Une série de science-fiction de 83 minutes, conçue sans tournage traditionnel, revendique 38 000 $ de crédits d’IA et un flux de travail intensif mêlant Seedance, Kling et Claude. Son équipe détaille coûts, cadence de génération et arbitrages créatifs, alors que Hollywood oscille entre prudence syndicale et usages déclarés par Netflix.
Hollywood s’interroge tandis que The Arc tourne en salles privées
Le recours à l’IA dans le secteur cinématographique suscite toujours des débats à Hollywood, où certains estiment qu’il représente un danger pour les emplois. L’année dernière, le syndicat SAG-AFTRA a dénoncé Tilly Norwood, un personnage conçu par intelligence artificielle et présenté comme un acteur, mettant en garde contre les conséquences potentielles pour les revenus des acteurs et la reconnaissance du savoir-faire humain. De son côté, Ted Sarandos, co-directeur général de Netflix, a déclaré en juillet que l’IA avait été utilisée à un moment donné du processus de production sur près de 300 œuvres de la plateforme. The Arc a déjà été présenté en projection en personne à Londres et à Los Angeles, et son équipe dit travailler à toucher un public plus large. Darin Stewart exprime le souhait d’atteindre un stade où les spectateurs apprécient l’œuvre sans s’attarder sur la manière dont elle a été produite.
L’équipe de The Arc affirme avoir utilisé 38 000 $ de crédits IA pour cinq épisodes
Les créateurs de The Arc déclarent avoir mobilisé environ 38 000 $ de crédits d’IA, fournis via Artlist, pour une série totalisant environ 83 minutes en cinq épisodes. Les dépenses moyennes annoncées s’élèvent à environ 7 600 $ par épisode, pour des durées allant de 10 à 22 minutes selon les cas. Un plan pouvait nécessiter 8 à 10 générations, l’équipe procédant d’abord en basse résolution avant d’augmenter la qualité une fois le rendu souhaité atteint. Les scènes, notamment situées dans le Japon des années 1600 et le Montana des années 1800, ont été générées principalement avec Seedance et Kling, Seedance étant l’outil privilégié selon l’équipe.
Une chaîne d’écriture et de design centrée sur Claude, ShotDeck et Figma
Pour chaque épisode, l’équipe enregistrait un exposé verbal d’environ 10 minutes couvrant actions, dialogues spécifiques et mouvements de caméra. Ce contenu servait de prompt à Claude d’Anthropic, qui livrait en quelques minutes un script exploitable puis édité par les cinéastes. ShotDeck et Figma ont été utilisés pour constituer fiches de personnages et mood boards, tandis que des images étaient générées avec des outils comme Google’s Nano Banana Pro et GPT Image 2. Stewart estime que la méthode s’est révélée assez proche d’une production traditionnelle et souligne un niveau de détail comparable au travail sur plateau. Un décor de salle à manger à sols blancs lumineux, inspiré du film 2001: L’Odyssée de l’espace (1968), illustre ce soin, l’équipe allant jusqu’à spécifier une statue en pierre et les peintures, Claude intervenant aussi comme assistant de recherche. Sans recourir à des acteurs, décors, accessoires ou costumes physiques, le montage final du premier épisode a été livré trois semaines et demie après l’approbation, dans un cadre où l’idéation humaine a défini intrigue, personnages et décors.
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Ce que l’IA change selon l’équipe : décors d’époque, improvisations et budget
Darin Stewart indique qu’il n’avait pas les ressources nécessaires pour tourner une scène de bataille au Japon, et souligne que l’intelligence artificielle lui a permis de situer l’action dans le Japon du XVIIe siècle ou le Montana du XIXe siècle sans les limitations financières habituelles. Simone Ferretti estime que l’intelligence artificielle pourrait permettre à des créateurs sans budget ou sans contacts de porter plus d’histoires à l’écran, et encourage l’expérimentation : The Arc a ainsi pu intégrer la mort imprévue d’un personnage sans avoir à organiser de nouveaux tournages à distance. Stewart ajoute qu’avec un budget plus important, davantage de postes auraient été pourvus, tout en précisant que chaque membre de l’équipe a été rémunéré à son tarif journalier complet comme sur un plateau. Il dit avoir regretté la camaraderie du tournage tout en jugeant l’expérience stimulante au regard de ce que la technologie rend possible. Les cinéastes affirment enfin que l’IA les a soulagés de contraintes budgétaires typiques, tout en couvrant des périodes et lieux généralement coûteux.
Où voir The Arc et qui la porte
The Arc est disponible gratuitement sur le site d’Artlist, plateforme qui a approuvé la série. Le film est réalisé par Darin Stewart et produit par Simone Ferretti, producteur exécutif. Le récit prend place dans une Amérique du futur proche, où un ancien soldat emprisonné doit traverser des simulations historiques dangereuses afin de pouvoir acheter un traitement pour sauver son fils mourant. La réalisation a été assurée par une équipe restreinte, utilisant des crédits d’IA proposés par Artlist, qui met à disposition plusieurs outils de génération d’images et de vidéos sur une même plateforme.




