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Donald Trump a enclenché un rebranding de l’intelligence artificielle en « super intelligence », via un discours à l’ONU puis un décret limitant l’usage de « IA ». Plusieurs figures de la tech, d’Elon Musk à Jensen Huang, reprennent cette terminologie, tandis que Sam Altman salue le terme sans rebaptiser OpenAI. Mais le Congrès n’est pas tenu d’abandonner « intelligence artificielle » et la notion de « superintelligence » a déjà un sens technique établi.
Le Congrès conserve « intelligence artificielle » et les textes en vigueur
Donald Trump ne peut pas interdire au Congrès d’utiliser l’expression « intelligence artificielle ». Cette expression figure dans des lois existantes comme la Take It Down Act, que les agences de l’administration devront continuer à citer lors de procédures judiciaires. Par ailleurs, le sénateur Bernie Sanders s’appuie sur la définition antérieure de superintelligence dans ses efforts pour restreindre l’IA puissante et a co-parrainé début septembre une proposition de loi intitulée Ban Artificial Superintelligence Act.
Discours à l’ONU et décret pour bannir le sigle « IA »
Le mois dernier à l’ONU, Donald Trump a affirmé que « l’utilisation du mot artificiel rend l’intelligence fausse » et a promis de renommer la technologie en « super intelligence ». Il a ensuite publié, la semaine dernière, un décret visant à interdire autant que possible l’emploi du terme « IA ». Cette initiative s’inscrit dans une démarche plus large de rebranding décidé par décret, alors qu’il décourage l’auto‑régulation du secteur.
Renommages officiels et novlangue dans la communication fédérale
Le Centre américain pour les normes et l’innovation en IA (CAISI), qui avait déjà succédé à l’Institut de sécurité de l’IA à la suite d’un changement de nom, porte désormais le nom de Centre pour l’avancement de l’innovation et des normes pour la super intelligence (CAISSI). Des communiqués émis par le ministère de la Justice ont été révisés afin d’adopter cette nouvelle terminologie, au point de décrire une affaire s’étendant de 2017 à 2024 comme une « fraude de streaming musical assistée par super intelligence ».
Chefs de la tech : ralliements publics et nuances
Plusieurs dirigeants ont adopté la nouvelle terminologie. Elon Musk a promis de renommer SpaceXAI en SpaceXSI. Jeff Bezos a expliqué apprécier ce terme, estimant que « artificiel n’est pas très flatteur ». Jensen Huang a également repris l’appellation, après avoir été appelé sur scène par Donald Trump le mois dernier, moment où ce dernier a affirmé que « les robots ne prendront pas le contrôle ». Sam Altman a salué la formule tout en précisant qu’OpenAI ne changera pas de nom.
Ligne politique de Trump : accélérer l’IA, valoriser les data centers et durcir le vocabulaire
Donald Trump estime que les dangers liés à la sécurité de l’IA sont surestimés et encourage les sociétés américaines à intensifier leur développement, en particulier en multipliant les centres de données qu’il qualifie de « très populaires ». Jeudi, il a affirmé que la Maison Blanche considère comme « L’ENNEMI » toute personne qui emploie le terme « Intelligence Artificielle » à la place de « Super Intelligence ». Il souhaite remplacer l’expression « fake news media » par « média artificiel ». Lors d’un meeting le 5 octobre, il a qualifié d’« artificielles » les craintes d’une hausse des prix liée à la guerre et a suggéré que l’Iran pourrait « éliminer » Los Angeles et San Diego. Ces dernières semaines, il a ainsi associé l’IA au qualificatif « super » tout en faisant de « artificiel » un terme péjoratif, dans la continuité d’un engagement pro‑IA renforcé après une discussion sectorielle sur le « rythme » du développement à la frontière le mois dernier.
Un terme technique préexistant détourné de son sens initial
Le terme « superintelligence » (en un mot) n’est pas nouveau : Nick Bostrom l’a popularisé en 2014 pour désigner une IA très avancée susceptible de surpasser la pensée humaine. Ce terme ne recouvre pas l’ensemble de la catégorie IA. Il s’inscrit aux côtés d’autres notions de l’industrie, telles que l’intelligence artificielle générale ou l’« intelligence générale utile », qui cherchent à décrire ce qui succédera à l’itération actuelle de la technologie.





