La jeune pousse bi-continentale Satlyt veut faire tourner des modèles d’IA directement à bord des satellites et mutualiser des tâches de calcul en orbite. Dotée de 8 millions de dollars, elle vise 20% de la flotte mondiale à la fin de la décennie et prépare un test en vol cette semaine sur un satellite TakeMe2Space, tandis que Google enverra son prototype Project Suncatcher sur la même fusée.
Objectifs : 20% des satellites visés et pari sur l’adoption des GPU
Rama Afullo vise une présence sur 20% des satellites d’ici la fin de la décennie. Il s’attend à ce que presque tous les constructeurs intègrent des GPU et d’autres processeurs avancés à cet horizon, allant jusqu’à estimer qu’envoyer un satellite sans GPU revient à se pénaliser. Côté investisseurs, Non Sibi Ventures met en avant que le modèle de Satlyt ne repose pas sur une hypothèse ultra-optimiste des centres de données orbitaux, dont l’économie et la cadence de lancement restent incertaines. Pour Kent Lucas, partenaire de la société, le succès peut simplement dépendre du nombre de satellites mis en orbite. Bernard Harris, partenaire chez Non Sibi Ventures et ancien astronaute de la NASA pendant plus de 20 ans, a contribué à ancrer cette conviction.
Financement et identité : 8 M$ levés et une équipe passée par Google et SpaceX
Satlyt a réalisé un tour de financement initial de 8 millions de dollars, dirigé par Non Sibi Ventures, basée à Houston. La société opère depuis Sunnyvale, en Californie, et Nairobi. Son cofondateur, l’ingénieur kéno-américain Rama Afullo, a travaillé dans le cloud computing chez Google et brièvement en 2024 sur le réseau Starlink de SpaceX. Après avoir quitté SpaceX, il a cofondé Satlyt, affirmant que ses tentatives de porter cette idée en interne chez SpaceX puis chez Google avaient été refusées.
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Approche : un logiciel multi-constellations pour l’IA à bord
Satlyt ne prévoit pas de construire ses propres vaisseaux spatiaux : l’entreprise développe un logiciel pour exécuter des modèles d’IA à bord et le proposer à des opérateurs multiples. Elle compare son approche à VMware et Snowflake, en gérant la complexité de l’infrastructure sous-jacente. L’objectif initial est de générer des gains d’efficacité opérationnelle, dans un contexte où le downlink reste coûteux et souvent lent, et où des décisions prises à bord peuvent réduire les charges au sol. Alors que peu de GPU puissants sont encore en orbite, la société estime que les types de charges de travail qu’elle cible constituent l’opportunité la plus probable à court terme. Son prochain jalon est une démonstration l’année prochaine d’un calcul partagé sur deux satellites, prélude envisagé à un cloud orbital opéré en tiers. Rama Afullo résume l’ambition en affirmant transformer un satellite en service géré générant des revenus. Cette dynamique intervient tandis que SpaceX s’engage dans les centres de données orbitaux et que d’autres startups, comme Starcloud et Cowboy Space Company, poursuivent des projets similaires.
Démonstrations : 60% de données en moins et un nouveau vol cette semaine
Satlyt a déjà mené deux missions de démonstration. Plus tôt cette année, la société a déployé le modèle Gemma de Google DeepMind à bord d’un vaisseau opéré par Momentus : la taille d’une transmission d’erreurs logicielles a été réduite de plus de 60%, une efficacité qui, selon Rama Afullo, peut représenter des centaines de milliers de dollars économisés par satellite et par an. Un nouveau vol est prévu cette semaine sur un satellite construit par TakeMe2Space, avec trois clients impliqués : la NASA, qui finance des tests de protocoles de cloud computing en orbite, Stellerian pour des charges de traitement d’images, et TakeMe2Space pour démontrer l’hébergement de logiciels tiers. La même fusée doit embarquer le premier prototype du projet spatial de Google, Project Suncatcher. Parallèlement, Satlyt figure parmi plusieurs dizaines de startups en lice au Battlefield de Disrupt, organisé cette semaine dans le centre de San Francisco.





