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À la veille d’une rencontre annoncée comme cruciale pour l’IA, une spécialiste estime qu’un cadre contraignant entre Washington et Pékin reste improbable. La difficulté de vérifier des engagements et l’incertitude sur l’évolution de la technologie pèseraient sur toute annonce, malgré des propositions de dialogue et des appels contradictoires sur le rythme du développement.
Peu de chances d’engagements contraignants et vérifiables
Antonia Hmaidi estime qu'il est peu probable que les États-Unis et la Chine acceptent de limiter le développement de l'IA. Selon elle, d'éventuelles annonces issues de la rencontre porteraient davantage sur des échanges techniques ou des principes généraux que sur des engagements contraignants. Elle prend pour exemple l'idée d'exiger qu'un humain prenne la décision finale d'utiliser des armes nucléaires, un accord qui serait politiquement simple mais ni contraignant ni vérifiable. Hmaidi indique qu'elle serait surprise par une annonce sur l'IA qui serait vérifiable ou qui renforcerait réellement la sécurité. Elle souligne aussi que la rapidité d'évolution de l'IA complique la définition de ce qu'il faudrait limiter, et que l'incertitude demeure sur la trajectoire future de la technologie, entre l'éventualité d'une intelligence artificielle générale ou d'une stagnation du progrès.
La vérification, obstacle central aux accords sur l’IA
Pour Antonia Hmaidi, la vérification représente l'un des principaux obstacles à la conclusion d'accords significatifs sur l'IA. Contrairement au domaine nucléaire, où il est relativement simple de vérifier des déclarations générales et difficile de dissimuler un grand nombre d'armes, l'IA ne se prête pas à ce type de contrôle. Elle cite l'exemple d'une éventuelle promesse d'arrêter certains développements en IA pour la biotechnologie ou les armes biologiques, dont la vérification serait très difficile. Hmaidi remet également en question la pertinence d'une 'ligne rouge' pour l'IA, comparable à celle de la guerre froide, en soulignant la difficulté de déterminer quand un tel mécanisme devrait être activé. Elle insiste sur le fait que l'IA n'est pas comparable aux armes nucléaires, un point qu'elle a réaffirmé lors d'un point presse.
Un sommet annoncé avec l’IA à l’agenda, aux côtés du commerce
Donald Trump et Xi Jinping doivent se rencontrer à la Maison Blanche jeudi, avec l'intelligence artificielle annoncée comme l'un des principaux sujets à l'ordre du jour. Les questions commerciales et les restrictions à l'exportation figureront aussi parmi les thèmes discutés. Malgré une rivalité plus large, les deux pays explorent des solutions pour encadrer les risques liés à la sécurité nationale que pose l'IA.
Propositions américaines et climat de débat sur la sécurité
Dimanche, le secrétaire au Trésor Scott Bessent a indiqué que les États-Unis ont proposé à la Chine un nouveau dialogue bilatéral sur l'IA, ainsi qu'un mécanisme de notification pour les incidents d'IA atteignant le niveau de la sécurité nationale. Ces mesures sont prises dans un contexte où la question de la sécurité de l'IA suscite un débat croissant. Dernièrement, Dario Amodei, PDG d'Anthropic, a demandé aux entreprises de freiner le rythme du développement de l'IA de pointe. Donald Trump s'oppose à ce ralentissement, estimant que les États-Unis doivent conserver leur avance sur la Chine, tandis que certains chercheurs mettent en garde contre les risques potentiellement catastrophiques liés à des systèmes d'IA de plus en plus puissants.






