Brief IA : Satlyt lève 8 M$ et embarque son IA sur un satellite

Satlyt lève 8 M$ et embarque son IA sur un satellite

Brief IA
Tom Levy·4 min·2 vues

Satlyt, cofondée par Rama Afullo, a levé 8 millions de dollars pour exécuter son logiciel d'IA sur un satellite TakeMe2Space, avec des clients comme la NASA. Un test précédent a montré une réduction de plus de 60% de la taille des transmissions à bord, ce qui pourrait générer des économies significatives. La startup vise à établir un cloud orbital tiers en partageant des calculs entre satellites dès l'année prochaine.

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En bref
1Satlyt, cofondée par Rama Afullo, a levé 8 M$
2Un vol est prévu pour exécuter son logiciel d’IA embarquée sur un satellite TakeMe2Space, avec trois clients dont la NASA
3Un test antérieur a permis de réduire de plus de 60% la taille d'une transmission à bord
4Satlyt vise un calcul partagé entre deux satellites l’an prochain, en vue d’un cloud orbital tiers
💡Pourquoi c'est important — Satlyt veut rendre possible l'exécution de modèles d'IA et le partage de calculs directement en orbite, ce qui pourrait réduire les coûts et ouvrir la voie à un cloud spatial accessible à plusieurs acteurs.
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L'analyse en français

Satlyt, cofondée par l'ingénieur Rama Afullo, veut exécuter des modèles d'IA directement à bord des satellites et répartir des calculs entre engins. La startup a réuni 8 millions de dollars et prépare un vol avec trois clients, dont la NASA, après avoir déjà démontré une réduction de transmission supérieure à 60% lors d'un test en orbite.

Une mission avec trois clients et un test à plus de 60% de gain

Lors d'une démonstration en orbite, le modèle Gemma déployé par Satlyt a permis de réduire de plus de 60% la taille d'une transmission liée à des erreurs logicielles à bord. Selon Rama Afullo, une telle efficacité peut représenter des économies de centaines de milliers de dollars par satellite et par an. Le transfert de données vers la Terre restant coûteux et souvent lent, l'exécution locale et la prise de décision à bord sont présentées comme un levier d'économies, que ce soit pour traiter des anomalies ou des données capteurs sans renvoi systématique au sol. La prochaine mise en œuvre est prévue à bord d'un vaisseau construit par la startup indienne TakeMe2Space et associe trois clients : la NASA, qui finance des tests de protocoles de cloud computing en orbite, Stellerian pour des charges de traitement d'images, et TakeMe2Space pour démontrer l'hébergement logiciel tiers. Le logiciel doit s'envoler jeudi sur une fusée SpaceX, aux côtés du premier prototype du Project Suncatcher de Google.

Le produit : de l'IA embarquée sans construire de vaisseaux

Satlyt développe un logiciel permettant d'exécuter des modèles d'IA directement sur des satellites. L'objectif est de répartir de grandes tâches informatiques entre plusieurs engins sans s'occuper de l'infrastructure sous-jacente, à la manière de plateformes comme VMWare ou Snowflake. La société ne prévoit pas de bâtir ses propres vaisseaux spatiaux et veut faire tourner son logiciel sur des satellites appartenant à différentes entreprises. Deux missions de démonstration ont déjà servi à valider des briques de cette approche.

Prochaine étape : un calcul partagé sur deux satellites

Peu de GPU puissants se trouvent aujourd'hui en orbite, ce qui oriente pour l'heure les cas d'usage vers les charges traitées par Satlyt. L'entreprise prévoit de réaliser l'an prochain un test visant à prouver le fonctionnement d'un système de calcul partagé entre deux satellites différents. Si cette expérimentation aboutit, elle compte offrir un cloud de calcul en orbite, agissant comme prestataire externe pour les fabricants de vaisseaux.

8 M$ levés, Non Sibi en chef de file et un pari mesuré

Satlyt a réuni 8 millions de dollars lors d'un tour dirigé par Non Sibi Ventures, basée à Houston. Bernard Harris, partenaire du fonds et ancien astronaute de la NASA pendant plus de 20 ans, a contribué à forger la conviction de la firme dans ce modèle d'activité. Selon le partenaire Kent Lucas, l'investissement tient notamment au fait que Satlyt n'est pas tributaire de la vision la plus ambitieuse des centres de données spatiaux, aux économies incertaines et ralenties par les lancements. Il estime que la réussite peut être portée simplement par le nombre de satellites mis en orbite, sans nécessiter de centres de données dans l'espace.

Origines, ambition de 20% des satellites et calendrier

Avant Satlyt, Rama Afullo a dirigé des produits cloud chez Google et travaillé brièvement en 2024 pour Starlink, après quoi il a cofondé l'entreprise entre Sunnyvale et Nairobi. Il affirme vouloir bâtir l'équivalent d'un Android ouvert pour les centres de données orbitaux et vise une présence sur 20% des satellites d'ici la fin de la décennie. Il s'attend à ce que presque tous les constructeurs intègrent des GPU et processeurs avancés dans leurs engins à cet horizon et considère qu'envoyer un satellite sans GPU revient à se pénaliser. SpaceX s'est déjà engagé dans les centres de données en orbite, et Satlyt doit apparaître à Disrupt dans la compétition Battlefield, du 13 au 15 octobre, à San Francisco.

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