concret doit être prouvé avant une adoption massive. Mehrotra se dit plus enclin à utiliser un agent intégré à un système officiel de dossiers de santé électroniques, qui centralise l’historique partagé avec les médecins et spécialistes d’un même hôpital et doit respecter des règles strictes de confidentialité. Il ajoute que son système de santé n’a pas les incitations financières qu’il juge problématiques chez Ro, et qu’avec plus de données et moins d’incitations de ce type, il serait susceptible d’utiliser un tel outil.
Ce que Robin sait faire et les données qu’il exploite aujourd’hui
L’agent Robin de Ro s’appuie sur des informations issues de médecins, des retours de patients, des prescriptions et des données de smartphones pour personnaliser ses recommandations. Il est en mesure de proposer des modifications de traitement, de recommander des ajustements de posologie ou de conseiller des routines afin de réduire certains effets secondaires. Robin peut aussi suggérer des changements dans les ordonnances, organiser des livraisons ou encore rédiger des notes à l’attention d’un professionnel de santé. Au cours de sa démonstration, l’outil a montré des exemples d’utilisation tels que la prise en charge des effets indésirables, l’organisation des repas ou l’ajustement des traitements.
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Ro vise un rôle de "quarterback" et davantage de soins en interne
Zach Reitano présente Robin comme un futur "quarterback" des soins, avec l’objectif d’identifier les situations où les clients consultent des spécialistes pour des motifs courants et d’intégrer progressivement ces prises en charge au sein de Ro. Il considère qu’il est peu probable qu’un acteur unique gère l’ensemble des soins d’une personne, mais anticipe l’émergence d’un point d’appui qui aide à naviguer dans le système de santé. Ro souhaite élargir ce rôle pour que les patients soient mieux pris en charge à l’intérieur de son écosystème et vise, à terme, une clinique virtuelle à service complet. Reitano affirme que privilégier des profits à court terme au détriment de l’expérience patient ne serait pas dans l’intérêt de l’entreprise.
Un lancement officiel et un marché déjà riche en agents santé
Ro a officialisé le lancement de son agent de santé IA un jeudi, après l’avoir annoncé publiquement. Robin, formé sur des données clients et conçu pour aller au-delà d’un simple questionnaire de type ChatGPT, a été présenté en avant-première. Il arrive sur un marché où assureurs, acteurs de la télémédecine, fournisseurs de dossiers électroniques et chatbots promettent déjà des gains d’accès, des délais réduits et des recommandations plus personnalisées grâce à l’IA. Zach Reitano est également intervenu lors de l’événement The Long Play le même jour.



