Google prévoit de désactiver par défaut ses services d’IA pour les élèves l’an prochain, tout en conservant une recherche intégrant de l’IA générative et en laissant aux établissements le choix d’activer Search, Gemini et Gemini Notebook séparément. Pendant qu’OpenAI revendique des requêtes proches de la recherche équivalentes à environ 20 % du volume de Google, un spécialiste juge possible mais peu attractif un Search sans fonctionnalités génératives. Refuser l’IA s’avère difficile alors que de nombreux services, y compris Search, reposent depuis des années sur des briques d’IA.
OpenAI revendique des requêtes équivalant à 20 % de Google
Un cadre d’OpenAI a déclaré que ChatGPT traite désormais des demandes similaires à la recherche, équivalentes à environ 20 % du volume de recherche de Google. Ce chiffre ne correspond pas à une part de marché, mais il montre que les habitudes évoluent vers des réponses directes. Beaucoup de personnes préfèrent poser une question à un agent conversationnel et obtenir une réponse utile plutôt que de parcourir des liens web. Google ne peut pas se permettre de laisser OpenAI attirer cette attention, notamment chez les jeunes qui développent des habitudes à long terme. Un manque à gagner important sur les revenus du troisième trimestre pour Google Search accentue la pression pour évoluer.
Google maintient l’IA en classe mais promet des garde-fous
Dans le secteur éducatif, Google prévoit de poursuivre l’intégration de l’IA dans Search tout en offrant davantage de contrôle aux établissements et en modifiant la façon dont l’IA répond aux questions des élèves. Les établissements scolaires auront la possibilité d’activer individuellement Search, le chatbot Gemini ainsi que Gemini Notebook. Selon Google, Search continuera à intégrer l’IA générative, mais celle-ci proposera des outils pédagogiques destinés à accompagner les élèves dans la résolution des problèmes au lieu de donner directement les réponses. De plus, Google a l’intention de rendre inaccessibles par défaut ses services d’IA aux élèves à partir de l’an prochain, afin de répondre à la demande de certaines écoles souhaitant disposer d’un contrôle renforcé.
Vous suivez la course aux modèles IA ?
Chaque sortie (GPT, Claude, Gemini, Mistral…) décryptée le soir même, en 5 min. Gratuit.
Inclus dès l'inscription : notre sélection des meilleurs guides & comparatifs IA.
Choisissez votre rythme
Gratuit · Pas de spam · Désabonnement en 1 clic
Refuser l’IA touche aussi Search et nos usages quotidiens
Google Search repose sur l’IA depuis au moins une décennie, avec des technologies comme RankBrain, introduite en 2015, et BERT, déployée fin 2019. Au-delà de Search, des plateformes comme Instagram, Netflix et Spotify utilisent également des systèmes d’IA pour personnaliser l’expérience utilisateur, tout comme de nombreux autres services quotidiens, soutenus par des centres de données. Refuser l’IA ne concerne donc pas seulement les agents conversationnels récents, mais aussi des éléments essentiels de l’expérience numérique actuelle.
Une recherche sans génération ? Possible, juge un expert, mais peu demandée
Une version de Search sans Aperçus d’IA ni Mode IA, mais conservant les algorithmes historiques d’indexation et de classement, serait techniquement possible selon Ethan Smith, PDG de Graphite. Il estime cependant que Google n’a probablement pas intérêt à la proposer, l’effort n’en valant pas la peine. Selon lui, la demande pour une telle expérience serait très faible et beaucoup d’utilisateurs apprécient l’IA, surtout lorsqu’ils ne savent pas qu’elle est utilisée.
Ce que change la génération de réponses pour l’apprentissage
Les Aperçus d’IA et le Mode IA de Google Search produisent des résumés et des réponses directes, ajoutant une couche entre les élèves et les preuves originales, alors que la recherche traditionnelle orientait vers des sources à explorer. La distinction entre IA et IA générative est centrale : l’IA générative crée des réponses qui peuvent réduire le recours aux sources primaires. Google souhaite rapprocher ses usages éducatifs d’un tuteur, une approche qui rappelle le Mode Étude lancé l’an dernier par OpenAI, sans qu’il soit établi que cela améliore l’apprentissage. L’IA générative est aussi perçue comme pouvant saper les objectifs éducatifs fondés sur l’enquête et la vérification. Plus largement, l’annonce de Google, critiquée et débattue, intervient dans un contexte de réticence envers l’IA, sur fond de préoccupations énergétiques et d’alertes émises par des acteurs comme Anthropic.




