Seules 34 % des universités disposent d’une stratégie IA claire, selon IREX. Face à ce manque, Case Western Reserve, l’Université d’Hawaï et John Carroll s’appuient sur leur environnement Google, des licences Gemini encadrées et des programmes de formation pour sécuriser et accompagner les usages, tout en acceptant d’autres outils si les politiques internes sont respectées.
Peu d’universités dotées d’une stratégie IA formelle
D’après IREX, seulement 34 % des établissements d’enseignement supérieur disposent d’une stratégie d’intelligence artificielle liée à leurs priorités académiques et opérationnelles. Moins d’une université sur cinq aurait mis en place des structures de gouvernance pour encadrer l’IA. Aleksander Dardeli, PDG d’IREX, indique que la plupart des universités souhaitent adopter l’IA mais manquent d’une stratégie claire. Il observe que les étudiants, enseignants et personnels adoptent rapidement divers outils d’IA, tandis que les institutions, plus lentes, laissent se multiplier des solutions fragmentées et non régulées.
Hawaï : un guide et une approche descendante pour des outils conformes
Le service informatique de l’Université d’Hawaï a mis en place un guide d’aide à la décision sur les outils d’IA afin d’aider la communauté à choisir des solutions respectant les politiques et les standards de protection des données de l’université. L’équipe a privilégié l’intégration de Gemini au sein de l’écosystème Google de l’établissement. Selon Mitchell Ochi, la présidente du système, Wendy Hensel, a impulsé la préparation à l’IA depuis 2025, ce qui a conduit à une collaboration avec Google pour clarifier les options de licence et à une sensibilisation débutant auprès de la direction exécutive. Des formations sont proposées aux enseignants et au personnel, avec des sessions actualisées selon les fonctionnalités et niveaux de licence. L’ITS met l’accent sur le support et la documentation, et inclut Zoom et Otter.ai parmi les solutions soutenues et vérifiées pour la confidentialité et la sécurité, afin de limiter le recours à des produits gratuits potentiellement risqués.
Case Western Reserve : capter les usages vers Gemini au sein d’un campus Google
Case Western Reserve, campus Google de longue date, a annoncé en septembre 2024 la disponibilité de Gemini pour l’ensemble de sa communauté via les comptes Google institutionnels. L’outil peut servir d’assistant d’écriture, d’apprentissage et générer des images personnalisées. UTech, qui avait déjà lancé un portail interne d’IA, a attendu l’intégration de Gemini dans le contrat Google Workspace for Education et la clarification de la gouvernance des données avant un déploiement rapide. L’objectif était d’éloigner la communauté des outils d’IA grand public non sécurisés, en adaptant le déploiement aux différents profils : essais de Gemini Pro pour enseignants et personnel, licences Pro et formation avancée en présentiel pour la direction, événement d’une demi-journée en décembre 2025 avec Google, puis permanences mensuelles ouvertes à tout le campus. Une page dédiée recense les services d’IA générative et un bulletin régulier informe des nouveautés. Les départements peuvent acquérir des licences Pro pour expérimenter des workflows avancés, tandis que tous disposent d’un accès à la version non-Pro incluse avec les comptes Google.
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Usages pédagogiques et limites perçues à CWRU
À Case Western Reserve, de nombreux enseignants utilisent Gemini pour créer des supports pédagogiques comme des aides à l’étude ou des présentations. Tron Compton-Engle s’en sert principalement pour gérer ses emails. Il note que certains membres de la communauté restent sceptiques quant à l’IA et à son rôle sur le campus. Selon lui, pour ceux qui l’utilisent avec des garde-fous, l’outil transforme les pratiques.
John Carroll : comité directeur, contrôles et coexistence des outils
À l’Université John Carroll, le déploiement de l’IA est encadré par un comité directeur réunissant enseignants, étudiants et personnel, qui traite des politiques, de la gouvernance, de l’éthique et de la durabilité. Campus Google depuis 2012, l’établissement n’a déployé Gemini qu’après une analyse des risques avec un consultant pour comprendre les accès potentiels et les contrôles nécessaires. L’équipe ITS surveille les systèmes pour détecter des fichiers vulnérables. JCU encourage l’usage de Gemini, jugé le plus rentable, mais accepte aussi ChatGPT et Claude si les politiques sont respectées. La formation est assurée via des ateliers en ligne et en présentiel, en lien avec le gouvernement étudiant pour promouvoir une adoption éthique. Les usages sont différenciés : consolidation de recherches pour des étudiants en commerce, tandis que l’IA serait découragée pour l’élaboration d’un plan de premier brouillon en anglais. Jim Burke rattache ces choix à la mission jésuite de l’université et à la demande des employeurs pour des diplômés à l’aise avec ces outils.
CWRU : offres de services et fournisseurs d’IA soutenus
Case Western Reserve cherche à équilibrer l’accès aux technologies d’IA et la protection de la confidentialité et de la sécurité. UTech propose des formations générales, des ateliers personnalisés et un AI Playground pour tester des applications avant achat. L’approche vise à informer sans prosélytisme, en laissant les utilisateurs choisir ce qui leur convient. Parmi les services gratuits figurent Google Gemini, Microsoft Copilot et CWRU AI. Les services soutenus incluent GitHub Enterprise Copilot, OpenAI Codex, Claude Code, Google AI Pro, Gemini, Microsoft 365 Copilot, ChatGPT et Claude. Les plateformes cloud mentionnées comprennent Amazon Web Services, Microsoft Azure et Google Cloud Platform.






