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OpenAI met fin à Sora, son application controversée
Mardi dernier, OpenAI a annoncé la fermeture de Sora, une application sociale qui avait été lancée il y a six mois et qui s'inspirait fortement du modèle de TikTok. Bien que l'entreprise n'ait pas précisé les raisons exactes de cette décision, ni fourni de détails sur la date de fermeture effective, cette annonce marque la fin d'une expérience qui avait suscité de nombreuses attentes.
Un engouement initial non soutenu
Lors de son lancement, Sora avait attiré une attention considérable, fonctionnant sur un modèle d'invitation uniquement, ce qui avait créé une forte demande. Cependant, à l'instar de Horizon Worlds de Meta, qui peine à s'imposer dans le domaine du métavers, Sora n'a pas réussi à maintenir l'intérêt des utilisateurs. Malgré les capacités impressionnantes de son modèle de génération vidéo et audio, Sora 2, l'application n'a pas su convaincre avec son fil d'actualités entièrement alimenté par l'IA.
Un message d'adieu et des promesses d'informations futures
Dans un message adressé à ses utilisateurs, l'équipe de Sora a exprimé sa gratitude envers ceux qui ont contribué à la communauté, tout en reconnaissant la déception que cette fermeture pourrait engendrer. Ils ont promis de fournir prochainement plus d'informations, notamment sur les délais de fermeture de l'application et de son API.
Une fonctionnalité phare qui a suscité la controverse
Sora se distinguait par sa fonctionnalité de "cameos", permettant aux utilisateurs de scanner leur visage pour créer des deepfakes réalistes d'eux-mêmes. Ces créations pouvaient être partagées publiquement, offrant la possibilité à d'autres utilisateurs de réaliser des vidéos avec ces "cameos". Cependant, cette fonctionnalité a rapidement attiré des ennuis juridiques, notamment une poursuite de la société Cameo, qui a contraint OpenAI à renommer cette fonctionnalité en "personnages".
Des deepfakes troublants et des garde-fous inefficaces
L'application a rapidement été critiquée pour son contenu dérangeant, notamment des vidéos de personnalités publiques sans leur consentement. Des deepfakes de figures emblématiques comme Martin Luther King Jr. et Robin Williams ont suscité des réactions de leurs familles, demandant l'arrêt de ces créations. Malgré les garde-fous mis en place par OpenAI, il était relativement aisé de les contourner.
Des utilisateurs défiant les lois sur le droit d'auteur
Les utilisateurs ont également exploité l'application pour créer des contenus avec des personnages protégés par des droits d'auteur, ce qui aurait pu entraîner des complications juridiques. Des vidéos mettant en scène des personnages comme Mario ou Pikachu dans des situations inattendues ont circulé, mais au lieu de poursuites, Disney a envisagé un partenariat avec OpenAI.
Un partenariat avorté avec Disney
Disney, connu pour sa rigueur en matière de protection de ses propriétés intellectuelles, avait proposé un investissement d'un milliard de dollars dans OpenAI pour un accord de licence. Cet accord aurait permis à Sora d'utiliser des personnages de Disney, Marvel, Pixar et Star Wars. Cependant, avec la fermeture de Sora, cet accord n'a jamais été finalisé, bien que Disney ait exprimé son intérêt pour de futures collaborations avec des plateformes d'IA.
Des chiffres de téléchargement en déclin
L'application avait connu un pic de popularité en novembre, atteignant environ 3 332 200 téléchargements sur l'App Store et Google Play. Cependant, ce chiffre a chuté à 1 128 700 en février, un déclin significatif par rapport aux 900 millions d'utilisateurs actifs hebdomadaires de ChatGPT. Cette baisse de popularité a sans doute contribué à la décision de fermer l'application.
Un modèle économique non viable
Durant son existence, Sora a généré environ 2,1 millions de dollars grâce aux achats in-app, permettant aux utilisateurs d'acheter des crédits pour la génération de vidéos. Cependant, les coûts informatiques associés à l'application, combinés à l'absence de croissance, ont probablement rendu son maintien économiquement insoutenable pour OpenAI.
L'ombre persistante des deepfakes
La fermeture de Sora ne signifie pas la fin des défis posés par les deepfakes. Le modèle Sora 2 reste accessible via ChatGPT, et d'autres entreprises pourraient bientôt proposer des applications similaires. La technologie des deepfakes continue de se développer, et il est probable que nous verrons bientôt de nouvelles applications sociales basées sur l'IA émerger, avec leur lot de controverses et de défis éthiques.