Brief IA : Bruxelles prépare un Kids Act incluant l’IA, Paris teste MIA

Bruxelles prépare un Kids Act incluant l’IA, Paris teste MIA

Brief IA
Tom Levy·5 min·3 vues

L'Union européenne prépare un 'Kids Act' qui vise à réglementer les réseaux sociaux, chatbots, assistants IA et jeux en ligne, avec des amendes pouvant atteindre 6 % du chiffre d'affaires mondial des plateformes concernées. Ce projet est crucial car il répond à l'utilisation massive des IA conversationnelles par 86 % des 11-25 ans, souvent pour des sujets personnels, et vise à protéger les jeunes tout en réduisant les inégalités d'accès à l'éducation.

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En bref
1L’Union européenne prépare un « Kids Act » qui vise réseaux sociaux, chatbots, assistants IA et jeux en ligne, avec des amendes pouvant aller jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires mondial des plateformes.
2En France, 86 % des 11-25 ans utilisent une IA conversationnelle, et près de la moitié s’en servent pour des sujets personnels ou intimes.
3La France dispose déjà de dispositifs de vérification d’âge pour les sites pour adultes et a lancé M.I.A. Seconde, une IA éducative accessible à tous les lycéens de seconde.
💡Pourquoi c'est important — Francis Lelong défend l’interdiction de l’IA grand public aux mineurs et la généralisation d’IA pédagogiques certifiées pour protéger les jeunes tout en réduisant les inégalités d’accès à l’accompagnement scolaire.
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L'analyse en français

La Commission européenne a dévoilé un projet baptisé « Kids Act » qui cible les réseaux sociaux, les chatbots et les jeux en ligne, avec des sanctions financières pouvant représenter jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires mondial des plateformes visées. D’après les études, les assistants IA sont très largement utilisés par les 11-25 ans, souvent pour aborder des sujets personnels. En France, la vérification d’âge est déjà en place pour les sites pour adultes et une IA éducative, M.I.A. Seconde, est accessible au lycée. Dans ce contexte, Francis Lelong plaide pour interdire l’IA grand public aux mineurs et promouvoir une IA pédagogique certifiée.

L’école teste une IA publique pendant que l’inégalité du soutien perdure

Depuis septembre 2025, M.I.A. Seconde, une IA adaptative élaborée avec la participation de quatorze chercheurs et laboratoires ainsi qu’une quarantaine d’enseignants, est accessible à l’ensemble des classes de seconde en français et en mathématiques. Ce système s’appuie sur des recherches pédagogiques antérieures, notamment celles de Benjamin Bloom en 1984, qui avaient démontré qu’un élève bénéficiant d’un accompagnement individualisé pouvait surpasser 98 % des élèves d’une classe traditionnelle. Malgré cela, l’accès au tutorat individuel demeure limité à ceux qui en ont les moyens. Le Cnesco indique qu’à situation égale, les enfants de cadres avaient 42 % plus de chances en 2008, et 55 % en 2011, de suivre des cours privés que ceux d’employés. Le marché du soutien scolaire s’élève à près de deux milliards d’euros, et le crédit d’impôt de 50 % bénéficie principalement aux familles en mesure de payer le reste à charge. Francis Lelong suggère de mettre en place des IA éducatives validées par des enseignants, des chercheurs et des pédopsychiatres, sans publicité ni utilisation des données, développées sur des modèles européens, et recommande de fournir à chaque mineur une IA pédagogique certifiée.

Le « Kids Act » européen inclut les chatbots et prévoit jusqu’à 6 % d’amende

Le 16 septembre, Ursula von der Leyen a fait part de l’annonce d’un « Kids Act », que la Commission européenne a présenté le jour suivant. Ce projet de loi vise les réseaux sociaux, les assistants d’IA, les chatbots et les jeux en ligne, et prévoit des sanctions pouvant aller jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires annuel mondial des plateformes qui enfreignent la réglementation. L’accès aux réseaux sociaux serait interdit avant 13 ans, des mini-comptes sous surveillance parentale seraient instaurés pour les 13-15 ans, puis un compte autonome serait proposé de 15 à 18 ans, avec des exigences de sécurité intégrées dès la conception. L’accès aux chatbots serait bloqué pour les moins de 13 ans sauf autorisation parentale, et il serait interdit de simuler une relation humaine en cas de risque de dépendance affective. Francis Lelong considère indispensable d’inclure explicitement l’IA dans ce cadre, estimant qu’un texte limité aux réseaux sociaux serait rapidement dépassé.

En France, usages élevés des 11-25 ans et confidences aux machines

Selon une enquête Ipsos BVA réalisée pour la CNIL et le groupe VYV en janvier 2026, 86 % des 11 à 25 ans utilisent une IA conversationnelle, un chiffre qui atteint 94 % chez les 17 et 18 ans. Près de la moitié (48 %) déclarent s’en servir pour aborder des sujets personnels ou intimes, et 28 % présentent une suspicion de trouble anxieux généralisé. Aux États-Unis, en juillet 2025, Common Sense Media a constaté que 72 % des 13 à 17 ans avaient déjà utilisé un compagnon IA, et qu’un tiers de ces jeunes préféraient confier un sujet important à une machine plutôt qu’à une personne.

Outils de vérification d’âge et recours judiciaire en toile de fond

La France exige déjà des sites pour adultes qu’ils vérifient l’âge de leurs utilisateurs, et Bruxelles a dévoilé en avril une application européenne dédiée à la vérification d’âge. En août 2025, les parents d’Adam Raine, un adolescent américain de 16 ans ayant mis fin à ses jours, ont engagé une procédure judiciaire contre OpenAI, reprochant à ChatGPT d’avoir remplacé ses proches comme interlocuteur privilégié. Francis Lelong considère que les obligations imposées aux sites pour adultes devraient également s’appliquer aux assistants conversationnels, et suggère de réserver l’accès aux assistants grand public aux personnes majeures, à l’instar de la réglementation en vigueur pour l’alcool et les jeux d’argent en France.

La position de Lelong : IA et réseaux sociaux, même combat chez les mineurs

Francis Lelong, qui forme quotidiennement des salariés et des demandeurs d’emploi à l’IA, estime que l’IA et les réseaux sociaux doivent être abordés ensemble. Il considère que l’IA grand public ne devrait pas être accessible aux adolescents, notamment lorsqu’elle devient leur confidente sans garde-fou, jugeant un assistant IA plus intrusif qu’un réseau social car il recueille des confidences. Selon lui, un adolescent de 15 ans n’est pas mieux protégé qu’un enfant de 13 ans face à un chatbot disponible en permanence. En France, une commission d’enquête de l’Assemblée nationale n’a documenté en 2025 les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs qu’après près de vingt ans d’existence des réseaux sociaux.

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